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[À la une]
La précarité de l'emploi des travailleurs hautement qualifiés
Le savoir gaspillé
Recherche et rédaction : Marie-Hélène Proulx
Photos : Nathalie St-Pierre
Le Québec est bourré de talents. Sa population est plus instruite et compétente que jamais. Pourtant, on y retrouve des physiciens qui vendent des journaux, des anthropologues qui lavent de la vaisselle dans des hôpitaux et des ingénieurs qui font la file au bureau de chômage. Le Québec est-il trop petit, son économie trop étroite, pour les travailleurs bardés de diplômes?
Le Québec n'a pas à rougir de ses enfants. Ils ont la tête bien faite, les jeunes Québécois. À preuve : en 2001, ils étaient presque deux fois plus nombreux à décrocher un baccalauréat qu'en 1976.
Mais c'est aux cycles supérieurs que les statistiques sont les plus impressionnantes : on compte aujourd'hui trois fois plus de titulaires de maîtrise et de doctorat qu'il y a 30 ans. Entre 1997 et 2001, 5 800 doctorats et 35 175 maîtrises ont été décernés au Québec. Une moyenne tout à fait honorable sur le plan international, comme le souligne l'avis qu'a publié le Conseil de la science et de la technologie (CST) en mars 2004.
Le casse-tête, c'est d'intégrer ces diplômés au marché du travail. «La cohorte des travailleurs hautement qualifiés croît à un rythme bien plus rapide que la capacité des employeurs à les absorber. Autrement dit, l'offre a dépassé la demande, remarque Normand Roy, directeur du Centre d'étude sur l'emploi et la technologie (CETECH). Et c'est pas fini... La scolarisation va continuer de progresser au Québec. On assiste à un véritable mouvement de fond.»
Résultat : des taux de chômage que le CST qualifie de «troublants», particulièrement pour les titulaires d'un doctorat. En 2003, 4,6 % des diplômés de maîtrise (promotion 2001) étaient au chômage, alors que 3,7 % d'entre eux connaissaient ce sort en 2001 (promotion de 1999), a relevé le CST. Pour les titulaires d'un doctorat promus en 1999, le taux de chômage s'établissait à 6,2 % en 2001.
Quoique nettement inférieurs à ceux de l'ensemble des travailleurs (8,2 % en juillet), et particulièrement à celui des Québécois sans diplôme (11,2 %), les taux de chômage des diplômés de maîtrise et de doctorat sont, selon le CST, inexcusables et inexplicables politiquement. «Le Conseil rappelle que certaines catégories de ressources humaines en sciences et technologies éprouvent des difficultés notables d'insertion professionnelle, peut-on lire dans l'avis du CST, parce que, tout simplement, le marché du travail s'avère peu accueillant pour le type de connaissances qu'elles possèdent. Le cas des sciences pures - pourtant jugées déterminantes dans le développement de la société du savoir et de l'innovation - préoccupe particulièrement le Conseil.»
Avant et après la bulle
«Bien sûr, le taux de chômage des gens très qualifiés est nettement plus bas que celui de l'ensemble des travailleurs québécois, nuance Normand Roy. Investir dans de hautes études vaut toujours le coup, tant sur le plan du salaire que sur celui de la stabilité d'emploi. Et il faut garder à l'esprit que les titulaires de doctorat mettent plus de temps à trouver un emploi parce qu'ils sont plus difficiles. Leur situation tend à s'améliorer avec le temps. Mais, depuis le début du millénaire, la condition relative des travailleurs hautement qualifiés (THQ) s'est détériorée.»
L'écart entre le taux de chômage des THQ et celui de la population en général tend à diminuer. En effet, si le taux de chômage des THQ ne représentait que le tiers de celui de la population en général il y a quatre ans, il en représente aujourd'hui près des deux tiers, selon le CETECH. Et à moins que les entreprises ne se mettent à réclamer des titulaires de maîtrise et de doctorat à grands cris, les économistes ne pensent pas que la situation s'améliorera.
L'éclatement de la bulle des technologies de l'information et des communications, au début du millénaire, a beaucoup contribué à faire régresser les conditions d'emploi des THQ. D'ailleurs, quand on observe en détail le taux de chômage chez ces diplômés, on réalise que ce sont les passionnés de sciences pures et appliquées qui écopent le plus, bien qu'en juillet 2004 l'Indice des possibilités d'emploi hautement qualifié au Québec, du CETECH, a laissé entrevoir quelques éclaircies : les possibilités d'emploi se sont encore détériorées au cours du deuxième trimestre de 2004, mais la chute a été considérablement ralentie. En d'autres mots, la plaie est toujours là, mais l'hémorragie semble tirer à sa fin.
