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[Formation | Emploi] L'avenir des TICLendemains de veille par Jean-François Perreault
Il y a cinq ans éclatait la bulle des technos. Du jour au lendemain, les flamboyants golden boys de la nouvelle économie ont perdu leur éclat. Aujourd'hui, l'industrie des technologies de l'information et des communications se redresse doucement, mais elle doit relever d'autres défis, dont la menace indienne.
«Le pire est en arrière, mais on ne palpe pas de croissance présentement.»«Il y a certainement eu un recul, mais on ne peut pas parler d'hécatombe», dit Éric Lacroix, directeur Enquêtes et Veille stratégique au Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO). «L'effet s'est fait davantage ressentir chez les équipementiers en télécommunications. On s'en rend bien compte en passant devant les stationnements déserts de chez Nortel à Saint-Laurent, par exemple. Mais dans le secteur des services informatiques, l'impact a été beaucoup plus faible. Ce sont aussi les entreprises qui ont basé l'ensemble de leur modèle d'affaires sur Internet, comme certains détaillants ou services de livraison en ligne, qui ont souffert», ajoute-t-il. Philippe Leroux, associé chez VDL2, firme-conseil dans le domaine du marketing et du commerce interactif, ne croit pas que la spéculation boursière soit l'unique responsable de la déconfiture des TIC. Il ne faut pas confondre deux bulles différentes, dit-il : celle de la spéculation frénétique sur les point-coms, et celle du bogue de l'an 2000, envers lequel plusieurs entreprises informatiques affichaient un certain catastrophisme. «Les deux bulles ont éclaté à peu près en même temps, se souvient-il. Cela a contribué à créer un certain carnage dans les emplois liés aux TIC.» Revers pervers Les événements du 11 septembre 2001 et le ralentissement économique qui a suivi dans plusieurs sphères de l'économie ont également eu une influence sur les carnets de commandes des entreprises québécoises. «Ç'a été une période très difficile, puisque la majorité de nos clients étaient aux États-Unis, où l'impact de ces événements s'est fait davantage sentir», note Laurent Proulx, vice-président senior et chef de la technologie chez Nstein Technologies, société qui développe et commercialise des logiciels capables d'analyser et de gérer de grandes quantités d'information dans plusieurs langues. Même si ces débandades n'ont pas été aussi dévastatrices ici qu'au-delà de nos frontières, Montréal a perdu environ 2 000 emplois dans le secteur des hautes technologies entre 2001 et 2003, rapporte Statistique Canada. Notons qu'il existe peu de données précises sur les TIC, puisque la définition même des entreprises faisant partie de ce secteur d'activité varie d'un organisme à l'autre. Par ailleurs, l'absence de financement a rendu la vie difficile aux petites entreprises qui en dépendent. «L'éclatement de la bulle a refroidi les ardeurs des investisseurs en capital de risque», remarque Harold Gendron, coordonnateur de la veille et de l'information de marché chez Alliance numériQC, réseau d'affaires de l'industrie du multimédia et des contenus numériques interactifs du Québec. Et même si «le pire est en arrière, on ne palpe pas de croissance présentement», renchérit Pierre Nelis, vice-président, opérations, au bureau montréalais d'Inno-centre, un incubateur canadien d'entreprises de haute technologie. Les investisseurs se font encore timides dans ce secteur, au point où des sociétés en commandite comme T2C2, qui participent avec d'autres investisseurs à la première ronde de financement d'entreprises prometteuses, ont mis fin à leurs activités dans le secteur des TIC. L'argent n'est tout simplement pas au rendez-vous, nous a-t-on expliqué aux bureaux montréalais de l'entreprise. Alexandre Taillefer en sait quelque chose. Le jeune fondateur d'Intellia (devenue Nurun) dont la plus récente entreprise, Hexacto, est passée aux mains de concurrents américains (JAMDAT Mobile), se souvient encore des refus qu'il a essuyés à la Caisse de dépôt et placement du Québec et à la Banque de développement du Canada alors qu'il cherchait à faire évoluer son entreprise, il y a quelques années. Il considère que les entrepreneurs qui ouvrent dans la nouvelle économie comme les TIC manquent sérieusement d'appuis au pays. «Si j'ai besoin de capitaux à nouveau, je n'irai plus cogner aux portes des sociétés québécoises. J'utiliserai plutôt mes contacts aux États-Unis», répond ce pionnier des TIC. Autre conséquence de la débâcle des point-coms : l'impopularité des disciplines liées à l'informatique. Après avoir connu une hausse continue durant toute la décennie 1990, le nombre d'inscriptions a presque chuté de moitié dans les cégeps et les universités québécoises depuis l'an 2000, remarque Jean-François Dumais, directeur des projets ressources humaines chez TECHNOCompétences, un organisme québécois qui promeut le développement de la main-d'ouvre et de l'emploi dans le secteur des TIC. La chute est particulièrement abrupte au collégial, où les demandes d'admission au DEC en technique de l'informatique sont passées de 4 572 en 1999 à près de 1 239 en 2003. |
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