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[Mot
de la rédaction]
Vidés, les citrons
Votre employeur a multiplié les suppressions d'emplois et gelé l'embauche au cours de la dernière décennie. Vous avez évité le raz-de-marée, mais vous vous êtes peu à peu retrouvé avec deux fois plus de boulot sur les bras. Votre stress a connu une tendance à la hausse, votre semaine de travail s'est mise à s'étirer et à gruger vos soirées, ou à carrément déborder sur vos week-ends.
Ce n'est pas facile. Vous ne suffisez pas toujours à la tâche. Certains jours, vous avez l'impression que vous ne pourrez pas tenir encore longtemps. Vous vous sentez comme un citron qu'on presse et qu'on presse encore, pour ne pas en perdre une goutte. Reste qu'avec le temps, tout le monde autour de vous étant dans le même bateau, vous en êtes pratiquement venu à considérer ce rythme de travail comme «normal». L'humain sait si bien s'adapter.
Il y a de fortes chances que vous vous reconnaissiez dans ce scénario. L'intensification du travail affecte une majorité de travailleurs, comme nous l'expliquons dans notre dossier «spécial citron» (p. 17).
L'Association médicale canadienne estime que 39 % de la population souffre d'épuisement professionnel. Selon les données de Jean-Pierre Brun, professeur en relations industrielles à l'Université Laval, les entreprises consacrent 6 % de leur masse salariale aux problèmes directement liés au stress au travail. (Est-il utile de rappeler, en guise de comparaison, que les entreprises peinent souvent à investir 1 % de leur masse salariale dans la formation de leurs employés...)
Un niveau de stress qui nous abîme la santé, et le sentiment de ne pas en faire assez, assez vite, est-ce réellement ce que représente désormais la vie professionnelle? Faut-il s'y résigner?
Je vous pose la question. Et j'attends impatiemment vos réponses.
Julie Tremblay
Rédactrice en chef
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