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[Formation
| Emploi]
Laval, Laurentides et Lanaudière
: Travailler et vivre dans les régions de
Au nord le paradis
par Jean-Marie Allard
Laval, les Laurentides et Lanaudière : trois régions du nord
de Montréal qui attirent de plus en plus de résidents. On s'y installe
pour la qualité de vie, la beauté du paysage, la proximité de son lieu
de travail ou encore parce qu'il est plus aisé d'y dénicher un toit confortable,
à prix relativement abordable et à distance raisonnable de la grande ville.
Autre avantage : les possibilités d'emploi y seront nombreuses au
cours des prochaines années.
Les récentes statistiques le confirment : de plus en plus de Montréalais
se laissent séduire par la banlieue quand vient le temps de choisir l'emplacement
de leur nid familial. Propriétés à prix plus abordables, terrains plus
spacieux, tranquillité et proximité de la grande ville : les avantages
sont nombreux.
En 2002-2003, Montréal a perdu au-delà de 20 000 citoyens au profit de
ses rives nord et sud. Les régions de Laval, des Laurentides et de Lanaudière
en ont accueilli ensemble quelque 13 000. L'impact de ce mouvement
migratoire est indéniable sur leur développement. Centres commerciaux,
usines, maisons et condos semblent y pousser comme des champignons depuis
quelques années. Une ruée vers le nord qui influe sur la dynamique de
ces régions puisque l'arrivée de nouvelles personnes stimule l'emploi
local dans plusieurs domaines, en particulier le commerce, les services
et la construction.
Laval : un carrefour grouillant d'activité
Deuxième ville québécoise en importance avec une population dépassant
340 000 habitants, Laval est aujourd'hui l'une des régions les plus
dynamiques et les plus prospères du Québec. Sa situation géographique
lui procure plus d'un avantage stratégique. Grâce à ses grands axes routiers,
Laval agit comme un trait d'union névralgique entre Montréal et les régions
des Laurentides et de Lanaudière.
«L'activité économique de Laval est très diversifiée. Elle demeure vigoureuse
malgré le recul circonstanciel que la région a connu au cours des derniers
mois, dans la foulée du ralentissement observé dans l'ensemble du Québec,
voire au Canada et aux États-Unis, affirme Jacques Chapdelaine, économiste
régional d'Emploi-Québec pour Laval. À preuve, la région a connu une hausse
de plus de 3 000 emplois au deuxième trimestre de 2003 par rapport
à la même période en 2002. Selon nos analyses, la région devra pourvoir
à quelque 32 000 postes au cours des trois prochaines années. Cette
forte pression sur la demande de main-d'oeuvre sera attribuable, en proportion
égale, à la création de nouveaux emplois et aux départs à la retraite
des baby-boomers qu'il faudra remplacer.»
Sur tous les fronts
Le secteur tertiaire est responsable de plus de 77 % des emplois
de la région lavalloise. Le commerce compte à lui seul pour 20,3 %
de la main-d'oeuvre, alors que les soins de santé et l'assistance sociale
en regroupent 10,2 %. Les domaines de la gestion et des services
administratifs, de l'enseignement de même que les services professionnels,
scientifiques et techniques suivent de près avec 9,3 % et devraient
par ailleurs poursuivre leur croissance au cours des prochaines années.
Pour sa part, le domaine de la construction, qui emploie à l'heure actuelle
plus de 7 000 travailleurs, se porte très bien. L'arrivée de nouveaux
résidents, le maintien des faibles taux d'intérêt et les nombreux projets
d'investissement en cours ou annoncés sur l'ensemble du territoire de
l'agglomération montréalaise favoriseront ce secteur d'activité tant sur
le plan résidentiel que commercial et industriel. Parmi les projets que
l'on prévoit réaliser à Laval, citons par exemple la construction d'un
complexe de bureaux-entrepôts de 150 000 pieds carrés et l'agrandissement
d'un complexe de résidences pour personnes âgées. Les travaux de prolongement
du métro, qui devraient s'achever vers 2006, représentent par ailleurs
un chantier considérable.
Dans le secteur manufacturier, environ 30 000 personnes travaillent
dans près de 500 entreprises. Les secteurs les plus importants en ce qui
a trait à l'emploi sont les produits métalliques, le meuble, les produits
chimiques (incluant la pharmaceutique), l'imprimerie et l'édition, les
aliments et la machinerie.
