









|
|
[Formation | Emploi]
Petit deviendra grand
par Corinne Fréchette-Lessard
La famille des programmes d’enseignement universitaire, longtemps restreinte au trio baccalauréat-maîtrise-doctorat, ne cesse de s’élargir. Et le dernier-né, le microprogramme, se multiplie à la vitesse de l’éclair dans les universités de la province.
Parmi toutes les nouvelles formations introduites dans les universités du Québec au cours des deux dernières années, près d’une quarantaine ne comptent qu’entre 9 et 15 crédits (comparativement à 30 pour un certificat de premier cycle, par exemple). Bien que certains de ces microprogrammes – également appelés programmes courts – s’adressent surtout à des personnes en mal de culture personnelle, la plupart constituent des programmes de formation continue dans des domaines bien ciblés, comme l’indique un échantillon des sujets abordés : pratique infirmière en région éloignée, aspects humains de l’organisation, activité physique adaptée, contrôle du tabagisme, etc.
Souvent élaborés directement à partir des besoins de perfectionnement des entreprises ou des organismes du secteur public, ces programmes courts permettent aux universités d’attirer un nouveau genre d’étudiants : les professionnels en emploi. «La majorité des étudiants inscrits dans les microprogrammes sont déjà sur le marché du travail, explique Hélène David, vice-rectrice adjointe aux études à l’Université de Montréal. Ils souhaitent se ressourcer, gravir des échelons ou réorienter leur carrière.» À titre d’exemple, elle cite un programme court en administration de l’éducation qui permet aux enseignants d’accéder à des postes de direction dans leur école.
Autre avantage pour les établissements d’enseignement : ces formations sont simples à gérer et faciles à mettre sur pied. «Ces programmes ne coûtent pratiquement rien, car la majorité sont formés de cours déjà offerts dans le cadre de différents programmes longs, regroupés autour d’une thématique», indique Jean Wauthier, directeur du Service des affaires publiques à l’Université du Québec à Chicoutimi. Si les formations n’attirent pas autant de gens que l’espèrent les facultés, celles-ci peuvent les interrompre sans mettre en danger l’existence des cours qui les constituent.
Les microprogrammes proposent également un ensemble de cours, généralement de deuxième cycle, qui n’exige pas le même engagement qu’un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) ou qu’une maîtrise. La formation peut souvent être suivie à temps partiel à raison d’un cours par semestre, le soir après le travail. Et la structure des formations fait en sorte qu’un étudiant qui termine un microprogramme peut facilement poursuivre au DESS ou à la maîtrise dans le même domaine en faisant reconnaître certains des cours réussis. «Cet assouplissement permet à plus de gens d’avoir accès aux études supérieures», estime Hélène David. «S’assurer que les diplômés continuent d’évoluer dans leur domaine fait partie du rôle des universités», conclut Jean Wauthier.
Disciplines bizarroïdes
EXIT le «cours» classique
Petit deviendra grand
Les principaux programmes universitaires implantés au Québec depuis l’automne 2005

|
|