Cette plaie, Nicolas, 32 ans, qui termine actuellement un doctorat en physique à l'Université Laval, la connaît trop bien. Spécialisé en optique, l'étudiant avait entamé son troisième cycle lorsqu'il a été embauché comme chercheur dans une compagnie de télécommunication. «En 1999, le marché était complètement fou! On nous offrait des conditions hyperalléchantes. Mais, en 2003, l'entreprise a fait des coupes massives, et j'ai chômé pendant un an. Je suis parvenu à me trouver un emploi en janvier 2004, mais comme lab manager à l'Université McGill. En gros, je m'assure que les règles de sécurité et de propreté sont respectées dans le laboratoire. C'est, à peu de chose près, l'équivalent d'un travail de technicien.»
Même situation pour Hocid Amir, titulaire d'une maîtrise en génie électrique de l'École Centrale de Paris. Employé à titre d'ingénieur de tests par Matrox, à Dorval, il a été licencié en octobre 2002, comme 500 autres de ses collègues. «Le marché est si saturé et concurrentiel que je n'ai pas encore réussi à me trouver un emploi dans mon domaine. Aujourd'hui, je travaille dans un dépanneur et je m'occupe du contrôle de la qualité dans une usine de pièces de plastique, à 10 $ l'heure. Rien de très excitant, quoi.»
Des talents mal employés
Nicolas et Hocid sont victimes d'un phénomène répandu chez les THQ : la surqualification. En d'autres termes, ils occupent une fonction qui exige normalement un niveau de compétences inférieur à ce qu'ils ont acquis.
«Encore une fois, c'est un problème d'inadéquation entre l'offre et la demande, explique l'économiste Normand Roy. Il y a beaucoup plus de THQ que d'emplois requérant un degré élevé de scolarité. Pour gagner leur vie, les "maîtres, et les docteurs" surtout, sont donc forcés de se rabattre sur des postes exigeant un niveau de compétences inférieur au leur, prenant la place des employés moins qualifiés. Pour ces derniers d'ailleurs, la situation ne cesse de se détériorer.»
Selon les calculs de l'équipe de Normand Roy, au Québec, le nombre d'emplois exigeant des études universitaires a grimpé de 20 % entre 1990 et 2001, tandis que le nombre d'employés possédant un diplôme universitaire a augmenté de 64 %. Tout un décalage. C'est donc un diplômé universitaire sur trois qui occuperait un emploi en deçà de ses compétences. Chez les titulaires de maîtrise, la situation est pire encore : la moitié d'entre eux occuperaient un poste pour lequel ils sont surqualifiés.
Le reste du Canada et bon nombre de pays industrialisés ne sont pas épargnés par la surqualification, rapporte le Conseil de la science et de la technologie. Au pays, le nombre d'emplois exigeant des études universitaires a progressé de 40 % entre 1971 et 1991, mais le nombre de diplômés sur le marché du travail a augmenté de 140 %. Des constats similaires ont été faits aux États-Unis et en Europe.
En règle générale, la surqualification touche surtout les jeunes travailleurs. L'économiste Claude Montmarquette, du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), évalue leur âge moyen à 35 ans.
Histoire de mettre enfin le pied dans la porte d'une entreprise, bon nombre de jeunes frais émoulus de l'université acceptent, pour une période qu'ils espèrent temporaire, un poste qui n'est pas conforme à leurs compétences. En attendant de trouver mieux ou pour acquérir des compétences complémentaires à leur formation.
«J'ai accepté le contrat au laboratoire de McGill pour des raisons en partie stratégiques», explique Nicolas, qui aimerait poursuivre une carrière de chercheur en physique de l'optique. «Comme j'ai la chance de côtoyer des scientifiques là-bas, de temps en temps, je m'informe de leurs projets de recherche. Je me fais des contacts. Qui sait, ça pourrait porter fruit.»
Mais il arrive aussi que des employeurs recrutent sciemment des individus surqualifiés pour minimiser les dépenses en formation, selon les observations de Claude Montmarquette.
Le mot d'ordre : créativité
Bien des spécialistes estiment que, malgré les avantages ponctuels qu'elle peut procurer aux jeunes travailleurs, la surqualification reste un embarras pour l'économie québécoise.
Une mauvaise distribution de la main-d'oeuvre signifie que les entreprises et les travailleurs ne se développent pas au maximum de leur créativité et de leur efficacité. Or, ces deux caractéristiques sont essentielles à la fameuse économie du savoir que le Québec est «pratiquement condamné à réaliser», selon Louis Maheu, doyen de la Faculté des études supérieures de l'Université de Montréal.
«Le Québec devra bientôt faire face à un problème structurel de taille : le vieillissement de la population. Cette situation entraînera des coûts sociaux énormes, dont sera responsable une masse de travailleurs moins nombreuse qu'auparavant. Pour y parvenir, il est donc nécessaire de développer une économie très solide, inventive et performante qui produit beaucoup de capital. Or, en ce moment, notre marché n'est pas aussi axé sur le savoir spécialisé et les compétences qu'il devrait l'être pour faire face à ces défis.»
