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Stéphane Brisebois
Une question d’aptitudes
Sur le plan du travail, la chance n’est pas tant une question d’attitude que d’aptitudes, pense Daniel Mercure, sociologue du travail et professeur à l’Université Laval. Il s’appuie sur l’étude Les entreprises et l’emploi (Les Publications du Québec), qu’il a coréalisée il y a sept ans auprès de 680 entreprises. «On a découvert à notre grande surprise que les employeurs privilégiaient de plus en plus certaines aptitudes par rapport à la formation et à l’expérience.» Cette tendance s’est d’ailleurs confirmée depuis, estime-t-il.

Pourquoi certaines personnes font toujours des choix judicieux, alors que d’autres prennent sans cesse le mauvais chemin?
Polyvalence, habiletés relationnelles, aptitude à travailler en équipe, flexibilité, capacité d’analyse et de synthèse, goût du travail. Voilà autant de qualités que tout bon candidat doit idéalement posséder pour courir «la chance» d’être embauché. Le chercheur explique qu’après la récession de 1979-1982, les entreprises ont développé des modes de fonctionnement davantage fondés sur la flexibilité des outils de production et la polyvalence de la main-d’ouvre. «Ces développements conditionnent une manière de travailler en équipe. Les rapports avec les collègues deviennent de plus en plus nombreux, les groupes de résolution de problème prennent de l’importance et les tâches sont plus diversifiées. Tout cela renvoie à un ensemble d’aptitudes.»

Quiconque souhaite les acquérir avant d’entrer sur le marché du travail aura le loisir de le faire, par exemple, en participant à la vie associative de son école ou aux activités parascolaires. «Ce n’est pas pour rien que, dans les entrevues d’embauche, on pose plein de questions sur les activités parallèles à celles menées au travail. On essaie de mesurer ces aptitudes de base qui font que vous pouvez fonctionner dans un monde de plus en plus marqué par la flexibilité.»

Voilà le genre d’aptitudes qui ont récemment joué en faveur de Stéphane Brisebois, un entrepreneur de 37 ans qui a appris le métier de gestionnaire sur le tas. Si l’une de ses entreprises a échoué, d’autres ont si bien marché qu’il a pu se permettre de mettre la clé sous la porte et de voyager pendant près de deux ans!
«La chance, c’est de parvenir à réaliser tous ses rêves. Je pense que j’ai de la chance parce que j’y suis parvenu. Et ce n’est pas fini!»
— Stéphane Brisebois, 37 ans, spécialiste en gestion de programme, Bombardier
En 2005, sans diplôme de management et trentième candidat en lice pour un poste de gestion de programme chez Bombardier, il a réussi à faire pencher la balance en sa faveur.

«Pour obtenir ce poste, je me suis tapé des livres de gestion de haut niveau et j’ai passé une entrevue qui a duré quatre heures, se souvient-il. Quand on m’a demandé comment je ferais pour gérer mes frustrations, j’ai répondu : en jouant du piano avant de dormir! Ça a fait rire mon interlocuteur!» Et par «chance», Stéphane a décroché l’emploi.




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