









|
|
[À la une]
Le Chapeau
Julie Lecours-Ouellet, modiste, 24 ans
propos recueillis par Martine Roux
Toute petite, j'aimais déjà beaucoup les chapeaux. Il paraît qu'à six ans, j'ai pleuré au magasin pour avoir un chapeau qui accompagnerait ma tenue lors de l'anniversaire de mariage de mes grands-parents! Les poupées de papier que je m'amusais à habiller à l'époque portaient toujours un chapeau, c'était immanquable...
J'ai toujours cherché à exprimer mon originalité par la tête. À l'école, je colorais mes cheveux avec des crayons feutre et je me faisais des tresses ou des couettes étranges.
J'ai acheté mon premier chapeau à 12 ans, un melon en feutre qui ne m'a jamais quittée et que je porte été comme hiver. Je devais avoir 15 ans quand j'ai confectionné ma première «création» à partir d'une casquette fluo que j'ai complètement transformée.
C'est vers l'âge de 16 ans, en voyant une entrevue à la télé avec une modiste, que j'ai su que c'était ce que j'allais faire. Jusque-là, je ne savais pas que ce métier existait. Manifestement, le conseiller d'orientation de mon école secondaire non plus : il m'a suggéré de trouver autre chose! Mes parents pensaient aussi que c'était une idée folle, mais j'ai conclu un deal avec eux : je pourrais suivre des cours particuliers avec une modiste professionnelle si je m'inscrivais en sciences humaines au cégep. Elle m'a appris à créer et à décorer des chapeaux, j'ai eu le coup de foudre instantanément. J'ai fini par orienter mon parcours scolaire vers ce seul but : devenir modiste.
C'est en mai 2003 que j'ai lancé mon entreprise, les Créations Syderal. Je fabrique des chapeaux sur mesure pour mes clientes (presque uniquement des femmes) et je vends aussi mes créations dans des boutiques. Ce n'est pas évident d'arriver à vivre de ma passion, mais je ne peux pas imaginer qu'elle s'éteigne un jour.
 |
 |

|
|