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  [À la une : Les habiletés politiques au travail]

Vote de confiance
par Martine Roux
photos : Guy Tessier


Contrairement à la croyance populaire, la politique au travail ne sert ni à magouiller ni à manipuler vos collègues. Elle vous donne plutôt la possibilité de faire progresser votre carrière comme vous l'entendez, en même temps qu'elle concourt au succès de l'entreprise qui vous emploie. D'ailleurs, vous usez probablement déjà de flair politique... sans en être conscient. Vous ne pouvez y échapper, aussi bien savoir comment l'exercer. Libérez le politicien en vous!

Pas facile d'évoquer la question des habiletés politiques au travail. Les trois travailleurs interviewés pour cet article ont tous grogné avant d'aborder le sujet. «Moi, la politique, j'haaaaaaaaaïs ça!» ont-ils lancé d'emblée. «C'est sale, c'est téteux, je déteste embarquer dans ces jeux-là.»

Mais de fil en aiguille, ils ont tour à tour constaté — à leur corps défendant — qu'ils font effectivement preuve d'habiletés politiques. Et même reconnu leurs vertus! Car elles servent non seulement les intérêts de leurs employeurs, mais surtout les leurs, en faisant progresser leur propre carrière et en facilitant leurs tâches au quotidien. Plus important encore, le sens politique ne dessert personne : il permet plutôt de gagner le respect et l'admiration des collègues et des patrons.

Hélène, gestionnaire dans une agence de publicité, discute régulièrement avec les réceptionnistes, secrétaires, préposés au courrier, concierges et agents de sécurité qui gravitent autour d'elle, en plus de ses collègues, clients et patrons. «Ça me devient utile autant quand j'oublie mes clés que pour faire progresser un dossier!» Simon, à la tête de sa propre entreprise d'informatique, s'assure quotidiennement d'entretenir un bon contact avec employés, clients et fournisseurs afin d'éviter que ces derniers lui préfèrent un concurrent. Et Christophe, gestionnaire au service d'un commerce de produits électroniques dont il chapeaute quelques succursales, réussit par exemple à convaincre des employés d'abord récalcitrants qu'un changement de territoire les rendra plus heureux!

Les habiletés politiques sont d'abord relationnelles, nous ont dit tous les experts consultés. «C'est l'utilisation de moyens légitimes pour influencer le cours des choses, faire passer ses idées et réussir, explique Pierre DuBois, président de la firme de psychologie industrielle DuBois et Associés. Ça n'a rien à voir avec le machiavélisme ou la fourberie. Le sens politique, c'est savoir influencer, non manipuler.»

Regardez autour de vous : parmi les collègues ou patrons les plus appréciés, admirés et écoutés au bureau, plusieurs sont politiquement habiles. «Ce sont des personnes qui ont du charisme, qui sont capables de rallier les gens, dit Simon. Ceux qui sont habiles politiquement savent faire leur place, mais jamais au détriment des autres.»

«Les habiletés politiques, c'est l'utilisation de moyens légitimes pour influencer le cours des choses, faire passer ses idées et réussir.»
- Pierre DuBois, président de la firme de psychologie industrielle DuBois et Associés
Tous ont en commun des caractéristiques essentielles : l'intelligence, le jugement, l'art de se mettre dans les souliers de l'autre, le sens de la diplomatie, l'empathie, le leadership et la capacité d'influencer les gens ou les situations. «Ceux qui ne font pas preuve d'habiletés politiques se retrouvent sur une voie d'évitement», allègue Michèle Poirier, présidente de la firme de ressources humaines Michèle Poirier et Associés, qui offre notamment une formation sur le sens politique et la compétence stratégique. «Ils sont condamnés à l'itinérance professionnelle, à aller d'un emploi à un autre en répétant les mêmes erreurs.»

Plus essentielles que jamais
Les habiletés politiques n'ont rien de mystérieux ni d'holistique. Ce sont des gestes concrets, posés quotidiennement.

Responsable d'une partie des contrats obtenus par son agence, Hélène pilote des dossiers importants. Mais des membres de son équipe s'opposent parfois à ses vues. Avant d'exposer officiellement ses idées en réunion, elle cherchera d'abord à gagner leur appui. «J'évalue la situation, je détermine qui peut s'opposer au projet et je vais voir ces personnes. Sur le ton de la confidence, je leur demande ce qu'ils pensent du dossier, je sollicite leur input. Je modifierai éventuellement le projet en fonction de leurs commentaires et je serai mieux préparée pour en débattre en réunion. Ça passe souvent mieux ainsi.»

