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  [Atmosphère]
Stéphanie Goudreault
Campanologue

propos recueillis par Martine Roux
photo : Nathalie St-Pierre

Je fais un métier rare : je répare les cloches d'église. En termes scientifiques, on appelle ça la campanologie, qui est l'étude de la sonorité des cloches. Je m'attarde davantage à l'aspect mécanique : je fais l'inspection annuelle des clochers, je répare les cloches et les battants ainsi que les moteurs de volée (qui servent à faire balancer les cloches) ou les moteurs de tintement (pour sonner le glas, par exemple).

Je travaille pour mon père depuis quatre ans, qui a lui-même repris la compagnie - Léo Goudreault et Fils - de son oncle il y a une douzaine d'années. Quand j'étais petite, il m'emmenait en tournée avec lui pendant les vacances scolaires. C'est quand je me suis balancée sur les cloches de la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré que j'ai eu la piqûre.

Je passe mes journées dans les airs. Je ne descends généralement que pour dîner, car l'accès aux clochers est souvent périlleux. Il faut monter par des escaliers abrupts, puis par des échelles ou des passerelles étroites. À l'occasion, une grue est nécessaire. En haut, je dois parfois ramper entre les cloches. Tu vois les nuages passer et tu as l'impression de tomber!

On travaille toujours à deux, car il est trop dangereux d'être seul dans un clocher. Du printemps à l'automne, je parcours le Québec, l'Ontario ou le Nouveau-Brunswick pour faire la tournée des églises. Je suis sur la route du lundi au jeudi et je dors dans des motels. Il arrive aussi qu'on parte pour deux semaines.

On a des belles vues là-haut. Je vois des rivières, des lacs... ou des gens tout nus sur leur terrasse!

Il vente toujours beaucoup. L'été, c'est agréable d'être dehors, mais par temps froid ou pluvieux, on se gèle les doigts ou on s'électrocute! C'est assez bruyant : on entend toujours la circulation. Surtout à Montréal, où on travaille régulièrement.

J'ai souvent les deux pieds dans la merde de pigeon. Il arrive qu'il y en ait tellement qu'il faut pelleter à la grandeur avant de commencer à travailler. On voit aussi des chauves-souris.

Les techniciens de Léo Goudreault et Fils font chaque année l'entretien des cloches de plus de 500 églises à travers le Canada.
Le battant d'une cloche régulière (le grelot) pèse entre 300 et 400 livres.
Le plus gros clocher du Canada se trouve à Markham, en Ontario : ses trois cloches mesurent chacune 10 pieds de diamètre et pèsent au total 33 tonnes.


 
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