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Tout un arsenal
Ainsi, les gouvernements provincial et fédéral mettent le paquet pour favoriser la création d’entreprises en région. Congé fiscal de 10 ans pour les PME qui s’implantent, Fonds d’intervention économique régional (FIER), programme d’Action concertée de coopération régionale de développement (ACCORD), Centres locaux de développement, Carrefours de la nouvelle économie, Sociétés d’aide au développement des collectivités… Alouette.

Depuis 2005, le gouvernement Charest prévoit même des mesures spéciales pour réparer les pots cassés, comme le Fonds d’aide aux municipalités mono-industrielles de 30 millions de dollars sur 3 ans alloué dans le budget 2005-2006.

De plus, le ministère québécois du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation a mis sur pied un réseau de veille dans les villes mono-industrielles. Des agents du gouvernement travaillent de concert avec l’entreprise principale et interviennent quand elle est en difficulté financière. Par exemple, ils aident l’employeur à repositionner son produit ou à revoir ses stratégies de marketing. Par ailleurs, le ministère a refusé de divulguer au Magazine Jobboom le nom des villes qu’il juge à risque et n’a pas voulu s’avancer quant à leur nombre.

Cela dit, aussi abondantes soient-elles, ces stratégies gouvernementales ne font pas l’unanimité. «On ne sent pas qu’il existe un plan de match précis pour faire face aux problématiques des régions-ressources, affirme le maire de Baie-Comeau, Ivo Di Piazza. Qu’est-ce que le gouvernement entend faire, par exemple, par rapport aux perspectives démographiques pessimistes? N’y a-t-il pas lieu d’avoir une politique dynamique d’occupation du territoire? On pourrait, par exemple, donner des crédits d’impôt aux jeunes qui reviennent s’établir dans leur région natale après leurs études.»

Ivo Di Piazza déplore aussi les fouillis administratifs engendrés par les programmes d’aide. «Les entrepreneurs perdent leur latin quand vient le moment d’avoir recours à ces fonds. Ils ne savent pas quel programme choisir, à qui s’adresser et comment remplir les formulaires compliqués.»

D’aventure en aventure
En dépit de ces difficultés, des projets prometteurs voient le jour dans de petites villes. «Dans le Bas-Saint-Laurent, on mise sur la production de bois transformés pour les revêtements, explique le sociologue Serge Côté, également chercheur pour le Groupe de recherche sur la migration des jeunes. En Gaspésie et sur la Côte-Nord, l’éolien génère de plus en plus d’activité économique. Les biotechnologies marines sont également en émergence.»

«On découvrira toujours de nouveaux gisements [ex. : la recherche de diamants dans les monts Otish, dans le Nord-du-Québec] ou de nouvelles façons d’exploiter nos ressources naturelles, estime Marc-Urbain Proulx. Regardez Sept-Îles! Grâce à l’aluminium, cette ville a stoppé son déclin causé par la crise de l’acier.» D’ailleurs, le secteur minier reprend du poil de la bête au Québec. Statistique Canada indique qu’en 2005, l’emploi dans ce domaine a bondi de 12,3 %.

Mais attention : «Il faut savoir miser sur les bons chevaux, remarque Marc-Urbain Proulx. Autrement, on gaspille les fonds publics.» Les économistes interviewés s’entendent sur ce point : l’aide gouvernementale doit être distribuée avec discernement, selon une logique économique (et non électoraliste!). «Les autorités sont là pour déterminer quels sont les projets porteurs et donner un coup de pouce financier temporaire, expose Bernard Vermot-Desroches. Mais personne ne gagne à mettre une entreprise sous respirateur artificiel.»

Un exemple souvent cité pour illustrer ce genre de gâchis : la Société Papiers Gaspésia, à Chandler. Le gouvernement péquiste a investi des centaines de millions de dollars pour relancer l’usine délaissée par Abitibi-Consolidated en 1999. Mais les travaux de modernisation ont tellement dépassé les coûts prévus que le chantier a été stoppé en 2004.

Malgré cet échec, le maire de Chandler, Claude Cyr, refuse de jeter des pierres à qui que ce soit. «Le gouvernement a fait ce qu’il avait à faire. Il n’était pas seul dans cette histoire : Tembec, la SGF, le Fonds de solidarité étaient aussi impliqués. Il y a eu un manque de planification. On s’acharne sur cette histoire, alors que les dépassements de coûts pour le métro de Laval sont bien pires que pour la Gaspésia. Selon moi, c’est parce que ça s’est passé en Gaspésie. Tout le monde pense qu’on a reçu assez d’aide du gouvernement et qu’il faudrait maintenant se débrouiller seul. Mais moi, je crois qu’il faut partager la richesse.»




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