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  [Formation | Emploi]
Services financiers :
L'emploi en planification financière
Un marché favorable

par Marie-Claude Dion

Vieillissement de la population, épargne imposante des baby-boomers, regain de confiance des investisseurs. Autant de facteurs qui expliquent la demande croissante de professionnels ouvrant dans le secteur de la planification financière.

La profession de planificateur financier est loin d'être en voie de disparition. Ils sont 6 675 au Québec, et leur nombre n'est pas près de diminuer puisque environ 3 000 aspirants à la profession sont présentement en formation dans les différentes universités québécoises.

Une bonne nouvelle, selon Jocelyne Houle-LeSarge, directrice générale de l'Institut québécois de planification financière (IQPF), qui souligne que les perspectives d'emploi iront en augmentant dans le secteur de la planification financière. «Avec une moyenne d'âge dépassant les 40 ans, une partie des planificateurs financiers seront bientôt à la retraite et il en faudra d'autres pour les remplacer.» Le marché lui-même sera favorable aux planificateurs financiers, ajoute la directrice générale. «Nous assisterons bientôt au transfert de richesse des baby-boomers vers la génération suivante. Généralement mieux nantis que leurs parents, ils auront plus d'actifs à gérer. L'espérance de vie étant plus longue, ils auront à s'assurer, au moment de la retraite, que leurs revenus seront satisfaisants pour subvenir à leurs besoins.»

L'univers de la planification financière regroupe des professionnels polyvalents qui sont en mesure d'intervenir dans un ou plusieurs des champs suivants : finance, fiscalité, aspects légaux, retraite, successions, placements et assurances. Quelques planificateurs exercent leur métier de façon autonome en fondant leur propre bureau de services-conseils ou en s'associant à un cabinet existant. Ils conseillent leurs clients sur tous les aspects de leur situation financière et peuvent magasiner pour eux des produits de placement et d'assurances de personnes auprès de plusieurs compagnies. Mais la majorité sont au service d'institutions financières telles que les banques, les caisses et les compagnies d'assurances de personnes.

Selon l'IQPF, seul organisme autorisé à décerner le titre de planificateur financier au Québec, le plus important employeur du secteur est le Mouvement Desjardins avec au-delà de 1 900 planificateurs financiers à son service, suivi de la Financière Banque Nationale, qui en compte au-dessus de 500.

Des créneaux gagnants
Parmi les différents créneaux accessibles aux planificateurs financiers, l'un des plus prisés demeure le secteur des valeurs mobilières, où le planificateur agit en tant que conseiller en placements. «Le conseiller assure la relation entre le client et les firmes d'investissement. Son implication dans le transfert de fonds de l'investisseur vers les firmes en fait un professionnel très recherché», explique Pierre Simard, spécialiste à la formation à l'Institut canadien des valeurs mobilières. Selon lui, la remontée des marchés boursiers devrait inciter les institutions à embaucher ces professionnels. «Dans les valeurs mobilières, on inclut l'épargne collective et les fonds communs de placement; c'est sur ce plan que les postes de représentants en épargne collective prennent de l'importance. Ils sont très demandés auprès des institutions financières, comme les banques et les compagnies d'assurances.»

Les institutions financières se préparent depuis longtemps à gérer les grosses sommes d'argent que légueront les baby-boomers à la génération suivante, poursuit Pierre Simard. «On peut supposer que davantage de spécialistes seront appelés à travailler dans ce domaine.»

Les perspectives d'emploi des planificateurs financiers qui s'intéressent aux assurances sont aussi excellentes. De récentes données de Développement des ressources humaines Canada indiquaient qu'environ 800 postes seraient à pourvoir dans le domaine de 2002 à 2006. Une grande partie des professionnels du milieu sont âgés de 45 ans et plus, et la Chambre de la sécurité financière, l'organisme chargé d'encadrer la pratique des conseillers en sécurité financière, s'intéresse de près au manque de relève dans ce secteur. «Nous essayons de voir comment nous pourrions attirer de nouvelles personnes dans la carrière», affirme Marie-Kym Brisson, directrice des communications et des affaires publiques de la Chambre.

