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L'abc de la formation continue
par Julie Bourbonnière

Perfectionnement, amélioration, acquisition de nouvelles compétences en milieu de travail... Tout cela pourrait se résumer par l'expression «formation continue». Mais concrètement, qu'est-ce que ce type de formation et qui peut en bénéficier?

La formation continue concerne à peu près tout le monde : les salariés, les chômeurs qui désirent réintégrer le marché du travail et même les retraités. Les besoins varient d'une personne à l'autre et dépendent des champs d'intérêt personnels, de l'ambition, du contexte d'emploi et de l'entreprise dans lesquels chacun évolue.

Le concept est assez vaste. Toute formation menant à l'obtention d'un diplôme d'études professionnelles (DEP), d'un diplôme d'études collégiales (DEC), d'un baccalauréat, d'une attestation de spécialisation professionnelle (ASP), d'une attestation d'études collégiales (AEC), d'un certificat, etc., entre dans la catégorie «formation continue». De même, les ateliers de formation offerts par les associations professionnelles et privées peuvent également fournir des acquis intéressants.

Actuellement, les compétences les plus recherchées tant par les employeurs que par les travailleurs sont celles qui touchent la gestion des ressources humaines, la santé et la sécurité au travail, l'informatique et l'acquisition d'une langue seconde. C'est donc pour celles-ci que l'on retrouve la plus grande offre de formations.

Pour qui?
La formation continue s'adresse en général à trois types de personnes, indique Carmen Sicilia, conseillère d'orientation. «Certains individus ne veulent pas prendre le chemin traditionnel du cégep et de l'université. Ils souhaitent étudier pendant une courte période et obtenir rapidement la formation nécessaire pour accéder au marché du travail. D'autres veulent plutôt se perfectionner et acquérir de nouvelles compétences. Enfin, certaines personnes apprennent pour le plaisir, parce qu'elles ont un intérêt marqué pour un domaine précis, mais sans avoir nécessairement le goût ou le temps d'entreprendre une longue formation.

«Entre 30 et 50 ans, poursuit Carmen Sicilia, la plupart des travailleurs vivent une remise en question. Ils réfléchissent à ce qu'ils ont fait jusque-là et à ce qu'ils désirent accomplir ensuite. Plusieurs décident de changer de carrière, d'autres de terminer des études qu'ils avaient laissées en plan.» La plupart des personnes qui retournent aux études recherchent des formations flexibles, leur permettant de concilier travail, cours et obligations familiales. Par conséquent, les entreprises et les établissements d'enseignement doivent s'efforcer de répondre aux besoins des travailleurs.

Plusieurs options s'offrent aux employeurs : un formateur agréé qui supervise un groupe de travailleurs sur place, la formation à distance, les cours privés, etc. Ils peuvent aussi trouver un net avantage dans la flexibilité que procure la formation en ligne ou e-learning.
Le rôle accru des entreprises
Le Rapport d'activité 2002-2003 du Fonds national de formation de la main-d'oeuvre révèle que les organisations investissent chaque année plus de un milliard de dollars dans des activités de formation. Elles contribuent ainsi à accroître les compétences en milieu de travail. «Les entreprises admettent maintenant que la formation continue est un atout essentiel à leur prospérité économique», explique Jean-Robert Boisjoli, conseiller à la Direction générale adjointe à l'intervention sectorielle d'Emploi-Québec, un organisme chargé notamment de gérer les grandes orientations en matière de formation de la main-d'oeuvre.

Léa Cousineau, présidente de la Commission des partenaires du marché du travail, estime pour sa part que les entreprises ont encore de nombreux défis à relever, car le développement des compétences de la main-d'oeuvre est devenu la voie privilégiée pour faire face à la mondialisation des marchés et aux changements technologiques.

En outre, elle considère que les établissements de formation ne suffiront pas à combler tous les besoins et qu'il faudra donc compter sur la formation en milieu de travail. «Par conséquent, les PME devront se regrouper et développer des partenariats entre elles pour réussir à accroître le nombre de formations disponibles pour les travailleurs», estime Mme Cousineau.

Le défi des normes professionnelles
«Compte tenu de la grande diversité des lieux et des méthodes de formation, le défi le plus important qui attend les entreprises au cours de la prochaine décennie sera de faire reconnaître les acquis et les compétences professionnels des travailleurs», poursuit Léa Cousineau. À ce titre, les comités sectoriels de main-d'oeuvre sont les premiers mobilisés pour développer des normes professionnelles et des standards de pratique acceptables pour les employeurs de l'industrie.

Grâce au Cadre général de développement et de reconnaissance des compétences adopté en juin 2001 et au Programme d'apprentissage en milieu de travail lancé en avril 2002, on dispose désormais d'une définition précise de la norme professionnelle, permettant d'établir les compétences qu'un travailleur doit posséder pour exercer un métier ou une fonction de travail.

C'est donc maintenant à partir de normes professionnelles approuvées par la Commission des partenaires du marché du travail et par le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, que sont développés les outils du Programme d'apprentissage en milieu de travail. Cette formation se déroule en entreprise, et permet aux collègues expérimentés de transmettre leur savoir-faire aux apprentis sur une base individuelle structurée.

Apprendre en ligne
La compétitivité des entreprises et leur rendement sont intimement liés à leur capacité d'offrir de la formation continue à leurs employés. Aujourd'hui, plusieurs options s'offrent aux employeurs : un formateur agréé qui supervise un groupe de travailleurs sur place, la formation à distance, les cours privés, etc. Ils peuvent aussi trouver un net avantage dans la flexibilité que procure la formation en ligne ou e-learning . Ce dernier repose sur l'usage d'Internet ou d'autres techniques de communication interactives, telles que le cédérom avec ou sans lien Internet, la téléconférence, la vidéoconférence. La formation en ligne est accessible partout et en tout temps. Elle s'adapte au style d'apprentissage de chacun et grâce à l'interactivité, elle favorise la participation des élèves.

Malheureusement, le développement de tels outils est coûteux. Les établissements de formation et les entreprises, surtout les petites, y pensent à deux fois avant de décider d'investir dans ce domaine. Pour que les organisations puissent justifier un investissement, il faut notamment que cela concerne un grand nombre de travailleurs et que le contenu ait une certaine longévité. Du côté des employés, l'usage d'un ordinateur personnel doit leur être familier et il leur faut se brancher au réseau Internet, si possible à haute vitesse, tout en étant capables d'apprendre seuls.

Afin de rendre le recours aux technologies de l'information et des communications accessible à la petite entreprise, la Commission des partenaires du marché du travail prévoit accorder du financement à quelques projets pilotes de formation en ligne au cours de l'année 2004. Elle cherchera alors à susciter des regroupements d'entreprises qui voudront répondre à des besoins de formation communs.


 
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