Mise en valeur et soutenue par l'organisme Laval Technopole, l'innovation
technologique prend une place prépondérante dans le développement stratégique
de la région, s'appuyant sur les créneaux d'avenir de la santé, des technologies
de l'information et de l'environnement. Le segment nommé Biopôle compte
déjà plus de 70 entreprises de recherche et de commercialisation oeuvrant
en biotechnologie, en pharmaceutique et en santé humaine. Le e-Pôle regroupe
plus de 140 entreprises des technologies de l'information, alors que l'Agropôle
en compte quelque 1 500 touchant aux domaines de l'agriculture, de
l'horticulture et de l'agroalimentaire. Il est intéressant de rappeler
à cet égard que l'île Jésus destine encore 30 % de son territoire
à des fins agricoles.
Le casse-tête de la relève
Près de 64 % des postes à pourvoir dans la région de Laval d'ici à 2006
sont liés à des métiers qui nécessitent une formation secondaire professionnelle
ou collégiale. Les emplois exigeant une formation universitaire connaîtront
quant à eux une croissance de 20 %. La demande est particulièrement
forte dans les secteurs des sciences sociales et de l'enseignement, des
sciences naturelles et appliquées (telles la chimie et la biologie), de
la santé, de même que des arts, de la culture, des sports et des loisirs.
Mais globalement, selon Emploi-Québec, les perspectives d'emploi sont
jugées acceptables, voire favorables pour environ 85 % des professions,
tous secteurs et niveaux de formation confondus.
Ce portrait d'avenir positif entraîne toutefois son lot de problèmes et
de défis. L'envers de la médaille est le manque de main-d'oeuvre qualifiée.
Deux enquêtes toutes récentes - l'une menée par la firme Léger Marketing
pour le compte d'Emploi-Québec et la seconde, par la maison de sondage
SOM pour le compte de la Chambre de commerce et d'industrie de Laval -
mettent en lumière l'acuité du problème. Les deux études révèlent que
plus de la moitié des entreprises lavalloises disent avoir éprouvé des
difficultés à recruter du personnel au cours des 12 derniers mois, comparativement
à 41 % en 2000 et à 25 % en 1998.
L'enquête de Léger Marketing note que ces difficultés sont causées principalement
par le manque de candidats ayant les compétences nécessaires (55 %)
ou l'expérience recherchée (52 %). Les postes liés aux métiers de
la conduite de matériel de transport et de la machinerie sont de loin
les plus difficiles à pourvoir.
Laval affronte en cela la même problématique que l'ensemble du Québec.
«La décroissance démographique, le vieillissement de la population, le
décrochage scolaire, le peu d'attirance des jeunes Québécois de souche
pour les métiers plus traditionnels et les difficultés d'intégration liées
au choc culturel que vivent les nouveaux immigrants... Autant de facteurs
qui créent un inévitable fossé entre l'offre et la demande de main-d'oeuvre»,
affirme Élizabeth Gervais, coordonnatrice du Service d'intégration socioprofessionnelle
et formation professionnelle à la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier.
Laurentides : trois régions en une
Le territoire des Laurentides se divise en deux zones géographiques :
les Basses-Laurentides, qui font partie de la plaine de Montréal, et les
Hautes-Laurentides, qui sont dominées par un paysage de montagnes et de
plans d'eau. Toutefois, la réalité socio-économique découpe la région
en trois sous-régions aux profils bien distincts : le sud, le centre
et le nord.
Du centre commercial à la forêt
Le sud de la région, qui s'étend grosso modo de la frontière lavalloise
jusqu'à Saint-Jérôme, a particulièrement profité depuis plusieurs années
de l'étalement urbain de Montréal, conférant à l'ensemble des Laurentides
le premier rang au chapitre de la croissance démographique au Québec.
Cette explosion de la population a donné lieu à un boum immobilier résidentiel
et commercial sans précédent ainsi qu'à la prolifération de mégacentres
commerciaux et de magasins à grande surface. Une effervescence qui demeure
toujours très bénéfique pour la vitalité du secteur de la construction,
du commerce de détail et des services.
Cette sous-région se caractérise également par un solide secteur manufacturier
où évoluent principalement des entreprises de technologie de pointe en
aéronautique, en matériel de transport terrestre et en transformation
agroalimentaire. Ce noyau industriel place la région au deuxième rang
québécois en ce qui a trait aux exportations manufacturières.
Le centre des Laurentides, qui s'étale de Saint-Jérôme jusqu'au mont Tremblant,
est reconnu depuis fort longtemps comme le «terrain de jeu quatre saisons»
de la région métropolitaine. Le développement récent du mont Tremblant
a entraîné une recrudescence d'entreprises à vocation récréotouristique
et provoqué, par la même occasion, une flambée dans la demande de main-d'oeuvre
saisonnière dans le secteur des services, entre autres dans les domaines
de la restauration, de l'hébergement et des installations sportives, notamment
celles reliées au ski et au golf.
Le nord de la région, délimité par la municipalité régionale de comté
(MRC) d'Antoine-Labelle, correspond à un immense territoire où la forêt
constitue le secteur clé de l'économie. Depuis une vingtaine d'années,
la prise en charge de l'industrie forestière par des entrepreneurs locaux,
résolument tournés vers une gestion intégrée axée sur le développement
durable, a insufflé à ce secteur une vitalité inégalée. Marquée du sceau
de la modernité, cette industrie, en quête d'une main-d'oeuvre spécialisée,
offre des emplois bien rémunérés. La sous-région devrait par ailleurs
connaître un très fort développement de sa vocation de villégiature et
récréotouristique alors qu'elle mettra à profit, entre autres, les retombées
du développement du mont Tremblant.
Championne de la croissance de l'emploi
«Du nord au sud des Laurentides, la solidité et la diversité des assises
économiques auront raison, à moyen terme, des soubresauts de la conjoncture
négative qui sévit depuis deux ans dans la région et qui affecte plus
d'un secteur de l'économie, affirme Robert Gareau, économiste régional
d'Emploi-Québec à Saint-Jérôme. À preuve, ajoute-t-il, la région a bénéficié
d'investissements privés et publics totalisant 2,9 milliards de dollars
en 2003, en dépit de la fermeture de General Motors, des événements du
11 septembre 2001, de la crise du SRAS, des mises à pied chez Bombardier,
Air Transat et Nova Bus, du contentieux canado-américain sur le bois d'oeuvre,
de la hausse du dollar... et ainsi de suite!»
Emploi-Québec prévoit pour les Laurentides un taux annuel moyen de croissance
de la main-d'oeuvre de 2,3 %, soit le plus élevé de toutes les régions
du Québec (la moyenne provinciale étant de 1,6 %). Cela représente
la création de 29 000 nouveaux emplois entre 2002 et 2006. Les postes
qui deviendront disponibles à la suite des départs à la retraite sont
estimés à 24 000. Au total, c'est donc dire qu'environ 53 000
emplois devront être pourvus durant cette période.
«Compte tenu de la présence plus marquée sur l'ensemble du territoire
de certains secteurs comme l'hébergement, la restauration, les divertissements
et loisirs, le commerce et la construction, il est à prévoir qu'une part
plus importante des postes à pourvoir d'ici à 2006 sera concentrée dans
des professions de niveau technique, intermédiaire et de gestion, commente
Robert Gareau. Le creux de la vague qui frappe présentement le secteur
de l'aéronautique affectera cependant à la baisse les emplois de haute
et de moyenne technologie.»
Toujours selon l'économiste, «la croissance et le vieillissement de la
population provoqueront une demande accrue pour les professions de la
santé et des services sociaux, de l'enseignement et des services publics.
Le secteur de la vente et des services offrira également de nombreuses
possibilités d'emploi grâce, notamment, à la croissance démographique
et aux investissements substantiels dans les domaines commercial et touristique.
Les différents métiers de la construction, de même que ceux du domaine
du transport et de la machinerie, offriront aussi des débouchés aux travailleurs
en quête d'emploi.»
Lanaudière : urbaine et campagnarde
Profitant de l'étalement urbain de Laval et de Montréal qui empiète sur
son territoire, Lanaudière se classe au deuxième rang québécois pour la
croissance démographique. Plus de 400 000 personnes y sont établies,
dont 84 000 à Terrebonne, la ville la plus populeuse.
