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[Formation | Emploi]

Demande constante
Alors que le nombre d’offres d’emploi se multiplie dans certains secteurs, ailleurs il demeure stable. Ainsi, les années se suivent et se ressemblent en matière de santé et d’éducation. Pour tous les établissements offrant des formations dans ces domaines, le volume d’offres d’emploi est toujours aussi important. Sciences infirmières, physiothérapie, ergothérapie, orthophonie, audiologie, etc., toutes les spécialités du secteur de la santé sont fortement demandées. À l’Université de Montréal, Andrée Desroches affirme avoir reçu 156 offres d’emploi en orthophonie seulement, et ce, pour 55 diplômés. