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Les concours publics au Brésil
Payer pour postuler
par Marc Gallichan, São Paulo - Brésil
Crise de l'emploi oblige, de plus en plus de Brésiliens aimeraient travailler dans la fonction publique. Mais alors que s'allongent les files pour s'inscrire aux concours publics d'embauche, les candidats doivent payer une taxe d'inscription à chaque tentative!
Le Journal des concours publics ouvert sur les genoux, Wagner soupire. Il scrute comme toutes les semaines les annonces d'emploi gouvernementales, faute d'en trouver placées par des employeurs privés.
En tournant les pages, certaines convocations attirent son regard. On peut y lire que l'Agence nationale des télécommunications offre divers postes et qu'une taxe de 35 à 65 réals (de 16 $ à 29 $ canadiens) est exigée. Quelques pages plus loin, la Fondation nationale des Indiens a 70 places à pourvoir, mais il faut débourser 50 réals (22 $ canadiens) pour faire l'examen. Résigné, Wagner hausse les épaules. Peu importe son choix, il devra donner de sa poche pour participer! Chaque fois, il débourse... mais ne dégote pas d'emploi.
Il a déjà cinq concours publics à son actif cette année. Il explique qu'il y a tellement de concurrents pour un même poste de fonctionnaire que les chances d'en décrocher un sont minces. «C'est comme le loto. Tu tentes ta chance dans l'espoir de gagner.»
Le chômage fait rage au Brésil. À São Paulo, 20,6 % de la population est sans emploi, alors que la moyenne nationale frôle les 15 %. Dans ce contexte, n'est-ce pas étrange d'avoir à payer pour prendre part à un concours... gouvernemental? Selon Regina Pacheco, professeure à l'École d'administration d'entreprises de São Paulo, il est tout à fait normal de demander à un postulant de payer. «Le flux de candidatures est tel que si l'État assumait tous les frais d'un concours, cela reviendrait très cher aux contribuables. Les frais d'inscription ne servent qu'à financer le processus.»
Il faut dire que l'organisation d'un concours peut se révéler très complexe. Prenons le cas d'une ouverture de poste à l'échelle nationale. Comme le Brésil est un pays immense, le test doit être appliqué dans 10 États, le même jour et à la même heure. Toute cette logistique - élaborer et imprimer les questions, tenir l'examen au bon endroit et au bon moment afin de ne pas ébruiter les questions qu'il contient - demande des ressources importantes. La cotisation du candidat ne sert donc qu'à couvrir ces coûts.
N'empêche que Wagner trouve cette contribution salée. «Les montants demandés sont exagérés.» Roberta, une biologiste de São Paulo, est d'accord avec lui. «J'ai dépensé 55 réals (23 $ canadiens) la dernière fois. C'est pas mal cher pour s'asseoir sur une chaise et cocher des cases.»
Pour financer les concours
En février dernier, le métro de São Paulo libérait 30 postes de préposés à la billetterie. Du coup, 89 000 personnes se sont précipitées. «Jamais nous n'avions eu autant de postulants pour un concours», confie Fabio José do Nascimento, gérant des ressources humaines du métro de São Paulo. Dépassé par les événements, l'organisme a eu recours aux services d'une entreprise spécialisée pour s'occuper du processus de sélection. Pas moins de 150 écoles ont été louées pour accueillir les candidats, et plus de 3 000 personnes ont veillé au bon fonctionnement de l'examen.
Constatant la popularité des concours publics, certaines entreprises ont flairé la bonne affaire : à São Paulo, métropole économique et plus grande ville du Brésil, des écoles spécialisées dans la préparation aux concours publics ont vu le jour! Elles n'ont pas de mal à recruter des élèves, puisque seulement de 5 à 15 % des participants aux examens, selon les statistiques gouvernementales, sont susceptibles d'atteindre la note de qualification.
