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[Formation | Emploi]
L'emploi à Québec et en Chaudière-Appalaches
Nouveau Québec
par Claude Giguère
Photo : Patrick Deslandes
La région de Québec sait se démarquer autrement que par son statut de capitale de l'État québécois, comme en font foi divers indicateurs économiques relatifs au monde du travail. Malgré la perte de plus de 6 000 emplois en un an, la région métropolitaine de Québec, avec ses quelque 700 000 habitants, affiche encore aujourd'hui le plus bas taux de chômage de la province.
Près de la moitié de la fonction publique de la province est concentrée à Québec, d'où son sobriquet de «ville de fonctionnaires», comme le sont toutes les capitales. Mais la région de la Capitale-Nationale cherche à se démarquer autrement que par la présence du siège de l'État québécois. En effet, le principal organisme de développement économique de la région, Pôle Québec Chaudière-Appalaches (Pôle QCA), a établi trois secteurs d'activité économique qui méritent d'être soutenus et encouragés.
Il y a celui des sciences de la vie, de la santé et de la nutrition (transformation, nutraceutiques et aliments fonctionnels), celui des matériaux transformés (comme les plastiques et les matériaux composites) et celui des technologies appliquées, où l'on retrouve les industries de l'électronique, de la géomatique, des solutions et des technologies de l'information, de même que celles de la défense et de la sécurité.
«Ces secteurs bénéficient du dynamisme créé par une foule d'intervenants régionaux tels les maisons d'enseignement, les centres de recherche, les fournisseurs, les sous-traitants et les consultants», fait valoir l'organisme dans un document de présentation.
En effet, la présence de l'Université Laval - réputée notamment pour sa Faculté de médecine et son Département de géomatique -, et les sièges de l'Institut national de recherche scientifique et de l'École nationale d'administration publique donnent à Québec un statut de technopole.
Fonctionnaires et haute technologie
Une ville de fonctionnaires, Québec? Oui, mais moins qu'auparavant. Cependant, l'administration publique demeure un joueur important dans l'économie locale. En 2003, selon Statistique Canada, les secteurs de l'administration publique, des soins de santé et de l'assistance sociale représentaient à eux seuls plus de 80 000 des quelque 326 500 emplois recensés dans la région. Hors de la fonction publique, les secteurs du commerce (51 300 emplois), de la fabrication (27 900), des services d'enseignement (27 200), de l'hébergement et de la restauration (25 900) et de la construction (14 500) sont parmi ceux qui occupaient le plus de personnes en 2003.
D'ailleurs, les projets de diversification économique ne manquent pas. Comme celui du Centre de recherche et de défense de Valcartier, qui vise à profiter de la présence de la base des Forces armées canadiennes à Valcartier pour créer un «technopôle» actif en défense et en sécurité. Celui-ci rassemblerait les entreprises concernées par les technologies applicables à la défense et à la sécurité. Pour le moment, le projet n'est pas très élaboré et ne constitue qu'une proposition émise par Pôle QCA. Cependant, des recherches sont présentement effectuées dans ce domaine et plusieurs entreprises y sont liées.
Aussi, Pôle QCA lançait en septembre dernier les activités de sa filière plastiques et matériaux composites. Avec 130 entreprises qui emploient 5 300 personnes et qui génèrent un chiffre d'affaires annuel de 944 millions de dollars (tant au nord qu'au sud du fleuve), cette filière représente un des leviers importants pour la zone économique de Québec et de Chaudière-Appalaches. «Nous comptons organiser un maillage entre les entreprises et les centres de recherche de la région afin de faciliter le transfert technologique, explique Sophie Pépin, chargée de développement de la filière à Pôle QCA. De plus, la main-d'oeuvre qualifiée étant rare dans cette filière de notre région, une tournée de 25 écoles secondaires sera organisée durant la prochaine année, joignant ainsi entre 2 500 et 3 000 jeunes, afin de leur "vendre" une carrière dans cette industrie.»
Le taux de chômage de la Capitale-Nationale demeurait le plus bas des régions québécoises, à 4,2 %, en septembre dernier.
Pour ce qui est des autres secteurs d'emploi, des ralentissements ont été observés, mentionne Serge Durand, du Service des communications de la Direction régionale d'Emploi-Québec. C'est le cas notamment des secteurs de haute technologie. «Ce phénomène s'est traduit par des pertes d'emplois ou, à tout le moins, par un ralentissement des investissements et des embauches.» La non-reconduction de subventions, de programmes gouvernementaux et d'avantages fiscaux pour ce secteur a, en quelque sorte, sonné la fin de la récréation.
Régime minceur
Dans le cas de la fonction publique, la volonté du gouvernement libéral de réduire de 20 % le nombre de fonctionnaires d'ici à 2010 signifiera à moyen terme moins d'emplois, mais pas nécessairement moins de possibilités de carrière. C'est que les fonctionnaires évoluent en effet dans un domaine où l'on dénombre la plus forte proportion d'employés de plus de 45 ans - comme c'est aussi le cas en sciences sociales et en enseignement -, et plusieurs départs à la retraite simultanés sont prévus. Les portes de l'État s'ouvriront alors aux chercheurs d'emploi.
Du reste, l'économie de la capitale carbure au régime minceur depuis un an, indiquent les données de l'Institut de la statistique du Québec. Entre les mois d'août 2003 et 2004, le nombre d'emplois à temps plein dans la région de la Capitale-Nationale est passé de 275 600 à 262 200 alors que le nombre d'emplois à temps partiel a augmenté de 59 400 à 66 600. Malgré cette perte de 6 000 emplois, le taux de chômage de la Capitale-Nationale demeurait le plus bas des régions québécoises, à 4,2 %, en septembre dernier, devant sa voisine Chaudière-Appalaches.
La relative stagnation de l'économie de la région explique en partie la légère remontée du taux de chômage au cours des derniers mois, affirme Serge Durand. «La plupart des secteurs d'emploi sont demeurés stables au cours de la dernière année, sauf ceux de l'administration et des services publics, de l'hébergement et de la restauration, où une décroissance a pu être observée.»
Selon lui, aucun grand projet économique susceptible de renverser la vapeur de façon notable n'est visible à l'horizon.
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