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[Mode de vie] Quête spirituelle? Comment expliquer que des gens soient prêts à payer pour se mettre dans des situations éprouvantes?Toutefois, il n'est pas nécessaire de délier les cordons de sa bourse lorsqu'on est à la recherche d'authenticité. Georges-Henri Arenstein, un psychologue de la région de Montréal, a fondé un cabinet appelé L'Authentique, où sont offerts séminaires et consultations. Il tente d'amener les gens à intégrer cette valeur à leur quotidien. Ce défi consiste à orienter sa vie en fonction de ses désirs réels. «L'authenticité, c'est d'être en paix avec soi-même. Il faut accorder ce que l'on fait et ce que l'on veut afin d'être cohérent. C'est le travail d'une vie.» Toujours selon Georges-Henri Arenstein, cette quête n'est pas une invention contemporaine, mais une réalité qui échappe au temps. «Les gens n'osent pas faire des choix selon leurs besoins profonds, car il y a toujours les conventions, la bienséance, et c'est difficile de dire non aux autres. Mais lorsqu'on ose enfin être authentique, c'est un petit bonheur que l'on s'accorde.» Authenticité maison C'est le petit bonheur que s'accorde François Privé, un professeur en philosophie au Collège d'Alma. Préoccupé par le type de planète qu'il léguerait à ses enfants, il a décidé de changer sa façon de vivre il y a maintenant huit ans. Il a vendu sa voiture et revu ses habitudes de consommation, remettant même en question les traditionnels cadeaux de Noël. «Quand tu te demandes si tes proches ont besoin d'une râpe à pelure d'orange, il y a un problème. J'ai fait le tour de ma famille pour leur dire que ma maison était déjà épouvantablement encombrée et que je n'avais besoin de rien!» Mais sortir de la dictature de la société de consommation correspond à porter une étiquette, remarque-t-il. «On est exigeant envers ceux qui veulent vivre différemment. Si on me surprend à acheter du café qui n'est pas équitable, on me juge immédiatement. Mais pour moi, être authentique, c'est d'abord être honnête avec soi-même, ne pas forcer les choses.» Son désir de vivre dans un monde plus humain et plus écologique a amené François Privé à se porter candidat pour le NPD lors de la dernière élection fédérale. Il est d'ailleurs parti à la rencontre de ses électeurs en faisant le tour de la circonscription de Roberval–Lac-Saint-Jean... à pied. Il a parcouru plus de 200 kilomètres, militant par le fait même pour un service de transport en commun efficace dans la région. Entre deux chaussettes mouillées, il a vécu une expérience inoubliable. «Les paysages étaient à couper le souffle, et les gens m'ont bien accueilli. Une dame est même sortie de sa maison pour m'offrir du sucre à la crème!» Avant de changer de carrière ou de tout quitter pour aller aider son prochain, une réflexion s'impose, souligne le psychologue Guy Corneau. «Il faut se demander ce qui nous fait vibrer, ce qui nous donne le goût de vivre. C'est peut-être faire de la cuisine ou du bénévolat. Si on trouve une réponse, on peut ensuite prendre les moyens pour y accorder du temps.» Qu'on le veuille ou non, le bonheur passe par l'authenticité, que ce soit au moyen d'activités ponctuelles ou, de façon plus intensive, au quotidien. «Il n'y a pas de vie heureuse si on n'arrive pas à y trouver un sens», conclut Guy Corneau. |
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