Des acquis prometteurs
La région tire avantage d'une très grande diversité économique, bien que
l'ensemble du territoire possède un caractère rural et que son marché
soit presque exclusivement centré sur la demande intérieure québécoise.
Cette vigueur se fait surtout sentir dans les MRC de l'Assomption et des
Moulins. À l'instar de la MRC d'Antoine-Labelle dans les Laurentides,
la MRC de Matawinie, qui englobe la partie nord de Lanaudière, est un
grand territoire forestier dont on compte mettre à profit les attraits
touristiques pour générer de nouveaux emplois, particulièrement dans le
secteur des services.
Troisième région agricole au Québec, Lanaudière se distingue par sa production
biologique (élevage et production végétale). Les producteurs y ont développé
une grande variété de produits de qualité supérieure, dont le boeuf biologique,
la volaille, les oeufs, les fromages fins et les boissons alcoolisées.
Les créneaux de l'horticulture et des biotechnologies végétales font par
ailleurs des percées porteuses d'avenir. Il en est de même pour la gestion
intégrée, à savoir la gestion de l'eau potable et des eaux usées, la gestion
des matières résiduelles de l'agriculture et de la forêt, la gestion des
déchets municipaux et du recyclage, l'utilisation des plans d'eau et des
bassins versants pour la foresterie.
Quant au secteur manufacturier, il se caractérise par la présence d'entreprises
de grande taille dans les domaines du caoutchouc, du plastique, des produits
métalliques, des minéraux non métalliques ainsi que du bois et de ses
dérivés. L'habitation est d'ailleurs l'un des créneaux d'excellence de
la région. Lanaudière a en effet développé au cours des 10 dernières années
une expertise de pointe dans la fabrication de tous les produits requis
pour la fabrication de maisons.
L'emploi sur la bonne voie
«En 2002, la population active atteignait 210 000 personnes, et le
taux de chômage s'est maintenu en dessous de la barre des 8 % pour
une troisième année consécutive. Le taux d'emploi, lui, était de l'ordre
de 62,4 %. Du jamais vu depuis 15 ans! affirme Roger Pedneault, économiste
à la Direction régionale d'Emploi-Québec. Comme ailleurs toutefois, l'activité
économique lanaudoise a accusé un recul au troisième trimestre de 2003
comparativement au même trimestre de 2002.»
En outre, la performance économique des trois dernières années et les
prévisions pour les trois prochaines années permettent aux analystes d'Emploi-Québec
d'établir à 14 000 le nombre d'emplois créés entre 2001 et 2006.
Le départ à la retraite de quelque 19 000 personnes créera également
des ouvertures pour les candidats au marché du travail, si bien que la
demande additionnelle de main-d'oeuvre dans Lanaudière devrait se situer
autour de 33 000 postes.
La croissance globale de la population et l'augmentation probable du nombre
de nouvelles entreprises devraient stimuler le secteur tertiaire, qui
accapare plus de 70 % de la main-d'oeuvre lanaudoise. L'emploi dans
les domaines des services aux entreprises, du divertissement, des loisirs,
de la santé, du transport et du commerce s'en trouvera vraisemblablement
favorisé.
Dans le secteur primaire, l'on s'attend à ce que l'emploi demeure stable,
alors qu'il devrait progresser dans le secteur manufacturier grâce au
dynamisme des industries des produits métalliques, de la machinerie, du
bois, du meuble ainsi que des aliments et des boissons. Le secteur de
la construction résidentielle sera pour sa part grandement favorisé au
cours des prochaines années, ajoute Roger Pedneault. «Cette vitalité sera
causée par la poursuite de l'étalement urbain au profit des régions limitrophes
adjacentes à Laval et Montréal de même que par l'accroissement migratoire
vers le nord et l'est de la région. À cela s'ajoutent des projets d'infrastructures
routières et quelques projets industriels et institutionnels qui sont
déjà en voie d'être réalisés, tandis que d'autres devraient être annoncés
sous peu.»
Travailler et vivre à Laval
Julie Lord : Consultante en marketing et en publicité
C'est l'amour qui a mené Julie Lord, originaire de la Rive-Sud, à Laval!
