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[Marché du travail]
Aide aux camarades d'outre-frontière
Les ouvriers de l'usine montréalaise d'Armstrong, qui confectionnent des revêtements de sol et des tuiles pour le plafond, se sont mis quant à eux à «l'altermondialisation», en s'attaquant aux ateliers de misère.
Sur les conseils de la FTQ, ils ont demandé d'où provenaient leurs habits de travail puis exigé qu'ils soient fabriqués dans des ateliers syndiqués. Leur employeur avait seulement l'obligation de fournir et de nettoyer ces habits.
«Cette demande a fait sursauter les grands patrons en Pennsylvanie, raconte Richard Godin, président de la section locale du Syndicat des métallos, affilié à la FTQ. Ils avaient peur de mal paraître; ils ignoraient où étaient fabriqués les habits.»
Après vérification, l'employeur a pu soupirer d'aise : les bleus de travail provenaient bien d'un atelier syndiqué par les Teamsters aux États-Unis. Selon la FTQ, l'inscription de cette clause dans une convention collective, en janvier dernier, serait une grande première au Québec.
Une autre demande syndicale a surpris le siège social : l'entreprise a réclamé qu'un sou pour chaque heure travaillée soit prélevé à la source. L'argent ainsi recueilli devait ensuite être versé au Fonds humanitaire des métallos, une agence de développement qui soutient une quarantaine de projets à travers le monde, visant, par exemple, la reconstruction après sinistre, l'aide alimentaire ou la défense des droits des travailleurs dans les zones franches. «Les patrons de l'usine ont accepté, même si cela leur donne plus de travail», note Richard Godin.
Cet activisme des sections locales demeure l'exception. «Pour que ces demandes inhabituelles soient acceptées, il faut avant tout qu'une bonne concertation soit déjà établie entre les patrons et les syndicats», dit Dalil Maschino, fonctionnaire à la Direction des innovations en milieu de travail du ministère du Travail.
À l'usine montréalaise d'Armstrong, patrons et travailleurs sont sur la même longueur d'onde. «Ils me libèrent à temps plein pour mes activités syndicales, me donnent un local et un accès Internet, se réjouit Richard Godin. Mais c'est donnant-donnant : mon syndicat s'implique beaucoup dans l'usine et les employés travaillent bien.»
Le syndicat vient d'obtenir qu'une deuxième personne représente les employés dans le comité de gestion du régime de retraite. «On demande où est placé notre argent afin d'amener la question des investissements éthiques, comme on a demandé d'où venaient nos habits de travail pour aborder celle des ateliers de misère. On sensibilise les patrons peu à peu», dit Richard Godin.
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So-So-So...
Un militantisme qui ne date pas d'hier

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