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  [Formation | Emploi]
Les alliances dans l'industrie pharmaceutique
À deux, c'est mieux

par Marie-Hélène Proulx

C’est David qui se promène bras dessus, bras dessous avec Goliath. Depuis cinq ans, petites firmes biotechnologiques et géants pharmaceutiques du Québec multiplient les partenariats pour développer ensemble de nouveaux médicaments. Une stratégie de survie pour la bio-industrie, qui lutte contre vents et marées pour rester debout.

Martin Leblanc, vice-président directeur de Caprion, est catégorique : sans ses alliances avec des big pharmas, comme on les appelle dans le milieu, l’entreprise biotechnologique qu’il a cofondée à Montréal en 1998 serait probablement rayée de la carte.

«La preuve, c’est que les autres firmes québécoises qui ouvraient comme nous dans le secteur des technologies protéomiques [la méthode par laquelle on identifie les protéines qui font défaut quand on est malade] sont maintenant fermées, affirme-t-il. C’est en bonne partie parce qu’elles n’ont pas été capables de conclure des ententes de recherche avec des compagnies pharmaceutiques. En ce moment, ces partenariats sont une condition sine qua non de notre avenir.»

C’est que les temps sont durs pour la biotechnologie spécialisée en santé, un secteur qui fait pourtant l’orgueil du Québec au chapitre de l’innovation. Sur la centaine d’entreprises québécoises qui emploient 3 000 scientifiques, 20 % connaissent de «très graves difficultés», selon Perry Niro, directeur général de BIOQuébec, le réseau d’affaires québécois des bio-industries et des sciences de la vie. «Et la moitié des entreprises auront des ennuis si elles ne trouvent pas de financement d’ici à deux ans», ajoute-t-il.

Le noud du problème : des investisseurs frileux qui ont peur d’y laisser leur chemise, vu le risque que représente la biotechnologie. En effet, seule une molécule sur 10 000 a des chances de devenir un jour un médicament commercialisé. Ce qui prend environ 12 ans de recherche. et coûte jusqu’à 1,3 milliard de dollars, rapportent les spécialistes de l’industrie.

«Pendant les années 1990, le capital de risque a beaucoup investi dans les compagnies biotechnologiques, explique Martin Leblanc. Or, nombre de ces petites entreprises avaient de bonnes idées, mais pas de plan d’affaires qui se tenait. Elles se sont effondrées au premier coup dur, minant ainsi la confiance des investisseurs.»

Parmi celles qui ont survécu, plusieurs ont dû se serrer la ceinture pour tenir le coup, en coupant notamment dans la main-d’ouvre. Une enquête réalisée par BIOQuébec en 2005 révélait que 30 % des 46 entreprises biotechnologiques interviewées avaient dû faire des mises à pied en 2004.




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