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  [Formation | Emploi]
Le placement en formation collégiale technique 2005
Un grand cru

par Marie-Hélène Proulx

Pas de souci à l’horizon pour les diplômés de la formation technique. Si l’on se fie au flair des conseillers en emploi dans les établissements collégiaux et aux données préliminaires sur les taux de placement, l’année 2005 sera prospère. Alors souriez et préparez votre curriculum vitæ!

Marie Bourgeois, conseillère en placement au Service des stages au Collège Ahuntsic, ne cache pas son enthousiasme. «L’année 2005 surpasse toutes les autres depuis 1999. Dans tous les domaines, le nombre d’offres d’emploi est nettement supérieur et les offres sont de meilleure qualité : ainsi, nous en avons reçu 571 liées au champ d’études principal, alors qu’en 2004, on en n’avait eu que 406. Même les secteurs où cela ne fonctionnait pas du tout dans le passé, l’informatique par exemple, connaissent enfin une reprise.»

De l’emploi à revendre
En fait, certains domaines sont si populaires que les employeurs se disputent les candidats, parfois avant même qu’ils aient terminé leurs études. Il en va ainsi dans la plupart des techniques relatives à la santé : soins infirmiers, réadaptation physique, inhalothérapie, archives médicales, électrophysiologie médicale, radiodiagnostic, radio-oncologie. «En soins infirmiers, dès la première année, je dois rencontrer les élèves pour les préparer aux entrevues et les inciter à mettre à jour leur CV. Ensuite, je ne les revois plus, car ils sont rapidement embauchés», remarque Chantal Gingras, responsable du placement au Collège de Bois-de-Boulogne.

En techniques de radiodiagnostic, selon Marie Bourgeois, «le gouvernement a autorisé que l’on double la population scolaire dès septembre 2005. C’est que les mises à la retraite entraînent une sérieuse pénurie.»

En technique d’hygiène dentaire, c’est aussi la course folle aux candidats. «Sur mon bureau, il y a au moins 45 offres d’emploi qui ne trouveront pas preneur, souligne Lise Chagnon, responsable du placement au Cégep de Saint-Hyacinthe. Il y a un manque flagrant de diplômés à la grandeur de la province.» Même constat du côté du Cégep François-Xavier-Garneau : «Je reçois au moins cinq offres d’emploi par semaine durant toute l’année, affirme Jennifer Tremblay, conseillère en emploi. Les gens sont beaucoup plus préoccupés par leur hygiène dentaire qu’auparavant, ce qui entraîne un accroissement de la demande.»

Autre univers, mais même casse-tête : les estimateurs-évaluateurs en bâtiment. «Cette année, les offres d’emploi ont doublé par rapport à 2004, s’exclame André Thouvenot, directeur adjoint du campus de l’Institut Grasset. J’en ai reçu une cinquantaine, alors qu’on a 17 candidats! Trois semaines après le début des classes, les entreprises viennent à l’Institut rencontrer les élèves pour leur offrir des emplois.»

«En techniques de radiodiagnostic, le gouvernement a autorisé que l’on double la population scolaire dès septembre 2005. les mises à la retraite entraînent une sérieuse pénurie.»
— Marie Bourgeois, Collège Ahuntsic
Une période florissante
À peu près tous les secteurs se portent bien, observent les responsables du placement. Tout va pour le mieux en logistique du transport, en mécanique d’entretien, en chimie analytique, en inspection du bâtiment, en ébénisterie, en éducation à l’enfance, en design d’intérieur, en théâtre, en intervention en délinquance, en santé animale, en génie métallurgique, industriel et civil, en sécurité industrielle et commerciale, en procédé chimique, et en environnement, hygiène et sécurité au travail.

À Sept-Îles, en Abitibi, à Québec, à Montréal comme à Chicoutimi, plusieurs établissements ont souligné l’excellente performance du programme de bureautique, micro-édition et hypermédia. «Si l’on avait 25 élèves, on les placerait sans problème, mais on n’en a que 7», remarque Rolland Laflamme, conseiller en placement et stages au Cégep de Rimouski.

Tout se passe également très bien en production télévisuelle et cinématographique. «Le marché est vaste, particulièrement du côté des maisons de production, note André Thouvenot. Toutefois, il faut avoir du talent à revendre et être prêt à vivre avec des horaires difficiles. Mais les diplômés passionnés trouvent des contrats sans difficulté.»

En diététique, le portrait est aussi positif. «Le taux de placement est de 100 % pour nos diplômés de 2004», indique Lise Chagnon. «La conscientisation de la population face à l’alimentation favorise l’embauche des techniciens en diététique, estime pour sa part Johnny Gauthier, conseiller d’orientation au Cégep de Chicoutimi. Selon moi, la demande devrait s’accentuer durant les prochaines années.» L’industrie agroalimentaire et les centres hospitaliers sont les principaux employeurs.




  • Formation universitaire : La croissance au rendez-vous
  • Formation collégiale : Un grand cru
  • Formation professionnelle : Note parfaite

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