Dans le cas des postes à la billetterie du métro, l'inscription de 7,50 réals (3,25 $ canadiens) n'a certes pas été exagérée. «Le montant par candidat est dérisoire par rapport à celui d'autres organismes publics», commente Fabio José do Nascimento. En effet, la plupart demandent beaucoup plus. C'est notamment le cas de la police fédérale où les frais peuvent s'élever à 100 réals (43 $ canadiens)!
Un tel montant se justifierait par la complexité même du processus de sélection (épreuves physiques, location de stades, etc.), selon Fabio. «Dans le contexte économique actuel, précise Regina Pacheco, le gouvernement et les entreprises publiques n'ont tout simplement pas les moyens de tout subventionner.»
Malgré tout, un doute subsiste chez les candidats. Roberta croit dur comme fer que cet argent constitue une véritable cagnotte pour les entreprises publiques. «Comme si ça coûtait tant, organiser un concours! Je suis sûre qu'il en reste beaucoup à la fin», allègue-t-elle. Wagner doute aussi. «On sort notre argent sans savoir où il va. Si au moins on nous éclairait sur son affectation.» Cette opinion est partagée par bon nombre d'aspirants.
Pour Fabio José do Nascimento, les personnes qui pensent cela ne connaissent pas les rouages du processus. Les tarifs d'inscription ne sont en aucun cas une source de revenus pour les entreprises publiques, assure-t-il. «Le surplus n'aboutit pas dans nos poches. Il aide à financer les activités d'entreprises ou de fondations sans but lucratif spécialisées dans l'organisation des concours publics.»
Dans le contexte du contrôle des finances, le gouvernement a fait son choix. Il préfère assainir les dépenses plutôt que verser des millions de réals dans la sélection de son personnel. Roberta l'accepte à contre-coeur. «Je veux bien souscrire, mais raisonnablement. On paie tout de même des impôts!»
NORVÈGE
Pouvoir forcé
La Norvège prend les grands moyens pour augmenter la représentativité féminine au sein des conseils d'administration des entreprises. Alors que les femmes n'occupent actuellement qu'environ 9 % des fauteuils de direction - au Canada, cette proportion était de 9,8 % en 2001, selon un sondage de la firme de recherche Catalyst -, le gouvernement norvégien a adopté ce printemps une mesure forçant les entreprises à réserver 40 % des sièges à des cadres féminins. Si elles n'y parviennent pas, elles seront passibles d'une amende ou de poursuites judiciaires dès juillet 2005. Cette initiative provoque des remous dans les milieux d'affaires. Les organisations allèguent que l'imposition de quotas ne mène pas nécessairement au recrutement des gestionnaires les plus compétents et que les femmes elles-mêmes ne se bousculent pas pour occuper ces fonctions. Mais le ministre de l'Industrie assure qu'une plus grande équité à la tête des entreprises stimulera leur croissance en plus de mieux refléter la population norvégienne.
(Source : Reuters, 27 avril 2004.)
ÉTATS-UNIS
L'olympisme, ça rapporte
Des employés-athlètes, c'est bon pour les affaires. C'est ce que croient certaines entreprises américaines qui ciblent les sportifs de haut niveau dans leurs efforts de recrutement. Ainsi, Medarex, une firme de biotechnologie du New Jersey, considère que les athlètes sont généralement des gens brillants, sérieux et vaillants, à l'image des candidats qu'elle recherche. Non seulement vise-t-elle à embaucher des sportifs, mais elle permet aussi à ses salariés - dont un chercheur qui sera à Athènes avec l'équipe nationale d'aviron - de s'absenter pendant les périodes d'entraînement. La firme de services informatiques bostonienne RSA Security a elle aussi acquiescé à la demande d'une rameuse souhaitant être libérée de ses tâches pour se préparer en vue des jeux, en plus de commanditer l'embarcation de son employée. Cette participation de l'entreprise est à la fois positive pour l'esprit d'équipe et pour le recrutement, analyse la directrice des ressources humaines.
(Source : Christian Science Monitor rapporté par Courrier international, 1er juillet 2004.)

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