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par Emmanuelle Gril

«Les francophones diplômés d’un établissement anglophone sont avantagés, car les employeurs craquent pour les candidats bilingues, familiers avec les deux principales cultures du Québec.

Le bilinguisme ouvre davantage de portes et il y a différentes façons d’apprendre l’anglais. Fréquenter un établissement de langue anglaise est l’une d’entre elles, mais on peut aussi voyager, travailler dans un milieu anglophone ou effectuer un séjour en immersion, par exemple. Ce sont autant d’expériences valables qui fournissent un bagage intéressant», affirme Caroline Villeneuve, présidente du secteur orientation de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation et des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec.

Par ailleurs, elle estime que maîtriser l’anglais n’est pas une raison pour négliger le français. «Si la personne n’a pas de bonnes aptitudes en français, au bout du compte elle ne sera pas avantagée. Elle peut très bien parler deux langues, mais ne posséder convenablement ni l’une ni l’autre.» Et dans ce cas, il y a fort à parier que les employeurs ne se bousculeront pas au portillon…

Sylvie Boucher, responsable du centre d’emploi du Collège John Abbott, précise pour sa part que les francophones diplômés de cet établissement sont recherchés par les recruteurs. «Ces élèves ont relevé des défis importants. Ils ont donc acquis une plus grande confiance en eux et les employeurs le sentent. C’est toute une expérience et ils en tirent une excellente capacité d’adaptation.»

Gregg Blachford, directeur du Centre de placement et carrières de l’Université McGill, partage cette opinion. «Les francophones qui étudient en anglais font de gros efforts pour apprendre la langue, car certains parlent peu à leur arrivée chez nous. Cela en fait des individus travaillants, qui possèdent une grande flexibilité.» Autant de qualités prisées sur le marché du travail.

Sylvie Boucher estime qu’un tel cheminement scolaire est fort utile lorsqu’on souhaite travailler à l’international ou dans un secteur où la connaissance de l’anglais est indispensable, comme celui des affaires ou du commerce de détail. M. Blachford, quant à lui, ne précise pas de domaines en particulier. «De façon générale, au Québec, beaucoup d’employeurs recherchent des diplômés bilingues. Les entreprises peuvent avoir des clients aux États-Unis ou dans le reste du Canada, et dans ce cas, la connaissance de l’anglais est essentielle.»

«Chez nous, la majorité des étudiants francophones se retrouve en administration, précise David McBride, chargé des relations publiques à l’Université Bishop’s. Leur bilinguisme les avantage énormément sur le marché du travail. De plus, les anciens de l’Université constituent une communauté qui se serre les coudes. Ils sont aux quatre coins du Canada, et un peu partout dans le monde. Cela peut aider quand on cherche un premier emploi.»

Le directeur ajoute que ces étudiants disposent aussi d’un avantage non négligeable. «Ce n’est pas seulement une question de langue, mais aussi de culture. Ainsi, dans leurs bureaux situés ici, les multinationales veulent généralement avoir un Québécois pour mieux comprendre la réalité québécoise.» Conclusion : avoir des employés bilingues et biculturels, c’est bon pour les affaires!




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