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[Mode de vie]
Chacun son REÉR
Pour certains travailleurs, la planification financière n'est pas qu'une question de chiffres, c'est aussi une question de besoins immédiats. Portraits.
Stéphane, 37 ans, concepteur de jeux vidéo
«Je fais un bon salaire, mais je n’ai pas de REÉR. Je ne trouve pas cela très alléchant comme forme d’épargne : acheter des REÉR diminue mes impôts, d’accord, mais j’en paierai quand même quand je les retirerai à 65 ans! Les REÉR ont remplacé les fonds de retraite que les travailleurs avaient avant, mais je ne crois pas que ce soit une bonne chose : pour moi, les REÉR, c’est la privatisation de nos retraites et le chacun-pour-soi, un peu comme la privatisation de la santé et la médecine à deux vitesses que cela va créer. Mais, ceci dit, si quelqu’un m’en donnait, c’est sûr que je les prendrais!»
Judith, 35 ans,
technicienne en architecture
«Je cotise depuis environ huit ans à un REÉR. Je trouve cela intéressant parce que ça me sauve des impôts, mais je ne stresse pas avec ça. S’il me reste des économies à la fin de l’année, j’en mets une partie dans mes REÉR. Sinon, tant pis. Cette année, par exemple, j’ai rénové ma cuisine, et l’argent des REÉR est passé dans une porte patio. Les banques suggèrent d’investir annuellement coûte que coûte dans son REÉR, mais c’est un conseil général qui ne s’applique pas à tout le monde.»
Jonathan, 29 ans, enseignant au primaire
«Je travaille à temps partiel pour avoir le temps de faire de la musique. Je n’ai donc pas assez d’argent pour cotiser à un REÉR. D’ailleurs, je n’aime pas trop les publicités pour ce produit-là. Elles ont un relent de catholicisme : elles nous disent que, pour avoir droit au ciel demain, il faut se sacrifier aujourd’hui. Mais rien ne dit que ceux qui attendent la retraite pour jouir de la vie seront capables de le faire le moment venu! Moi, je n’ai pas envie d’attendre d’être vieux pour voyager.»
Nathalie, 41 ans,
préposée à l’entrée de données
«Les publicités te font croire que c’est pour ton bien que tu dois acheter des REÉR, mais les institutions financières en profitent elles aussi : ce sont elles qui gardent ton argent! Je vois beaucoup de gens qui se privent afin d’économiser pour leurs vieux jours, puis qui tombent malades une fois à la retraite. J’ai des REÉR depuis seulement un an parce que mon argent, j’en ai besoin maintenant! Je préfère dépenser pour des activités que j’aime parce que je ne sais pas dans quel état je serai dans 20 ou 30 ans.»
La cigale contre-attaque
Chacun son REÉR

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