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Retour au travail après une absence prolongée
De retour après la pause

par Sylvie L. Rivard

On se sent toujours un peu rouillé en revenant au boulot après les vacances. Imaginez après une absence de plusieurs mois ou de quelques années! Stress, chamboulements, difficultés à reprendre le rythme et à se réapproprier sa place : au retour, ceux qui se sont éclipsés pour maladie ou pour maternité sont parfois aussi bouleversés que s'ils intégraient un nouvel emploi.


Mère de trois enfants, l'ergothérapeute Line Veilleux a toujours trouvé difficiles les fins de congé de maternité. À chaque retour au CLSC-CHSLD Thérèse-de-Blainville, elle retrouvait illico la même charge de travail. Sans compter qu'elle devait passer en criant «ciseaux» de la douceur du nid familial au tempo vertigineux du réseau de la santé!

«C'est ardu de reprendre le rythme. ça repart en fou, comme si on te disait : "Cours à côté de ta bicyclette, saute sur le siège et pédale en même temps!"» Line, dont les congés ont oscillé entre neuf mois et deux ans, a toujours réussi à se remettre en selle. Heureusement pour elle, papa s'investissait beaucoup dans la vie familiale tandis que sa propre passion pour son boulot fouettait sa motivation.

L'une des principales embûches des travailleurs qui reviennent au travail après une longue absence est justement cette difficulté à reprendre le collier, explique François Berthiaume, président de DOLMEN psychologie industrielle. «C'est un peu comme un sportif inactif pendant un certain temps qui recommence l'entraînement intensivement. Plus la période d'arrêt est longue, plus il est difficile de revenir au travail. De plus, la personne doit s'adapter aux changements survenus pendant son absence.»

Le choc du retour et l'anxiété qui l'accompagne varient énormément en fonction du climat de travail qui prévalait avant le départ, souligne pour sa part Christine Smilga, psychologue, superviseure clinique et consultante chez PROACT PAE, une firme spécialisée dans les programmes d'aide aux employés. Ainsi, les nouvelles mamans qui ont quitté sur une bonne note anticipent généralement le retour de façon positive, dit-elle, heureuses de prendre congé des biberons pour renouer avec un réseau social.

Difficiles maladies
Le motif du départ est un autre facteur important influant la rentrée au boulot. Les travailleurs qui ont quitté pour cause d'épuisement professionnel ou de dépression craignent souvent beaucoup le retour, poursuit Christine Smilga. «Si la personne avait commis des erreurs, "pété" une crise ou si elle avait eu des accrochages avec des collègues ou son patron, elle doit refaire surface, rebâtir sa confiance et celle de ses supérieurs.»

Louise Saint-Arnaud est l'un des rares chercheurs québécois à se pencher sur le retour au travail après une absence prolongée, plus précisément à la suite d'une maladie psychologique comme la dépression. Les recherches qu'elle mène depuis 15 ans au sein de l'équipe RIPOST (Recherche sur les impacts psychologiques, organisationnels et sociaux du travail) du CLSC-CHSLD Haute-Ville-Des-Rivières ainsi qu'à la Direction de la santé publique de Québec démontrent que dans 9 cas sur 10, les problèmes vécus au travail sont l'une des raisons évoquées par les travailleurs pour expliquer... leur arrêt de travail. Si le travail nous a empoisonné la vie, il est encore plus difficile de s'y remettre, résume-t-elle.

Ce n'est guère plus réjouissant pour les travailleurs physiquement inaptes pendant un certain temps. En effet, certaines maladies laissent des séquelles importantes qui forcent l'employé rétabli à aborder différemment son rapport au travail. C'est le cas de Gilles Desjardins, un analyste du service de soutien informatique chez Hydro-Québec à Montréal, qui a contracté à la fin des années 1990 un mal aussi rare que virulent : une encéphalite herpétique virale aiguë. Le virus, qui l'a plongé quelques mois dans le coma, l'a tenu éloigné du boulot pendant deux ans et demi. Au retour, il s'est rendu compte qu'il ne pouvait plus effectuer les mêmes tâches qu'avant sa maladie.

«Le plus difficile pour moi a été d'accepter ma nouvelle condition, confie-t-il aujourd'hui. Je n'ai plus le même niveau de concentration. Lorsque le stress monte d'un cran ou deux, j'oublie temporairement des choses.» Dès son retour, l'informaticien a expliqué la situation à son patron. Il a conservé son poste, mais l'employeur a modifié en partie ses tâches, ce dont Gilles s'est accommodé avec soulagement.