«J'ai décidé de l'essayer parce que mon conjoint vivait là.» Julie Lord
y est depuis trois ans et n'a jamais regretté sa décision.
Titulaire d'un baccalauréat en administration des affaires, elle a d'abord
été directrice de la publicité pour une entreprise de gestion de documents,
puis chargée de comptes pour des agences de publicité spécialisées en marketing
direct. Elle a suivi, il y a deux ans, des cours d'appoint en informatique
et en bureautique, de même qu'une formation en démarrage d'entreprise à
la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier, à Laval. Elle est maintenant
consultante en marketing et en publicité auprès de compagnies désirant augmenter
leurs ventes et améliorer leur image. «Pour mon travail, je me déplace dans
la région, mais aussi à Montréal, à Trois-Rivières, à Gatineau, en Estrie,
sur la Rive-Sud... et c'est facilement accessible. Je me rends compte que
Laval est vraiment près de tout», affirme l'entrepreneure de 40 ans.
«Comme j'ai deux enfants de deux et quatre ans, je ne peux plus avoir une
carrière comme avant et faire des voyages d'affaires aussi souvent, poursuit-elle.
Être travailleur autonome est idéal si on veut élever une famille.» Elle
avoue travailler parfois six jours par semaine, mais a la chance de gérer
elle-même son emploi du temps et ses déplacements. Ce train de vie exige
de la souplesse, et le fait de résider à Laval lui facilite les choses.
«Nous habitons près de tous les services, la garderie se trouve à deux pas.
Le temps consacré à la famille est important. Laval représente l'endroit
parfait pour élever des enfants.» En outre, comme il y a de plus en plus
d'entreprises dans la région, Julie Lord n'a pas fini d'y offrir ses services
de consultante!
par
Anne Marie Parent
Travailler et vivre dans les Laurentides
Patrice Lemyre : Président fondateur de Dessins de bâtiment Techniplan,
à Saint-Eustache
À 27 ans, Patrice Lemyre compte déjà 10 ans d'expérience dans le domaine
de la construction. Titulaire d'un diplôme d'études professionnelles en
dessin de bâtiment, le jeune homme a décidé de travailler à son compte en
1998. Il exploite seul son entreprise, Dessins de bâtiment Techniplan, à
Saint-Eustache. Il s'occupe de concevoir l'infrastructure de bâtiments (plomberie,
ventilation, mécanique, etc.) et fait réaliser les travaux par des sous-traitants
spécialisés.
Patrice Lemyre a choisi de créer son entreprise dans la ville où il habitait
parce qu'il y connaissait beaucoup de gens. «Les contacts déjà établis aident
à ouvrir le marché, dit-il. Ça m'a apporté des contrats dès le début.» Il
a ainsi piloté des travaux pour de nouveaux commerces, puis il a obtenu
d'autres contrats tant au Québec qu'ailleurs au Canada, aux États-Unis et
même en Algérie. «J'ai rarement fait de la publicité», ajoute-t-il, en expliquant
que le bouche à oreille fonctionne très bien pour lui. Selon lui, «la Chambre
de commerce de Saint-Eustache offre sans doute un service plus personnalisé
que ce qu'on retrouve dans les grands centres, étant donné qu'elle regroupe
moins d'entreprises». Il apprécie d'ailleurs les soirées de type «5 à 7»,
qui lui permettent d'entretenir son réseau et de rencontrer de futurs clients
ou fournisseurs.
Enfin, Patrice Lemyre s'estime bien situé pour se rendre chez ses clients.
«Je suis près des autoroutes : la 15, la 20, la 30... Je peux me rendre
à Laval en 15 minutes et à Montréal en une demi-heure.»
par
Anne Marie Parent
Travailler et vivre dans Lanaudière
Michaël Cotard et Sylviane Rolland : Propriétaires de la chocolaterie Le
cacaoyer, à L'Assomption
Tous les deux âgés de 28 ans, Michaël Cotard et Sylviane Rolland sont mari
et femme en plus d'être associés. En novembre 2002, ils ont ouvert une chocolaterie
à L'Assomption, à une douzaine de kilomètres de leur lieu de résidence,
Repentigny.
Michaël Cotard a appris le métier de pâtissier auprès de son père, avant
de se spécialiser dans la fabrication du chocolat à la pâtisserie La Bruxelloise,
à Montréal. Il a également travaillé à La Gascogne, une autre pâtisserie
de la métropole. C'est durant ces années de déplacements entre la ville
et la banlieue qu'il a rencontré sa femme, titulaire d'un diplôme d'études
spécialisées en pâtisserie. Tous les deux viennent de Repentigny.
«J'ai toujours eu l'objectif d'ouvrir une entreprise dans ma région», déclare
Michaël Cotard. Sans avoir fait d'étude de marché proprement dite, le jeune
entrepreneur raconte s'être informé au Centre local de développement pour
découvrir qu'il n'y avait pas de chocolaterie dans les environs. «Et je
suis allé avec mon coeur», lance-t-il, en ajoutant avoir eu le coup de foudre
pour cette belle maison centenaire où le couple tient commerce. «Les loyers
sont moins élevés ici qu'à Montréal, poursuit-il. Nous avons peut-être moins
de clientèle qu'en ville, mais, comme la communauté est plus petite, les
gens parlent beaucoup de la boutique.» D'ailleurs, Michaël Cotard apprécie
les relations plus personnelles qu'il entretient avec ses clients, comparativement
à ce qu'il a connu à Montréal. Et, question d'asseoir sa réputation, il
a développé pour son chocolat un petit réseau de distribution composé de
cinq pâtisseries de la région.
Ravis de pouvoir faire ce qu'ils aiment et à un rythme qui leur permet de
jouir d'une belle qualité de vie, les associés sont heureux de travailler
à L'Assomption, près du collège et du théâtre. «C'est un coin que j'aime,
et je n'ai plus à me déplacer vers Montréal», conclut le chocolatier.
par
Anne Marie Parent
Laval
Secteurs qui recrutent
Commerce - Hébergement et restauration
Information, culture et loisirs
Meuble - Produits chimiques
Produits informatiques et électroniques
Produits métalliques - Services professionnels, scientifiques et techniques
Soins de santé et assistance sociale
Transformation des aliments
Les plus recherchés
Secondaire
- Aides et auxiliaires médicaux
- Bouchers/dépeceurs de viande, vente en gros et au détail
- Commis au service à la clientèle
- Conducteurs de machines d'usinage
- Ébénistes
- Machinistes et vérificateurs d'usinage et d'outillage
- Mécaniciens, techniciens et réparateurs de véhicules automobiles
- Secrétaires médicaux
Collégial
- Designers d'intérieur
- Éducateurs de la petite enfance
- Infirmiers diplômés
- Technologues en radiologie
- Technologues et techniciens en chimie appliquée
Université
- Chimistes
- Ingénieurs civils
- Ingénieurs mécaniciens
- Médecins spécialistes
- Professionnels des relations publiques et des communications
- Travailleurs sociaux
(Sources : CRHC Laval; Emploi-Québec. Le marché du travail dans la région
de Laval, perspectives professionnelles 2002-2006, 2003.)
Lanaudière
Secteurs qui recrutent
Bois - Caoutchouc et plastique
Commerce - Construction
Fabrication de machinerie
Meuble et ameublement
Santé - Services aux entreprises
Les plus recherchés
Secondaire
- Bouchers
- Conducteurs de machines à travailler le bois
- Conducteurs de machines à travailler les métaux légers et lourds
- Ébénistes
- Machinistes
- Mécaniciens d'automobiles
- Préposés aux bénéficiaires
- Soudeurs
Collégial
- Éducateurs de la petite enfance
- Infirmiers diplômés
- Techniciens de laboratoire médical
- Techniciens en dessin
- Techniciens en génie civil
- Techniciens en génie électrique et électronique
- Techniciens en génie mécanique
Université
- Analystes de systèmes informatiques
- Ingénieurs électriciens et électroniciens
- Ingénieurs en mécanique
- Médecins spécialistes
- Omnipraticiens
- Pharmaciens
- Vérificateurs et comptables
(Sources : CRHC Repentigny; Emploi-Québec. Le marché du travail dans la
région de Lanaudière, Perspectives professionnelles 2002-2006, 2003.)