Une autre technique «politique» qu'utilise Hélène pour faire passer ses projets consiste à laisser quelquefois dormir les idées. Alors qu'elle tentait sans succès de convaincre des collègues du marketing que le nom choisi pour un nouveau produit était incongru, elle a plutôt volontairement laissé s'écouler un peu de temps. Question de faire mijoter ses suggestions dans la tête des gens, sans les imposer. «Je leur revenais avec d'autres arguments de temps à autre. J'ai fini par les persuader d'opter pour le nom que je proposais en leur faisant valoir que la traduction française de leur option était totalement inappropriée.»

Non sans ironie, Hélène dit qu'elle «joue au bureau» en adoptant ces tactiques. Pourtant, elle fait preuve d'une qualité essentielle pour progresser dans une organisation, que Pierre DuBois appelle «l'intelligence situationnelle». En d'autres mots, c'est la capacité de s'adapter aux personnes et aux contextes, de concevoir son rôle d'une façon élargie afin de mieux prendre sa place sur l'échiquier. «Plus les enjeux sont complexes dans l'entreprise, plus ces habiletés sont importantes», précise-t-il.

Et plus grande est l'entreprise, plus les enjeux politiques prendront de la place, avance Simon, qui a travaillé pour des boîtes de télécommunication de plus de 100 employés avant de se lancer en affaires. «Dans une grande organisation, la politique corporative est un élément essentiel pour persister dans l'entreprise. Pour grimper, t'as pas le choix d'en faire. Tu joues la game, sinon tu restes dans ton trou.»
Les qualités essentielles :
le réalisme, la diplomatie, la souplesse, l'art de négocier, l'art de soigner ses relations, l'intégrité, la loyauté, l'intelligence, le jugement, le contrôle des émotions, l'empathie.
(Sources : Pierre DuBois, DuBois et Associés; Michèle Poirier, Michèle Poirier et Associés.)
Les écoles d'administration l'ont compris : en effet, de plus en plus d'universités américaines délaissent les traditionnels programmes de leadership pour des cours sur le pouvoir, l'influence et le sens politique, affirme Pierre DuBois. C'est notamment le cas de la Harvard Business School. Au Québec, HEC Montréal offre des cours sur les habiletés politiques dans ses programmes réguliers. Le psychologue industriel François Boulard, de la firme du même nom, donne la version «grand public» de cette formation, principalement à des gestionnaires.

«C'est un cours populaire car les gens réalisent que dans des organisations en changement, où se multiplient les jeux d'influence, ces habiletés sont plus nécessaires aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Les participants finissent la formation en disant généralement : "Maintenant je comprends!" Ils voient désormais les réseaux de pouvoir, officiels ou non, dans leur organisation. C'est une habileté politique essentielle.»

Les règles du jeu
Les personnes timides ou introverties qui ont tendance à se retirer de la partie ne doivent pas s'attendre à voir progresser leur carrière de façon spectaculaire. «Un des pires faux pas, c'est de s'objecter à la présence de jeux politiques ou de les dénigrer, ajoute Simon. C'est le contexte de travail d'aujourd'hui et il vaut mieux s'en accommoder.»

Tout le monde exerce de l'influence d'une manière ou d'une autre, souligne Michèle Poirier. Mais à la différence des travailleurs aux habiletés politiques bien aiguisées, ceux qui ne sont pas conscients de la dimension politique d'une relation sont moins influents et risquent même de perdre leur crédibilité envers leurs collègues ou leurs supérieurs.

Selon elle, certains types de personnalité ont la fâcheuse manie de cultiver une image négative du sens politique et du pouvoir : les idéalistes, qui s'imaginent que tous épouseront leurs idéaux mais qui n'écoutent pas l'avis des autres; les personnes rigides, qui tiennent mordicus à leur position; les personnes non diplomates, qui ne jurent que par la vérité toute crue, parfois brutale. «Les gens qui manquent de diplomatie oublient qu'une des règles du jeu politique est de faire en sorte que l'autre personne puisse toujours "sauver la face".»

Pour Hélène, une autre règle du jeu est de s'assurer que son entourage professionnel ne se sente jamais menacé par ses ambitions ou ses attitudes. Et d'être sincère! «J'aborde les gens en leur disant que j'ai besoin de leur aide, par exemple. Après, je les remercie. Et je suis sincèrement reconnaissante! À partir du moment où tu n'es pas sincère, les gens le sentent.» Voilà une autre habileté politique : ne jamais sous-estimer l'intelligence des autres...

