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  [Formation | Emploi]
Isabelle Charron, conservatrice adjointe et historienne au Musée canadien des civilisations
Aide-mémoire

propos recueillis par Julie Leduc / photo : Patrice Bériault

Trouver l’humain derrière l’objet, c’est ce qui me passionne. Presque tous les jours, je parcours les chambres fortes du musée, où dorment des milliers d’artefacts. Je cherche les perles rares qui s’ajouteront aux différentes expositions.

On trouve de tout dans ces chambres fortes : des outils autochtones, des meubles du XVIIe siècle, des costumes d’époque, un os de mammouth. Quatre étages d’objets étalés sur des tablettes qui montent souvent jusqu’au plafond! On dirait d’immenses garde-robes où l’on conserverait des vêtements chics réservés aux occasions spéciales.

C’est silencieux, c’est calme. C’est sombre aussi, car la lumière pourrait abîmer certaines matières comme les tissus. Quand je me promène dans la pénombre d’une allée de bustes anciens, j’ai parfois l’impression d’être dans une maison hantée. Il n’y a pas de téléphone, pas d’intercom, aucun moyen de me déranger dans les chambres fortes.

Sans jeu de mots, je dois mettre mes gants blancs pour toucher aux objets. Ils représentent pour le musée des trésors qu’il faut protéger. J’espère que dans 200 ans ils seront encore là pour témoigner de l’histoire.

Pour moi, la beauté d’un objet réside dans l’histoire qui l’entoure. Le musée possède, par exemple, une très belle horloge du XVIIIe siècle qui aurait été offerte par le roi Louis XV à Charles LeMoyne, sieur de Longueuil. Esthétiquement, elle est magnifique, mais le fait de savoir d’où elle vient et à qui elle a appartenu lui donne toute sa valeur.

Un autre bijou de la collection : un astrolabe [un instrument de navigation] portant une date gravée de 1603. Il a été découvert au XIXe siècle sur le parcours de Samuel de Champlain, le fondateur de Québec. En 1613, il mentionne dans ses écrits qu’il a perdu cet instrument. On ne peut pas le certifier, mais tout indique qu’il s’agit du sien.

Prêter une pièce de collection pour le tournage d’un film d’époque? C’est hors de question : ce serait un sacrilège!


 
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