Laurentides
Secteurs qui recrutent
Commerce - Construction
Santé et services sociaux
Secteurs liés au tourisme
(ex. : hébergement, restauration, loisirs)
Transformation du bois
Les plus recherchés
Secondaire
- Aides et auxiliaires médicaux
- Électroniciens d'entretien
- Infirmiers auxiliaires autorisés
Collégial
- Infirmiers diplômés
- Inhalothérapeutes
- Technologues et techniciens en architecture, en chimie appliquée,
en génie mécanique, en instruments industriels, en laboratoire médical,
en radiologie
Université
- Analystes de systèmes informatiques
- Analystes financiers * Arpenteurs-géomètres
- Dentistes * Ergothérapeutes
- Ingénieurs civils/électriciens et électroniciens/mécaniciens/informaticiens
- Médecins spécialistes * Omnipraticiens
- Pharmaciens * Physiothérapeutes
- Vérificateurs et comptables
(Sources : Emploi-Québec et DRHC; Emploi-Québec. Le marché du travail dans
la région des Laurentides, Perspectives professionnelles 2002-2006, 2003.)
Des forces d'attraction
Le coût du logement
La situation du marché locatif et de l'accès à la propriété sur l'île de
Montréal, ce n'est pas du bonbon! Pour se simplifier la vie, bien des ménages
choisissent de migrer vers la banlieue, où le prix des maisons est de loin
plus abordable.
PRIX MOYEN D'UNE MAISON UNIFAMILIALE
Île de Montréal 268 670 $
Ville de Laval 165 453 $
Sainte-Thérèse 193 646 $
Saint-Eustache 124 460 $
Saint-Jérôme 119 036 $
Terrebonne 129 784 $
Repentigny 147 353 $
Laurentides (zone centre) 104 700 $
(Source : CIGM/SCHL, Troisième trimestre 2003.)
La proximité de Montréal
La synergie entre Montréal, Laval et les zones limitrophes des Laurentides
et de Lanaudière est manifeste lorsqu'on analyse les données sur le déplacement
des travailleurs en fonction du lieu de résidence et du lieu de travail.
Ces trois territoires au nord de la métropole font office de banlieues,
alors qu'une proportion importante des résidents travaillent en dehors de
leur région. Les grands axes routiers qui relient ces trois régions à l'île
de Montréal facilitent indéniablement les déplacements.
Les travaux de réfection de l'Autoroute 13 et d'élargissement à quatre voies
du tronçon de l'Autoroute 15 entre la 640 et le rond-point Rockland amélioreront
grandement le va-et-vient de la circulation aux heures de pointe. L'extension
du métro vers Laval, qui sera terminée en 2006, aura à son tour un impact
majeur sur le déplacement des travailleurs.
Toutefois, si le service de transport en commun des Lavallois à l'intérieur
de ses propres frontières et vers Montréal dessert relativement bien les
travailleurs, il en est tout autrement des liaisons entre Laval et les communautés
des Laurentides et de Lanaudière. Le service ne dessert que quelques municipalités
limitrophes, et le nombre de liaisons est pour le moins limité.
Le développement piétine aussi du côté du train de banlieue. Après avoir
été réclamé à grands cris pendant plusieurs années, ce moyen de transport
a démontré sa pertinence auprès d'une clientèle assidue et de plus en plus
nombreuse dans la couronne du Grand Montréal. Son prolongement vers Saint-Jérôme
dans les Laurentides et vers Mascouche dans Lanaudière était prévu d'ici
à l'an prochain ou 2006 tout au plus. Mais la flambée des coûts de la construction
du métro vers Laval - une facture trois fois plus élevée que prévu - risque
de retarder la réalisation de ce projet.
POPULATION ACTIVE OCCUPÉE EN FONCTION DU LIEU DE RÉSIDENCE ET DE TRAVAIL
(2001)
| Résidence |
Lieu
de travail |
Laval
Laurentides
Lanaudière |
Montréal
53,0 %
21,2 %
29,8 % |
Laval
40,0 %
9,5 %
5,4 % |
Laurentides
4,5 %
57,3 %
2,9 % |
Lanaudière
1,2 %
1,6 %
50,5 % |
(Source : Emploi-Québec, Régions de Laval, Laurentides et Lanaudière.)

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