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  [Formation | Emploi]

Après la pluie, le beau temps
Revigorés par une économie qui se porte plutôt bien, certains secteurs sortent enfin de la grisaille après quelques années déprimantes. C’est le cas des techniques en construction aéronautique, entretien d’aéronefs et avionique. Depuis les attentats de septembre 2001, l’heure était à la morosité au chapitre des perspectives d’emploi. Mais cette année, le Comité sectoriel de la main-d’ouvre en aérospatiale prévoit devoir pourvoir à 3 000 postes. «Les appels des employeurs pour recruter des diplômés ont presque doublé, passant de 140 en 2004 à 240 en 2005, remarque Diane Lamothe, conseillère pédagogique à l’École nationale d’aérotechnique. Plusieurs facteurs viennent stimuler la demande. Par exemple, Pratt & Whitney a annoncé un investissement de 250 millions de dollars, principalement pour le développement de nouveaux moteurs, alors que Bombardier prépare les nouveaux avions de la série C.» Johnny Gauthier remarque aussi une reprise du côté des techniques de pilotage d’aéronefs. «En 2004, nous avons eu un taux de placement de 75 %, ce qui est très bon, compte tenu des difficultés des dernières années.»

Certains secteurs sortent enfin de la grisaille après quelques années déprimantes : c’est le cas des techniques en construction aéronautique, entretien d’aéronefs et avionique.
Après l’éclatement de la bulle technologique, l’informatique semble aussi remonter la pente. En effet, les entreprises entrent dans une période de développement et de mise à jour des systèmes. «Le cycle reprend, remarque Chantal Gingras. En 2004, notre taux de placement était de 90 % en techniques informatiques [informatique de gestion et gestion de réseaux informatiques], et tout indique que 2005 suivra la tendance. En ce moment, j’ai une cinquantaine d’offres d’emploi sur mon bureau, plusieurs faites par des anciens employeurs qui avaient cessé d’embaucher. En 2001, 2002 et 2003, je ne recevais aucune offre d’emploi! Si bien que les classes se sont vidées. C’est tout juste si on a des groupes. L’autre problème, c’est que près de 50 % des élèves poursuivent leurs études à l’université dans ce secteur.»

C’est pas le Pérou
Au milieu des bonnes nouvelles, on note cependant quelques bémols. Cette année, plusieurs cégeps remarquent un ralentissement en électronique. «C’est le calme plat en télécommunications. Les offres sont peu nombreuses et les salaires offerts, peu élevés», remarque Francine Dubé, responsable du traitement des offres d’emploi au Cégep de Maisonneuve. Lise Côté, agente de bureau principale au Cégep de Jonquière, remarque la même baisse : «Les scieries qui embauchaient des diplômés en électronique industrielle connaissent un ralentissement. Les répercussions se font sentir sur le placement.»

«J’ai l’impression qu’on perd des emplois au profit de l’Inde et de la Chine, note pour sa part Lise Geoffroy, conseillère en information scolaire et en placement au Cégep de Victoriaville. Sur 15 diplômés en génie industriel, seulement 5 ont trouvé un emploi lié à leur champ d’études.»
«Tout le monde croit que la forêt ne génère plus d’emplois. Résultat : il y a un manque criant de candidats.»
— Pauline Bonami, cégep de l’Abitibi-Témiscamingue
Le génie mécanique semble aussi traverser une période moins prospère. «Nos élèves ne se placent pas tous, remarque Rolland Laflamme. Mais il faut dire que certains facteurs nuisent aux diplômés, comme le fait de ne pas maîtriser l’anglais ou de ne pas être mobile. Le même constat s’applique d’ailleurs à la maintenance industrielle et à la foresterie.»

Finalement, Jennifer Tremblay remarque une baisse des offres d’emploi en techniques de comptabilité et de gestion dans la région de Québec. «Traditionnellement, les ministères embauchaient beaucoup. Or, cette année, ils sont plus discrets.» Toutefois, cette tendance n’est pas observée dans les autres cégeps interrogés, où l’embauche dans ce domaine va bon train.

Les moins connus
Victimes d’une mauvaise publicité dans les médias, quelques techniques souffrent d’un manque d’inscriptions alors que les offres d’emploi s’accumulent sur les bureaux des conseillers. En tête de liste, le secteur de la foresterie : «Tout le monde croit que la forêt ne génère plus d’emplois, déplore Pauline Bonami, responsable des affaires étudiantes au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. Résultat : il y a un manque criant de candidats. Cette année, une trentaine d’offres de stage en entreprise resteront en suspens. Certes, les scieries connaissent des difficultés, mais pour les diplômés en technologie forestière, il y a beaucoup de travail en reboisement, en exploitation, en plantation.» Annie Marceau, qui travaille au Service de consultation et à la Direction des communications et des affaires étudiantes du Cégep de Sainte-Foy, note cependant qu’il faut accepter d’être mobile et que le travail est saisonnier (du mois d’avril au début de novembre).

Pauline Bonami fait aussi mention d’une forte pénurie de candidats en technologie minérale. «On dit que les mines ferment, qu’il n’y a plus d’emplois, mais c’est le contraire! De nouvelles mines ouvrent et les compagnies continuent de faire de la recherche de gisements, de l’évaluation et de l’arpentage, par exemple. Cette année, on a dû faire du recrutement intensif pour trouver des élèves. En 2004, je n’avais que 11 sortants pour les trois branches de la technique, soit minéralurgie, exploitation et géologie appliquée. Si nous en avions eu le double, ils auraient tous trouvé un emploi.»

L’industrie du textile a aussi été écorchée par les annonces de fermeture d’usines, notamment à Huntingdon. «Si le secteur des vêtements traverse une période très difficile, celui du textile de haute technologie [fabrication d’accessoires médicaux, recouvrement de routes, etc.] se porte à merveille, remarque Lise Chagnon. En 2004, tous les diplômés en design de matériaux souples [technologie des matières textiles] ont trouvé un emploi.»




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