Hélène est tout aussi sincère quand elle complimente une cliente sur son allure ou qu'elle prend des nouvelles du bébé du jardinier de l'immeuble. «Je ne vais pas vers ces gens en me disant que j'aurai peut-être besoin d'eux un jour! Ça vient naturellement, bien que je sois aussi consciente que c'est stratégique de le faire.» Entre autres effets notables, elle arrive à faire accepter ses idées... et ses plantes n'ont pas manqué d'eau pendant les vacances de Noël! «Mais il faut aussi savoir doser les propos plus personnels, savoir garder une distance parfois. Il y a des risques à trop se dévoiler à tout un chacun.» Des informations semées à tout vent pourraient tomber entre les mains d'une personne mal intentionnée.

Christophe, gestionnaire dans une chaîne de détaillants en produits électroniques, s'efforce de toujours présenter les choses à ses employés en adoptant leur point de vue. L'écoute active est une grande vertu politique. «Si, pour les besoins de l'entreprise, je dois "vendre" un changement organisationnel à un employé, je commence par écouter ce qu'il a à dire. Est-il bien dans son travail? A-t-il d'autres aspirations? Je pars de ses réponses pour lui montrer à quel point un nouveau défi résoudrait certaines difficultés. Quand j'influence quelqu'un, ça ne veut pas dire que je ne le respecte pas. Au contraire : j'essaie de satisfaire ses besoins en même temps que ceux de la compagnie.»
«Les gens qui ne font pas preuve d'habiletés politiques sont condamnés à l'itinérance professionnelle, à aller d'un emploi à un autre en répétant les mêmes erreurs.»
- Michèle Poirier, présidente de la firme de ressources humaines Michèle Poirier et Associés
C'est là une règle d'or, assure Michèle Poirier. «Les employés qui ont des habiletés politiques sont "calculateurs" dans la mesure où ils sont capables de mesurer l'impact de leurs interventions sur les objectifs à atteindre en même temps que sur les relations avec les gens qui les entourent.»

Apprendre de ses erreurs
Tous le disent : «Dès qu'on a un minimum de jugement, tout se développe», confirme le psychologue industriel Pierre DuBois.

En atterrissant dans un bureau à Ottawa, il y a quelques années, Hélène a eu tout un choc. «Je donnais mon opinion sur-le-champ.» Erreur, car le sens politique commande de tenir compte du contexte culturel dans lequel on évolue. «Les Québécois sont généralement plus émotifs et au travail, les collègues se répondent du tac au tac. J'ai vu que ce n'était pas pareil en Ontario. Si je donnais immédiatement mon opinion sur un projet, je passais pour une irréfléchie. J'ai appris à prendre le temps d'analyser, ou du moins à en donner l'impression!» Son cheminement est encore parsemé d'erreurs... «J'essaie de comprendre la réalité de l'autre. Mais des fois, je comprends à retardement!»

Il y a quelques années, alors qu'il était en compétition avec un collègue pour un poste de haut niveau dans une grande entreprise, Simon s'est efforcé de comprendre qui détenait le pouvoir dans la boîte. Mais il n'avait pas perçu que le collègue en question était un proche ami du patron. Il n'a pas obtenu le poste. «C'est ma faute, je n'avais pas flairé ça, dit-il. C'est comme ça qu'on apprend : en se cognant le nez contre le mur à quelques reprises!»

La première étape quand on arrive dans une organisation, a depuis appris Simon, c'est de prendre du recul, de faire une analyse des personnes qui la composent et d'essayer de comprendre les champs d'intérêt personnels et professionnels de chacun. C'est ainsi que vous apprendrez où se trouvent vos alliés naturels et vos alliés potentiels.

C'est aussi par l'observation qu'on peut déceler ce que François Boulard appelle le pouvoir «informel», présent dans toutes les organisations au même titre que le pouvoir officiel. Il ne figure sur aucun organigramme mais les employés ont tout avantage à le repérer rapidement. «Les réseaux "informels" sont des groupes de personnes liées par des besoins ou des centres d'intérêt. Ça peut être un groupe de personnes qui partagent la même expertise ou les mêmes préférences, ou alors des gens qui se fréquentent à l'extérieur du bureau. Apprenez à reconnaître ces groupes, à voir qui va dîner avec qui, par exemple.»

Donnant donnant
Deuxième étape : passer à l'action. «Ceux qui ont un bon sens politique se dépêchent d'aller luncher avec les collègues, les supérieurs ou les subordonnés, observe Pierre DuBois. Ils multiplient les contacts, se bâtissent un solide réseau.» Parfois, il se développe spontanément des solidarités entre des individus, illustre Hélène : les fumeurs, ceux qui arrivent tôt, ceux qui partent tard... «C'est fou ce qu'on peut apprendre ou faire valoir lors d'une discussion anodine dans l'embrasure d'une porte après 17 h, dit-elle. Ces conversations n'ont l'air de rien, mais elles permettent de créer d'autres types de liens, plus personnels.»