Une vision à laquelle la présidente du Conseil de la science et de la technologie, Hélène Tremblay, adhère totalement : «La croissance de l'économie dans les prochaines années se fera à travers l'augmentation de la production intellectuelle. Il faut créer du savoir et des entreprises pour répondre aux exigences d'une société et d'une économie qui se complexifient. Depuis des décennies, les études secondaires étaient considérées comme l'exigence minimale pour fonctionner. Mais, bientôt, ce plancher sera remplacé par le diplôme d'études collégiales.»
L'industrie et l'université : deux solitudes?
Certes, les efforts réalisés par la société québécoise au chapitre de la scolarisation permettent d'espérer que l'économie saura s'adapter aux exigences de demain. Mais il reste maintenant à convaincre les entreprises de la pertinence d'embaucher les travailleurs très qualifiés, et à leur juste valeur!
Un pari qui n'est pas gagné d'avance, si on se fie aux observations du président de l'Association de la recherche industrielle du Québec, Claude Demers. «Bien des entreprises des secteurs de pointe, sauf peut-être en biopharmaceutique, ne sont pas du tout intéressées à engager des titulaires de maîtrise et de doctorat. Les employeurs évaluent que les cycles supérieurs universitaires ne sont pas ajustés aux besoins de l'industrie. Souvent, les études au deuxième cycle sont orientées vers le troisième cycle, alors qu'au doctorat elles sont axées de façon à produire des clones de professeurs d'université!»
On reproche aux sortants, et en particulier à ceux du doctorat, d'avoir de la difficulté à se débarrasser du cocon universitaire pour s'adapter à l'environnement de l'entreprise. «À l'université, les étudiants ont l'habitude de travailler seuls, estime Claude Demers. Ils progressent à leur rythme, en entourant du plus grand secret les résultats de leurs recherches et en se concentrant sur LE sujet qui les intéresse. Une fois en entreprise, certains sont incapables de répondre aux exigences : la pression est grande, on doit produire des analyses et trouver des solutions rapidement, aborder bien d'autres sujets que celui qui nous passionne et, surtout, savoir travailler en équipe!»
Louis Maheu, doyen de la Faculté des études supérieures à l'Université de Montréal, s'étonne devant de telles remarques. «L'université tour d'ivoire, loin des gens et du milieu, vous pouvez mettre une croix là-dessus. Depuis quelques années, les mentalités ont beaucoup changé dans le milieu universitaire. On est sensible aux demandes de l'industrie, et à celles des étudiants. Environ 60 % des étudiants de doctorat ne feront pas carrière à l'université. On en est conscient et on tente de mieux les outiller.»
D'où la mise sur pied, dans plusieurs universités, de centres de partenariat avec l'industrie, de centres de valorisation de la recherche et de centres d'entrepreneuriat.
«On a aussi orienté la maîtrise afin qu'elle devienne, pour ceux qui le désirent, un programme à vocation terminale, ajoute Louis Maheu. En philosophie comme en sciences pures. Il y a des stages en milieu industriel. Et l'an prochain, on espère implanter des modules axés sur le développement du leadership, la gestion de projet, la communication du savoir, le travail d'équipe.»
La solution : marcher main dans la main
«Une meilleure coopération entre le marché du travail, l'université et le gouvernement est essentielle pour réduire le taux de chômage et diminuer la surqualification», croit Hélène Tremblay, présidente du CST. Chacun doit mettre de l'eau dans son vin.
Certes, les établissements d'enseignement ont intérêt à écouter davantage les employeurs et à faire preuve de souplesse, remarque l'économiste Marcel Boyer, dans une étude publiée en 2001, par le CIRANO. On reproche souvent aux universités d'être lentes et empêtrées dans la lourdeur bureaucratique lorsqu'il s'agit d'ajuster le contenu de leurs programmes. Mais les entreprises ont aussi une responsabilité sociale.
Comme la modification d'un programme universitaire n'est pas une mince tâche, les industries ont le devoir d'envoyer des signaux crédibles aux universités quant à leurs exigences. Selon les observations de l'économiste, certains employeurs ont tendance à surestimer leurs besoins dans le but de créer une offre telle qu'ils peuvent alors négocier les salaires à la baisse. Pour éviter ce piège, on recommande donc aux industries de financer en partie leurs suggestions de modifications aux programmes universitaires et de s'engager à recruter des sortants.
Hélène Tremblay insiste quant à elle sur l'importance de la participation gouvernementale pour faciliter l'insertion professionnelle des étudiants. «Emploi-Québec et le ministère de l'Éducation doivent élargir et faciliter l'accès aux statistiques sur le marché de l'emploi, les perspectives et l'éducation. On doit aussi produire ces données sur une base plus régulière, histoire de mieux servir les employeurs et les jeunes.»