La remontée des marchés boursiers devrait inciter les institutions à embaucher des planificateurs financiers.
Attirer la relève
Pour parvenir à intéresser la relève, le secteur de l'assurance devra revoir son image, croit Claude Di Stasio, vice-présidente adjointe aux Affaires québécoises à l'Association canadienne d'assurances de personnes. «D'emblée, les gens disent que les assurances, c'est "plate"! Ce n'est pas vrai : c'est un secteur diversifié qui comporte de belles perspectives d'emploi, tant sur le plan salarial qu'en ce qui a trait à l'avancement», souligne-t-elle.

Sébastien Richer, professeur au Département de techniques de l'administration au Collège de Maisonneuve, rapporte que la plupart des élèves qui amorcent leur première année dans le programme n'ont pas encore clairement affirmé leur intérêt pour la planification financière. Ils disent s'intéresser aux emplois du domaine pour leurs bonnes possibilités de revenus, la liberté, l'autonomie qu'ils procurent et le contact avec les gens. Mais ils redoutent le nombre d'heures de travail nécessaires pour se bâtir une clientèle et le temps qui doit être consacré à la formation continue. En effet, les planificateurs financiers doivent effectuer 60 heures de formation par période de deux ans, afin de conserver leur droit d'exercer.

Sébastien Richer entrevoit d'excellentes perspectives d'emploi pour ses élèves, particulièrement ceux qui se destinent à un poste de conseiller en placements. «Le Mouvement Desjardins fait beaucoup de recrutement en ce sens auprès de nos élèves de deuxième et de troisième année.» Peu importe leur futur employeur, les candidats au titre de planificateur financier doivent cultiver le même profil : rigueur, discrétion et entregent figurent parmi les grandes qualités recherchées.


Principales professions et formations


Planificateur financier
Pour obtenir le titre de planificateur financier, il faut d'abord suivre une formation en planification financière personnelle donnée par les universités ou l'Institut des banquiers canadiens, puis le cours de formation professionnelle de l'Institut québécois de planification financière, d'une durée de 45 heures. Le planificateur qui désire vendre des produits financiers doit aussi détenir un permis accordé par le Bureau des services financiers.

Conseiller en sécurité financière (agent ou courtier en assurance collective, en rente collective ou en assurance individuelle)
Le conseiller en sécurité financière est un spécialiste de l'assurance de personnes. L'agent travaille pour une compagnie d'assurances et vend les produits de celle-ci. Le courtier travaille dans une compagnie de courtage et choisit, parmi les produits offerts dans plusieurs compagnies d'assurances, ceux qui répondent le mieux aux besoins de ses clients. Le certificat du Bureau des services financiers (BSF) est obligatoire pour exercer ces professions. Pour l'obtenir, il faut posséder l'une de ces formations minimales : un diplôme d'études collégiales de n'importe quelle discipline — celui en techniques administratives, option assurance, représentant un atout important; un diplôme d'études secondaires et quatre ans d'expérience en assurance; une attestation d'études collégiales en assurance; ou un baccalauréat en administration, option assurance. Les candidats doivent aussi réussir aux examens du BSF et effectuer un stage variant entre 45 et 90 jours.

Conseiller en placements et courtier en valeurs mobilières
Pour accéder à ces professions, il faut généralement un diplôme d'études universitaires ou collégiales en finance, économie ou administration des affaires.
Pour devenir un courtier de plein service (un professionnel en mesure d'offrir aux investisseurs des services-conseils, l'achat et la vente d'actions en leur nom), il faut réussir une formation en commerce des valeurs mobilières donné par l'Institut canadien en valeurs mobilières. Un permis d'exercer de la Commission des valeurs mobilières est également obligatoire.


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