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[Formation | Emploi]
L’avenir des TIC
TIC de langue
Blog, hotspot, phishing, junk mail, PC, mailing list, newsletter, wi-fi… Comment franciser les expressions des TIC avant que l’anglais ne s’impose? Méchant bogue!
En 2003, soit 21 ans après la transmission du premier courrier électronique, l’Académie française validait enfin l’usage du mot courriel. Une belle victoire pour le Québec qui, l’espace d’un mot, s’est retrouvé au panthéon de la langue.
Cependant, il ne s’agit que d’une seule victoire. Des propositions d’équivalents français à des mots
anglais désignant les TIC, l’Office québécois de la langue française (OQLF) en a plein les poches : fureteur, plugiciel, bavardrague, hameçonnage, bombarderie et plusieurs autres qui ne font pas mouche à tout coup. Ce qui ne l’empêche pas de réagir rapidement face à l’intrusion de nouveaux mots anglais dans notre langue.
D’ailleurs, la rapidité de l’intervention est décisive dans l’adoption de ces nouveaux termes. «Le domaine des TIC représente un défi particulier pour les terminologues, notamment à cause de son aspect néologique, note Yolande Perron, terminologue de l’OQLF. Ce défi consiste pour nous à produire, proposer et diffuser rapidement une terminologie française juste, fiable et pertinente, immédiatement utilisable, avant que les termes techniques anglais ne soient entrés dans l’usage.» Dans ce contexte, comment les néologismes québécois parviennent-ils aux oreilles de nos cousins français? «Dans les TIC, si l’OQLF influence l’usage terminologique en France, c’est donc essentiellement par l’entremise du Grand dictionnaire terminologique en ligne. Cette influence est facilement observable dans Internet, où on a pu constater à maintes reprises qu’un grand nombre de sites Web français reproduisent des extraits du GDT», ajoute-t-elle.
Toutefois, la terminologue observe que les termes venant d’ailleurs n’ont pas forcément la cote chez les Français. «Il semble exister, chez certains membres de l’Académie française, une réticence face à certains procédés de formation des mots de l’OQLF, perçus comme de simples jeux de mots et que nous utilisons parfois dans les TIC, par exemple, clavarder, pourriel», souligne Yolande Perron. Malgré les efforts des gardiens de la langue, il arrive que le public semble préférer la terminologie ou la prononciation anglaise : à la suite de l’échec de causette, un terme qui ne s’est jamais implanté en France, des terminologues de l’Hexagone ont déjà proposé la graphie tchate pour traduire un chat.
Mais rien n’est perdu. «En néologie, les choses peuvent encore changer, la langue des TIC est évolutive et son implantation s’inscrit dans le temps. Plusieurs années sont parfois nécessaires avant qu’un terme s’impose véritablement dans l’usage», dit-elle. Ce fut le cas pour courriel, qui ne figurait pas dans le vocabulaire officiel de l’Académie française, mais qui y a été ajouté parce qu’il s’était répandu spontanément dans l’usage des Français. Quel sera le prochain?
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