Une rencontre avec le supérieur immédiat avant le retour est indispensable pour vous informer des changements survenus dans l'organisation, préciser vos attentes et sonder celles du patron.
Rencontrer le patron
Tous les experts consultés s'entendent pour dire qu'une rencontre avec le supérieur immédiat quelques jours ou quelques semaines avant le retour est indispensable pour vous informer des changements survenus dans l'organisation, préciser vos attentes et sonder celles du patron. Les obstacles liés au retour, l'écart entre les capacités du travailleur et les exigences de l'emploi, l'aménagement du poste de travail, les besoins de formation sont autant de sujets qui méritent d'être abordés avant le jour J.

Une rencontre avec le patron est encore plus cruciale lorsqu'une personne réintègre le travail à la suite d'une maladie qui commande un réaménagement des tâches. Comme il est parfois intimidant d'affronter seul l'employeur, mieux vaut être accompagné par un spécialiste en réadaptation, suggère la psychologue Mylène Allaire, consultante principale en réadaptation et directrice du programme d'aide aux employés au sein de la firme montréalaise Réadaptation Optima.

Selon la chercheuse Louise Saint-Arnaud, trois facteurs facilitent la réintégration en milieu de travail après une maladie : un retour progressif, la qualité de l'accueil des collègues et des supérieurs et surtout, l'amélioration des conditions de travail. Mieux vaut discuter de ces aspects avant la reprise des activités, conseille-t-elle. «Un retour, ça se planifie. On laisse trop de place à l'improvisation. Ceux qui voient des changements positifs apportés à leur milieu de travail vivent plus facilement leur réinsertion.»

Wô les moteurs!
Les employeurs s'attendent souvent à ce que la personne soit aussi productive au retour qu'avant son départ, constate Michèle Quinn, l'une des coordonnatrices du programme de réadaptation au travail au Centre de réadaptation Lucie-Bruneau de Montréal. Cet établissement offre aux victimes d'accident ou à toute personne ayant une déficience physique ou neurologique des services spécialisés pour réintégrer le boulot. «L'employé redevient productif au fil du temps. Mais pour que le choc soit moins brutal, le retour progressif est d'une aide précieuse», dit-elle.

Encore là, certains employeurs boudent carrément le retour progressif, déplore Louise Saint-Arnaud. Productivité oblige, certains préfèrent même que l'employé retarde son retour de six mois plutôt que d'accepter qu'il travaille à temps partiel pendant une certaine période. «Pourtant, le retour progressif facilite la réinsertion professionnelle. Il diminue le stress du travailleur, lui permet de reprendre graduellement contact avec le travail et de regagner son estime de soi.» Abattre en deux jours la besogne d'une semaine n'a rien à voir avec un retour progressif, prévient-elle. Cela implique plutôt une augmentation graduelle du nombre de jours travaillés combinée à une reprise progressive des tâches.

Au retour, l'employé se sent débordé et ne sait pas comment aborder les nouveaux dossiers et replonger dans les anciens, dit François Berthiaume. «Il faut prévoir un plan qui peut s'échelonner sur deux mois, où on ne recommence pas tout en même temps afin de se familiariser avec ses dossiers. C'est aussi le moment d'établir les priorités.» Christine Smilga suggère d'éviter la surcharge en revoyant la façon de travailler. Oubliez d'être perfectionniste pour un temps et apprenez à fixer vos limites, conseille-t-elle.

Refaire sa place
Dans le cas d'une fin de convalescence, l'employé peut craindre que ses collègues fraîchement retrouvés l'inondent de questions indiscrètes. «Vous avez le droit de dire que ça ne vous tente pas d'en parler maintenant et que vous désirez vous concentrer sur le travail», dit Christine Smilga.

S'isoler du groupe n'est pas un comportement à adopter pour autant. Pendant votre absence, la roue tourne : collègues et dossiers poursuivent leur petit bonhomme de chemin. «Prenez les devants! ajoute-t-elle. Reprenez contact avec l'équipe, en cassant d'abord la glace avec les gens avec lesquels vous partagez le plus d'affinités.»

Vous aurez peut-être le goût de trancher la gorge du petit nouveau particulièrement ambitieux ou d'un confrère qui a carrément pris votre chaise. Car pendant votre absence, ces gens ont peut-être assumé avec brio les tâches qui autrefois vous incombaient. «La place que vous aviez auprès du gestionnaire, les mandats qui vous étaient confiés ne vous appartiennent pas, rappelle Christine Smilga. Il faut refaire sa place, ses alliances, ses contacts dans l'entreprise, et voir quel rôle on peut y jouer maintenant.»

La meilleure stratégie pour regagner la confiance du patron est d'accepter votre nouveau rôle et de livrer la marchandise en respectant vos nouveaux engagements, suggère François Berthiaume. La pire attitude? Être négatif et revanchard, dit-il. «L'entreprise a été pénalisée par votre absence. Au retour, vous aurez des compromis à faire entre vos besoins et la nouvelle réalité de l'employeur.»

Qui va à la chasse ne perd pas nécessairement sa place... mais doit la regagner.


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