Bâtir de meilleurs programmes de formation à l'université, stimuler la demande dans les industries, s'assurer que le capital humain se trouve au bon moment au bon endroit, d'accord. Mais Claude Demers estime que c'est aussi à l'individu de faire son chemin. Et il ne mâche pas ses mots. «La société ne nous doit rien. Quand on a reçu beaucoup, qu'on a eu la chance de naître avec de bonnes capacités intellectuelles dans un système qui nous permet l'accès à l'éducation, on doit redonner beaucoup. Les jeunes ont tout intérêt à adopter une attitude proactive sur le marché du travail. Proposer, innover, contribuer. Autrement, personne ne viendra les chercher dans leur salon. Les entreprises ne sont pas une garderie pour adultes.»
Louis Maheu est d'accord : «Il n'y a pas que les employeurs qui créent la demande. Les étudiants au doctorat, qui sont formés pour découvrir et innover, peuvent générer la demande en fondant leurs propres entreprises ou bureaux de consultants, par exemple. Ils sont eux-mêmes des vecteurs de changement.»
Entre 1990 et 2002, la proportion de diplômés universitaires dans la population active québécoise est passée de 12,6 % à 18,6 %, suivant ainsi la moyenne canadienne.
Sur la scène internationale, le Québec fait très bonne figure, se classant dans le premier tiers des pays les plus développés quant à la proportion de la population des 25 à 64 ans titulaires d'un diplôme universitaire (24 %).
Bien sûr, les États-Unis sont loin devant (28 %!). Mais on dépasse largement la plupart des pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont la moyenne s'établit à 15 %.
(Sources : OCDE et Statistique Canada.)
Julie Lainesse,
26 ans, a un baccalauréat et une maîtrise en physique. Elle est diplômée de l'Université McGill depuis 2002. Maintes fois boursière, elle a fait un stage en Allemagne en physique des particules et a travaillé quelque temps comme assistante à la recherche à l'université. Un gros calibre, comme on dit. Brillante, vive, imaginative. Pourtant, en ce moment, elle est commis dans un kiosque à journaux dans une station de métro. «Au début, je l'ai fait par choix, car je n'en pouvais plus de supporter la pression des études. Sauf que, maintenant, j'aimerais bien mettre mes connaissances scientifiques en pratique.» Elle a fait quelques démarches auprès d'entreprises au cours des derniers mois, mais en vain.
Patrick Bélisle,
34 ans, est titulaire d'un doctorat en primatologie, une sous-discipline de l'anthropologie. Il se passionne depuis des années pour le comportement des macaques japonais. Dès le début de ses études, il avait été bien averti que les employeurs n'allaient pas courir après lui : son directeur de thèse est le seul au Québec à gagner sa vie dans son domaine. Mais Patrick a suivi son coeur... Et, en attendant de trouver mieux, il travaille comme opérateur de lave-vaisselle à l'Hôpital Notre-Dame. «Je ne ressens pas d'amertume par rapport à ma situation, car je savais à quoi m'attendre. N'empêche que, deux ans après l'obtention de mon diplôme, je suis déçu de n'avoir pas encore réussi à décrocher un poste d'enseignant en anthropologie au cégep. J'ai postulé partout au Québec, sans succès.»
Hocid Amir,
début de la quarantaine, père de famille, a un baccalauréat et une maîtrise en ingénierie électronique. Il a fait son deuxième cycle à l'École Centrale de Paris. Depuis qu'il a perdu son poste d'ingénieur chez Matrox, en 2002, il cumule deux petits boulots dans un dépanneur et dans une usine de pièces de plastique.
Il cherche intensivement du travail dans son domaine. «La résolution de problèmes me manque beaucoup. En ce moment, je ne fais rien d'intelligent! Certes, c'est mieux que de chômer. Mais j'ai le sentiment de ne pas me réaliser pleinement et, par le fait même, de servir moins bien la société.»
Nicolas,
32 ans, est titulaire d'un baccalauréat et d'une maîtrise en physique. Il termine un doctorat en physique de l'optique guidée non linéaire. Il a perdu son emploi de chercheur à la suite de la descente aux enfers de l'industrie des technologies de l'information et des communications. Après avoir chômé pendant un an, il travaille aujourd'hui dans un laboratoire, où il veille au respect des normes de sécurité. Rien de comparable avec son ancien boulot en ce qui a trait au défi intellectuel. Il ressent parfois de l'amertume relativement au marché du travail. «J'ai l'impression que, dans certains cas, mes diplômes me nuisent. Les employeurs ont des préjugés par rapport à ma capacité d'appliquer
de façon concrète mes connaissances et ne prennent même pas le temps de me recevoir en entrevue. C'est très frustrant.»

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