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  [Mode de vie]

Illettrés culinaires
Avaler un sandwich en vitesse dans sa voiture entre deux rendez-vous et renoncer au bon goût d'un plat mitonné avec des aliments frais ne sont pas des actes sans conséquence.

D'abord, les jeunes affichent carrément un déficit de compétences en cuisine. «Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, on fait face à une génération d'illettrés culinaires, ajoute Hélène Laurendeau. Les jeunes apprécient la bonne nourriture, mais ne savent pas comment la préparer. Faire une béchamel, un bouillon, une vinaigrette, c'est du chinois pour eux. C'est normal : à l'école, les cours d'économie familiale ont disparu des programmes, et dans les cellules familiales, les parents ne cuisinent plus. C'est extrêmement inquiétant.»

Est-ce un hasard si l'excès de poids des jeunes Québécois a triplé entre 1981 et 1996? Selon les données de la Chaire de recherche sur l'obésité de l'Université Laval, 28 % des jeunes Québécois ont un excès de poids (dont 10 % d'obèses). Chez les adultes aussi les taux d'obésité ne cessent d'augmenter : en 2003, 33,3 % d'entre eux avaient un surplus de poids, contre 32,4 % en 2000-2001.

Le lien entre ces graves problèmes de santé et les habitudes alimentaires modernes est difficile à démontrer scientifiquement. «Mais on sait que les aliments préparés contiennent trop de sucre et de mauvais gras, et que leurs ventes sont en croissance. Et on sait que la prévention du gain de poids passe par le fait de prendre en famille des repas cuisinés à partir d'aliments frais», note Paul Boisvert, docteur en physiologie et responsable de l'information à la Chaire de recherche sur l'obésité de l'Université Laval.

En effet, notre tour de taille n'est pas le seul à écoper de nos mauvaises habitudes, note Marie Marquis. «Il y a désormais une immense solitude liée à l'acte de manger chez les adultes comme chez les jeunes. Plusieurs enfants soupent régulièrement seuls, et près de la moitié des adolescents prennent leur repas du soir en regardant la télévision. C'est dramatique, car les repas en famille signifient moins de décrochage scolaire, moins de toxicomanie et moins de violence. Ce sont autant d'occasions perdues de dialoguer avec l'enfant.»




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