Pour sa part, Christophe a la liberté de travailler à l'extérieur du bureau, mais il choisit de s'y rendre le plus souvent possible, question d'entretenir des contacts directs et de «vrais rapports» avec les gens, explique-t-il. «Mes meilleurs appuis sont les adjointes administratives de mes patrons : elles connaissent leurs horaires, leurs forces et leurs faiblesses, elles ont des informations privilégiées. Les négliger serait me tirer dans le pied.»

Car qui dit sens politique dit relations d'échanges, renchérit Michèle Poirier. «Une personne politiquement habile n'est jamais mal prise. Elle a toujours quelqu'un sur qui elle peut compter.»

Même si Michèle Poirier est aujourd'hui une experte du sens politique, la femme d'affaires avoue que cette attitude ne lui vient pas naturellement. «Pour moi, c'est le résultat d'un effort. Je suis toujours obligée de réfléchir à la dimension politique d'une relation ou d'une situation, ça ne me vient pas instinctivement. Ça s'apprend grâce à des comportements et à des techniques, à des processus essai-erreur.»

Idéalement, la meilleure façon d'apprendre est d'être pris sous l'aile d'un mentor en milieu de travail. Comme Gandalf dans le Seigneur des Anneaux, un vieux routier connaît tous les rouages de l'organisation, les squelettes qui traînent dans les placards et peut transmettre de précieuses stratégies. «Malheureusement, le mentorat est peu fréquent, car les employés manquent toujours de temps...», déplore Michèle Poirier.
Si certains individus ont un don inné pour la politique, la plupart des travailleurs apprennent par une succession d'essais et d'erreurs.
Du préposé au big boss
Les habiletés politiques sont utiles à tous les échelons hiérarchiques. Mais évidemment, seuls les plus doués politiquement réussiront à les gravir, disent les spécialistes. «Les gens dans le bas de l'échelle qui font preuve de sens politique sont ceux qui vont un jour se retrouver dans le haut de l'échelle, croit Pierre DuBois. Car pour devenir gestionnaire, il faut avoir de l'influence, et une influence positive.»
«Une personne politiquement habile n'est jamais mal prise. elle a toujours quelqu'un sur qui elle peut compter.»
- Michèle Poirier, présidente de la firme de ressources humaines Michèle Poirier et Associés
Que l'on soit préposé ou big boss, ces habiletés servent à tout le monde dans les milieux de travail, ajoute Michèle Poirier. «Les organisations ont changé depuis les 10 dernières années, et les ressources sont toujours limitées. Voilà des contextes de travail qui favorisent les plus forts. Quand tout le monde est en survie, tous ont besoin de sens politique, d'un bout à l'autre de la ligne hiérarchique. En bas ou au milieu, ça permet d'avoir de la crédibilité, de préparer sa carrière en ce qui a trait aux promotions. En haut de l'échelle, c'est essentiel pour maintenir son influence, et si on a peu de sens politique à ce stade de la hiérarchie, ça ne pardonne pas.»

Des coalitions se forment souvent dans les hautes sphères de la direction, ajoute le chargé de cours et psychologue industriel François Boulard. «Quelques-uns des vice-présidents d'une entreprise, par exemple, peuvent s'allier à l'occasion. Sur le plan politique, c'est certain qu'ils auront beaucoup plus de pouvoir qu'un vice-président compétent mais qui reste seul dans son coin.»

Négocier, pas ramper
Jouer politique, est-ce lécher les bottes des supérieurs pour «téter» une promotion? «Pas du tout! répond Simon. Il y aura toujours des frustrés qui croiront que ta promotion est due à tes relations plutôt qu'à tes compétences. Mais si tu es à la fois compétent et charismatique, où est le mal? C'est humain : la personnalité, ça fait partie de la game.»

Un travailleur doué politiquement ne s'écrase pas fatalement devant ses supérieurs. Tout au contraire! Il favorise l'harmonie et le ralliement, oui, mais pas si les enjeux ne correspondent pas à ses principes, explique Pierre DuBois. «Quand un patron constitue un obstacle, par exemple, le sens politique commande de gérer son émotivité. Il faut y aller avec logique, ne pas réagir sous le coup de l'émotion, rencontrer son patron en privé en lui faisant valoir nos arguments, exemples à l'appui. S'il maintient son point de vue, on se rallie, quand ce n'est pas une question de principe.»

