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Les jobs d'été en Belgique
Employés d'un mois

par Marie-Eve Cousineau

Quand les Belges lèvent les pattes pour leurs quatre semaines - minimum! - de vacances annuelles, les entreprises font de plus en plus appel à des étudiants pour les remplacer. Flexibilité, dispenses de cotisations sociales, salaires moindres : plusieurs avantages militent en faveur de l'embauche de jobistes, comme on les appelle au plat pays.

Pas facile de remplir son cochon quand on est étudiant en Belgique. Le gouvernement encadre les jobs d'été de règles strictes : les étudiants ne doivent pas travailler plus d'un mois et touchent moins que les salariés qu'ils remplacent. Les jobistes doivent aussi s'assurer que leur revenu annuel ne dépassera pas l'équivalent de 3 930 $, le montant maximal pour demeurer à la charge de leurs parents.

Lieve fait partie de la minorité des étudiants belges qui doivent contribuer au budget familial afin de payer leurs études. Cette étudiante universitaire de 23 ans travaille chaque semaine dans une bibliothèque, où elle gagne annuellement près de 4 000 $. Bosser l'été l'obligerait à faire une croix sur les généreuses allocations familiales, puisqu'elle accumulerait des revenus trop importants aux yeux du gouvernement. Pour augmenter son pécule, la Bruxelloise travaille donc au noir : elle distribue des dépliants publicitaires pour un coiffeur, repeint des logements et organise des colloques. Elle garde aussi des enfants quatre fois par semaine : tout cela lui permet d'amasser environ 3 270 $ supplémentaires par année.

Depuis 1999, les jobistes sont de plus en plus demandés sur le marché du travail. «La tendance est au travail intérimaire, observe Marianne De Troyer, professeure spécialisée en sociologie du travail à l'Université Libre de Bruxelles. La main-d'oeuvre étudiante apparaît particulièrement intéressante parce qu'elle est flexible et bon marché.» Ce qui ne signifie cependant pas que les étudiants, peu qualifiés, sont privilégiés au détriment d'autres travailleurs. Selon elle, leur embauche est simplement facilitée par les agences de placement temporaire, qui remplacent les services de ressources humaines dont nombre d'entreprises se sont départies.

N'empêche, le travail intérimaire, intimement lié à la sous-traitance, a des effets pervers. Si les entreprises se réjouissent de la réduction de leurs coûts de main-d'oeuvre, les travailleurs temporaires, eux, touchent moins que les salariés réguliers. C'est sans compter qu'ils sont davantage victimes d'accidents de travail, d'après Marianne De Troyer. «Comme ils passent d'un emploi à un autre, ils ne connaissent pas les risques du secteur qui les emploie», dit-elle. En 2003, 828 accidents ont été dénombrés parmi les quelque 110 000 jobistes, d'après le Service central de la prévention pour le secteur du travail intérimaire, un organisme sans but lucratif.

Jobiste ou exploité?
Pour un même poste, un jobistes est souvent déjà moins rémunéré qu'un salarié régulier et même qu'un autre travailleur intérimaire. En fait, le gouvernement fixe le salaire minimum des étudiants... en fonction de leur âge. Ainsi, des étudiants de 16, 18 ou 20 ans reçoivent respectivement 70 %, 82 % et 94 % du salaire mensuel minimum légal, établi à 1 163 euros bruts par mois (1 868,59 $CA). Mais il y a mieux encore pour les employeurs : en embauchant des étudiants entre juillet et septembre, ils sont dispensés de cotisations sociales (l'équivalent de nos cotisations à la CSST ou à l'assurance-emploi, par exemple), à l'exception d'une cotisation de solidarité. À la condition que, tous boulots confondus, l'étudiant ne soit pas employé plus d'un mois durant ses vacances.

Avant de signer un contrat, l'agence s'assure donc que l'étudiant n'a pas «trop» travaillé durant l'été. En 2001, Merijn Callens a reçu un coup de fil d'une agence de placement temporaire lui proposant d'astiquer des bouilloires pendant deux semaines chez le fabricant. Lorsqu'on a su qu'elle s'était déjà engagée à travailler dans la cuisine d'une banque pour trois semaines, on a retiré l'offre immédiatement. «Comme j'avais déjà été embauchée ailleurs, l'employeur aurait dû payer des contributions supplémentaires», explique l'étudiante en histoire. Merijn Callens a finalement frotté les appareils durant trois jours seulement. Et tout le monde était content, la jobistes y compris!

Si les étudiants comptent les jours travaillés, c'est aussi pour s'assurer que leur revenu annuel ne dépassera pas 3 930 $, le salaire maximal pour demeurer à la charge de leurs parents. «Si l'un de mes quatre enfants gagnait davantage, ce serait la catastrophe», raconte Anne Morelli, professeure à l'Université Libre de Bruxelles. Chaque mois, cette mère reçoit près de 1 140 $ en allocations familiales, et en Belgique, les enfants peuvent en bénéficier jusqu'à l'âge de 25 ans.

En plus de travailler au noir, Lieve, quant à elle, a conclu une entente avec le patron de la bibliothèque afin de diminuer ses heures de travail lorsque ses revenus frisent les 3 930 $. Étudier et faire des sous au plat pays, c'est aussi être un peu magicien...


THAÏLANDE

Prêcher par l'exemple
Paetongtarn Shinawatra, une jeune Thaïlandaise de 17 ans, a commencé son premier emploi à vie en mars dernier, dans un restaurant McDonald's de la capitale, Bangkok. Son premier client? Son père... nul autre que le premier ministre du pays! Venu encourager sa fille, il a aussi exhorté tous les autres jeunes du pays à travailler à temps partiel durant leurs études même s'ils sont financièrement capables de s'en passer. Aux journalistes présents lors de son passage, Thaksin Shinawatra a en effet déploré que les jeunes des familles riches avaient perdu le sens et la valeur du travail. Paetongtarn recevra un salaire horaire de 60 cents américains et n'avait, jusqu'aux dernières nouvelles, pas encore reçu le titre d'employé du mois.
(Source : CBS, 29 mars 2004.)


BOLIVIE

Des policiers au régime
Les policiers boliviens souffrant d'embonpoint ont été contraints au régime par le chef de la police nationale, le commandant général Jairo Sanabria. Ce dernier a interdit aux flics considérés comme trop gros de porter l'uniforme. Après l'annonce de cette décision, décriée par le défenseur du peuple (l'équivalent de notre protecteur du citoyen), la télévision bolivienne a montré des images de centaines de policiers grassouillets soumis à des exercices physiques... et suant à grosses gouttes. L'histoire ne dit pas si les beignes ont été bannis des boîtes à lunch...
(Source : AFP International, 28 avril 2004.)


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