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| Emploi] Éducation
: Stages en milieu de travailSur le terrain par Anne Marie Parent Parfaire ses études au moyen d'un volet pratique représente la formule
idéale pour bien intégrer de nouvelles compétences. Le saut dans le marché
du travail se fait alors plus en douceur! Les employeurs peuvent profiter du stage pour vérifier les compétences du stagiaire, avant de l'embaucher comme employé une fois sa formation terminée.Quant aux employeurs qui accueillent des stagiaires, ils contribuent à préparer la relève en transmettant leurs compétences et connaissances, tout en comblant leurs besoins de main-d'ouvre. Ils peuvent aussi profiter du stage pour vérifier les compétences du stagiaire, avant de l'embaucher définitivement comme employé une fois sa formation terminée. «C'est du donnant-donnant», explique Valérie Lavoie, elle-même ancienne stagiaire de la formation en tourisme du Collège Mérici, maintenant directrice du développement aux Croisières AML, à Québec. Elle engage des stagiaires tous les printemps. «On les embauche pour le travail qu'ils peuvent nous fournir, et nous leur offrons de mettre la théorie en pratique.» Plus qu'une transmission des connaissances Un grand nombre de programmes de formation des trois niveaux d'enseignement (secondaire, collégial et universitaire) offrent aux élèves la possibilité d'effectuer des stages. Dans certains domaines d'études, ils sont obligatoires. Leur forme varie selon l'établissement d'enseignement et le programme (voir «Les différentes formes de stages»). Si plusieurs programmes d'études se terminent par un stage, certains intègrent plutôt la formation pratique au fil des années d'études. C'est le concept de l'alternance travail-études. L'Université de Sherbrooke a mis sur pied, en 1966, le premier programme québécois d'alternance dans le cadre de la maîtrise en administration des affaires et du baccalauréat en ingénierie, raconte Renald Mercier, directeur du Service des stages et du placement de cet établissement. «Maintenant, six facultés comptant 26 programmes universitaires offrent le régime coopératif.» Depuis, la plupart des universités du Québec ont adopté la formule, principalement dans les programmes de génie, d'informatique et d'administration. Les baby-boomers vont quitter le marché du travail d'ici à une ou deux décennies et il faut commencer à préparer la relève, soutient Renald Mercier pour expliquer la popularité de la formule. Il devient urgent de former les jeunes et de leur transmettre les connaissances des travailleurs actuels avant que ceux-ci ne prennent leur retraite. Selon Gérald Boutin, directeur du bureau de la formation pratique de la faculté des sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), la formation ne devrait pas être fondée sur les simples notions d'acquisition de compétences et d'application de «recettes». Le directeur préconise une approche réflexive, où le stagiaire analyse son expérience d'apprentissage et ne se contente pas d'imiter le formateur. «Le stage est plus qu'une transmission des connaissances, dit-il. Il permet à l'étudiant de développer son esprit critique, d'échanger avec les personnes du lieu de stage, de valider la théorie apprise et même de l'enrichir. Le stagiaire se développe à la fois aux points de vue personnel et professionnel.» La qualité de l'encadrement de l'étudiant est primordiale pour que le stage lui soit réellement bénéfique. Un professeur ou un coordonnateur de stage encadre l'étudiant sur le plan pédagogique, un peu comme un mentor ou un coach. Il s'assure que le stage choisi soit pertinent pour l'étudiant, en détermine les objectifs et effectue un suivi régulier pour vérifier que ces objectifs seront atteints en fin de parcours. Du côté de l'employeur, le responsable ou superviseur de stage participe aussi à la définition des objectifs du stage et agit à titre de supérieur immédiat du stagiaire. Il doit l'encadrer étroitement pour s'assurer qu'il acquiert les compétences et l'expérience visées. Une fois le stage terminé, le superviseur rédige un rapport ou une évaluation du travail du stagiaire. Le succès d'un stage pour un étudiant et son employeur réside dans les retombées positives de part et d'autre : quand personne n'a perdu son temps et que tout le monde a grandi dans l'expérience! À la recherche d'un stage Dans la majorité