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[Mode de vie]
Quand le bruit rend malade
L'exposition régulière à des niveaux sonores élevés provoque des dommages cumulatifs et irréversibles. La perte d'audition se situe généralement entre 3 000 et 6 000 Hz. Au Québec, entre 1991 et 1998, le taux d'incapacité liée à l'audition est passé de 3,1 à 4,2 % dans la population adulte, selon la dernière enquête de l'Institut de la statistique du Québec.
Plus fréquents encore sont les cas de fatigue auditive. Occasionnellement soumis à un bruit fortissimo, les cils auditifs de la cochlée, une petite spirale derrière le tympan, s'épuisent. Les sons paraissent étouffés, difficiles à distinguer. Parfois, les oreilles «sifflent» ou «bourdonnent»; il s'agit d'acouphènes, des sons subjectifs que les personnes atteintes sont seules à entendre. Ils peuvent devenir permanents et transformer l'existence en cauchemar.
Le bruit provoque aussi des désordres physiologiques : hausse de la pression artérielle, augmentation du rythme cardiaque, stress, anxiété, agressivité. Il peut perturber le repos : difficultés à sombrer dans les bras de Morphée, éveils pendant la nuit, changement et raccourcissement des stades du sommeil.
Dans les milieux de travail, le bruit contribue à une hausse de la fréquence des accidents. En effet, un travailleur qui entend mal les avertissements et les signaux sonores, ou harassé par un tumulte constant, est moins vigilant. Le risque d'accident croît de 8 % dans un milieu de travail où le bruit ambiant est d'au moins à 90 dB, révèle une enquête de l'Institut national de santé publique du Québec menée entre 1983 et 1996. Et en 2003, la surdité représentait près de 40 % de tous les cas de maladie professionnelle indemnisés par la CSST.
«Qu'il s'agisse d'un appareil ou d'une usine, la meilleure façon de réduire le bruit, c'est d'appliquer une solution dès la conception.»
-Tony leroux, professeur à l'école d'audiologie et d'orthophonie, Université de Montréal
La tyrannie du bruit
Mesurer le bruit
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