En somme, la meilleure façon de faire progresser sa carrière en jouant politiquement est d'être solidement identifié à l'organisation qui nous emploie et de faire preuve de loyauté, poursuit le spécialiste. C'est ainsi qu'on gagne de l'influence. On est loin de l'image d'opportunisme ou de magouille que plusieurs accolent aux habiletés politiques! «Même s'ils sont avisés sur le plan politique, les gens carriéristes, centrés sur eux-mêmes, vont tomber assez facilement dans la manipulation. Faire passer ses propres intérêts avant tout peut rapporter du succès à court terme mais pas sur une longue période. Par contre, si vous êtes loyal, vos erreurs vous seront plus facilement pardonnées par vos supérieurs.»

«Les travailleurs dotés d'habiletés politiques sont les seuls qui réussissent à avoir de l'impact, dit Michèle Poirier. Vous aurez beau avoir raison, si vous n'êtes pas capable d'influencer les bonnes personnes et de faire valoir vos idées, vous n'irez pas loin.» Alors, vous jouez?


Comment vous faire des alliés

La qualité numéro un de la personne politiquement habile est la capacité d'influence, ce petit je-ne-sais-quoi qui fait en sorte qu'on l'écoute quand elle s'exprime, qu'on adopte ses points de vue, qu'on prend plaisir à lui rendre service.

Une des clés pour parvenir à cet état de grâce est le pouvoir d'affiliation, une faculté qui amène les collègues à s'associer à vous et à participer à vos projets et réalisations. Ce pouvoir augmente votre influence au travail et peut accélérer votre progression au sein d'une organisation. Les trois «C» qui favorisent votre pouvoir d'affiliation sont le charisme, la crédibilité et la confiance.

Voici quelques trucs et ficelles pour augmenter votre pouvoir d'affiliation et du même coup, votre influence au travail :
  • Choisissez votre employeur de manière à pouvoir concilier vos objectifs personnels avec la mission et la direction de l'entreprise qui vous emploie.

  • Discernez les priorités de l'organisation, les besoins et les projets, enjeux ou dossiers que valorisent vos supérieurs. Vous pourrez ainsi parler leur langage et être stratégique dans vos actions.

  • Ne représentez pas une menace professionnelle pour vos supérieurs en faisant un étalage démesuré de vos ambitions.

  • Faites-vous des alliés dans tous les services de l'organisation.

  • Parlez à tout le monde. Un réseau se construit un individu à la fois.

  • Cultivez de bonnes relations avec ceux qui n'ont pas les mêmes points de vue que vous. Il est possible d'influencer un adversaire, mais plus difficilement un ennemi. Vous ne pourrez jamais persuader quelqu'un que vous vous serez mis à dos.

  • Intéressez-vous aux personnes qui vous entourent. Lorsque vous connaîtrez leurs champs d'intérêt et compétences, vous saurez ce qu'elles peuvent vous apporter.

  • Prenez le temps de comprendre la personnalité, les besoins et les aspirations de vos collègues. Vous aurez ainsi une approche mieux adaptée à chacun.

  • Respectez-les. Vous gagnerez leur confiance et leur collaboration.

  • Donnez du feedback positif (rétroaction) et des encouragements.

  • Utilisez l'humour. Vous côtoyer sera agréable.

  • Sachez demander de l'aide, et donnez-en à votre tour.

  • Soyez une valeur ajoutée importante pour votre organisation en développant des compétences et des connaissances clés.

  • Exercez votre capacité d'analyse pour être en mesure de repérer les dossiers d'importance, de prévoir et de comprendre les enjeux d'une situation et d'évaluer le pouvoir et le rôle des différents acteurs.

  • Travaillez en particulier vos habiletés en communication (orale et écrite). Un message bien formulé gagne en crédibilité.

  • Améliorez aussi vos compétences en négociation. Plusieurs livres et formations existent d'ailleurs sur le sujet.

  • Tenez-vous informé sur les nouvelles tendances et sur ce qui se fait ailleurs dans votre secteur d'activité. Cela vous permettra de proposer des projets ou de vous investir dans ceux qui semblent stratégiques et porteurs d'avenir.

  • Assurez-vous de participer activement aux réunions, en étant bien préparé.

  • Essayez de participer aux événements sociaux de l'entreprise et d'aller luncher avec différents collègues ou collaborateurs. Plus étendu sera votre réseau, plus vous aurez de l'influence.
Source : Brisson, Legris et Associés (www.brissonlegris.qc.ca).


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