des établissements d'enseignement, il existe un bureau des stages ou une personne attitrée à la coordination de la formation pratique. Parfois, ce service est en quelque sorte un bureau d'emploi affichant des offres de stages. Dans certains domaines, les employeurs affluent davantage qu'ailleurs. C'est le cas notamment des milieux scientifiques, techniques et de l'enseignement. Les futurs stagiaires ont l'embarras du choix! Dans d'autres cas, le service des stages fournit plutôt de l'aide à la recherche que des offres officielles. «Nous encadrons les étudiants en les aidant à préparer leur CV et à déterminer quelles fonctions ils veulent occuper, explique Annie Chaumont, agente de stage à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM. Quand nous recevons des offres de stages de la part d'employeurs, nous agissons aussi comme une agence de placement dans le processus de recrutement.» Avec près de 60 élèves par année à la recherche d'un stage obligatoire, Maxime Joly, coordonnatrice des stages en tourisme au Collège Mérici, à Québec, ne peut trouver des postes pour tout le monde. Aussi, son mandat et celui du cours Plan de carrière, que tous les élèves suivent à l'automne, consistent à préparer les jeunes au marché du travail : rédiger un CV et une lettre de présentation, passer des entrevues, établir un plan de stage avec l'employeur, signer une entente tripartite (collège, élève, employeur), etc. «L'année dernière, 22 % de nos élèves ont fait un stage à l'extérieur du Québec, notamment en Nouvelle-Zélande, en France et en Chine», souligne Maxime Joly. Le tourisme est un domaine d'études propice à l'expérience internationale et les élèves sont de plus en plus intéressés à faire leur stage à l'étranger. Plusieurs programmes de stages et d'échanges internationaux sont offerts entre autres par des organismes comme l'Agence Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse, l'Office Québec-Amériques pour la jeunesse et l'Office franco-québécois pour la jeunesse, et par le ministère des Relations internationales du Québec (programmes Découvrons le monde). Le ministère de l'Éducation du Québec (MEQ) offre quant à lui le Programme de bourses pour de courts séjours d'études universitaires à l'extérieur du Québec, communément appelé «bourses de mobilité du MEQ». Cette aide financière de 750 $ à 1 000 $ par mois couvre une partie des frais de transport et de subsistance pour des études, un stage ou un projet de recherche à l'étranger d'une durée de deux à huit mois. Les élèves intéressés à faire un stage à l'étranger peuvent obtenir plus d'information auprès du bureau des stages ou des services aux étudiants de leur établissement scolaire. Avec ou sans rémunération? Dans certains programmes d'études, les stages doivent obligatoirement être rétribués. Dans d'autres, ils sont obligatoirement bénévoles! Entre ces deux extrêmes, les employeurs sont libres d'offrir ou non un dédommagement. Les élèves en tourisme du Collège Mérici, doivent effectuer leur stage sans rémunération. Celui-ci débute lors de leur dernière session d'études, à la mi-mars, et dure huit semaines. «Bien souvent, les stagiaires demeurent en poste pour la haute saison touristique estivale, dit Maxime Joly. Le stage est en quelque sorte une période de probation bénévole où les employeurs mettent les élèves à l'essai, avant de leur offrir un emploi d'été si l'expérience s'est bien déroulée.» Le «bénévolat» est aussi de mise pour l'ensemble des étudiants des baccalauréats en éducation et en enseignement, puisque leurs quatre stages obligatoires (totalisant 750 heures) ne sont pas rémunérés. Mais les étudiants en sciences, notamment les futurs ingénieurs, n'ont généralement pas ce souci. Dans le cadre du régime coopératif offert maintenant dans la plupart des universités, ils font quatre ou cinq stages de 15 semaines chacun, rémunérés bien souvent au-delà du salaire minimum. Un revenu qui aide à payer les études, le loyer et... «les déménagements», lance Daphné Fréchette, qui a suivi ses cours en génie à l'Université de Sherbrooke, mais qui a fait ses stages au Lac-Saint-Jean, à Montréal et à Calgary. «On apprend à voyager léger, à louer des chambres meublées et à développer un réseau de contacts pour sous-louer des appartements!» Les différentes
formes de stages Travailler... à l'école |
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