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Se faire entendre
L'intolérance des citoyens augmente-t-elle en même temps que le bruit? «Les gens ne sont pas nécessairement de plus en plus intolérants, répond Tony Leroux, mais ils sont de plus en plus sensibilisés à leur environnement, que ce soit le bruit, la qualité de l'air ou de l'eau.»

Sa collègue Phaedra Royle en témoigne. Professeure adjointe à l'École d'audiologie et résidente de Pointe-Saint-Charles, un quartier ouvrier du sud-ouest de Montréal, elle s'active dans un comité de citoyens opposé au triage de nuit par le Canadien National (CN) sur les voies de transport du voisinage. Le triage, ou assemblage de trains, se déroule habituellement dans une gare réservée à cet effet. Chaque fois qu'un wagon est accroché au train, un «bang!» retentit et le choc se répercute dans le reste du convoi - il peut y avoir une centaine de wagons - ainsi que dans les chaumières.

Le comité de citoyens se heurte à plusieurs obstacles, dont la déréglementation du transport ferroviaire. Le CN est aujourd'hui un maillon d'une multinationale américaine «où c'est toujours une question de profit maximum», souligne Phaedra Royle. Transport Canada n'a plus autorité sur le boucan du CN.

À Lévis, Farnham, Saint-Hyacinthe, Outremont et Côte-Saint-Luc-Hampstead, des citoyens se mobilisent aussi contre le triage sur voies. «Il y a une augmentation du trafic ferroviaire, ce qui n'est pas négatif, car c'est un moyen de transport plus écologique que le camionnage, déclare Phaedra Royle. Nous ne demandons pas la suppression des trains, mais le triage dans le respect de la communauté.»

Chantal Laroche, professeure au programme d'orthophonie et d'audiologie de l'Université d'Ottawa, connaît bien ce genre de dossier. Elle appuie présentement les citoyens de Mont-Tremblant qui ont déposé une demande de recours collectif contre les motoneigistes qui empruntent la piste du Petit Train du Nord, transportant le vroum-vroum de leurs moteurs jusque dans les chambres à coucher.

«Dans le cas des gens qui vivent sous les corridors aériens ou près des gares de triage, les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux ferment les yeux ou essaient de démontrer qu'il n'y a pas de problème, dénonce Chantal Laroche. Pour des considérations économiques, ils jouent avec la santé des gens.» Il ne reste que les tribunaux : ainsi, en février dernier, la Cour supérieure du Québec a accordé aux riverains une injonction interdisant le passage des motoneiges la nuit.




  • La tyrannie du bruit
  • Mesurer le bruit



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