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[Formation | Emploi]

Question de taille
Les PME éprouvent des difficultés particulières à trouver des candidats possédant les compétences nécessaires. Elles font toujours face à du personnel trop qualifié, ou pas assez. «Mais nous travaillons à mettre en place une formation destinée aux mélangeurs, en collaboration avec le Collège Gérald-Godin [dans l’ouest de l’île de Montréal]», affirme Francine Jeannotte.
Le problème ne se pose pas dans les grandes entreprises. Ainsi, chez Pétromont, une entreprise pétrochimique de 340 employés possédant des usines à Varennes et à Montréal-Nord, les techniciens de procédés embauchés sont obligatoirement titulaires d’un diplôme d’études collégiales ou d’une attestation d’études collégiales en techniques de procédés chimiques, indique le directeur des ressources humaines, Guy Saint-François.
Dans les grandes entreprises, les conditions de travail sont parfois exigeantes – par exemple, des quarts de travail de 12 heures dans le cas des techniciens de procédés et beaucoup de temps passé à l’extérieur, lorsqu’on les dépêche là où se trouvent les installations. Elles sont cependant compensées par de très bons salaires et des avantages sociaux. Par exemple, un technicien débutant chez Pétromont touche un salaire horaire d’environ 23 $, qui pourra atteindre 33 $ au fil du temps et de l’expérience.
Dans les petites entreprises, une autre réalité prévaut. On y offre généralement des salaires inférieurs (entre 11 $ et 22 $ l’heure), et les candidats moins scolarisés sont prisés. «On peut former nos employés en entreprise, car le procédé de fabrication de nos produits n’est pas aussi complexe que dans la grande industrie», dit Serge Daigneault, directeur des opérations chez Adjuvant Euclid Canada, un fabricant d’additifs pour béton de la Rive-Sud de Montréal. Le mélangeur y travaille donc avec des équipements moins sophistiqués et est la plupart du temps confronté à moins de pépins, ce qui peut rendre la tâche plus routinière. «Mais il n’y a pas de quarts de travail la nuit ni la fin de semaine», précise Serge Daigneault.
En raison notamment de normes plus sévères en regard de la qualité des produits, les petites entreprises œuvrant dans les domaines pharmaceutique, alimentaire et cosmétique offrent généralement des salaires supérieurs à ceux des autres sous-secteurs de la chimie.
Ça change!
Univers traditionnellement masculin, l’industrie de la chimie, de la pétrochimie et du raffinage tend cependant à se féminiser, selon Marc Lessard, conseiller pédagogique à l’Institut de chimie et de pétrochimie. «Un tiers de nos étudiants sont des femmes», affirme-t-il. Cependant, la présence féminine ne semble pas encore se faire sentir sur le terrain. Chez Pétromont, par exemple, parmi les 70 techniciens de production, seulement 2 sont des femmes. Chez Adjuvant Euclid Canada, une seule est technicienne de laboratoire, sur sept personnes travaillant à la production.
L’image de pollueuse, longtemps associée à cette industrie, elle se dissipe peu à peu.
Les nouveaux arrivants seraient également de plus en plus nombreux à s’intéresser à cette industrie. «Nos groupes d’adultes sont formés à 50 % d’immigrants», soutient Marc Lessard, qui remarque toutefois que ces derniers peuvent avoir du mal à se trouver un emploi, une fois le diplôme obtenu. «Les entreprises misent beaucoup sur le travail d’équipe. Si elles jugent qu’un employé aura de la difficulté à s’intégrer, elles ne l’embaucheront pas.»
Quant à l’image de pollueuse, longtemps associée à cette industrie, elle se dissipe peu à peu. Les entreprises de la chimie et de la pétrochimie sont assujetties par les gouvernements fédéral et provinciaux à un ensemble de lois et de règlements visant à protéger l’environnement et à atténuer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs et de la population. Par exemple, de nombreuses dispositions sont prises à propos de la gestion des eaux usées, des matières résiduelles ou des matières dangereuses. Il existe également pour les entreprises un programme volontaire de gestion responsable, défini par l’Association canadienne des fabricants de produits chimiques.
Cependant, encore une fois, la taille des entreprises détermine jusqu’à un certain point l’importance donnée au volet environnemental. Selon Francine Jeannotte, «toutes les grandes entreprises ont des équipes vouées à la santé et la sécurité au travail ainsi qu’à la protection de l’environnement. Pour les petites, cela dépend de ce qu’elles fabriquent». Ainsi, chez Pétromont, quatre personnes travaillent au volet environnement. Il n’y en a aucune chez Adjuvant Euclid Canada, mais on affirme mettre de plus en plus l’accent sur les procédures de sécurité.
Lentement, mais sûrement, l’industrie évolue.

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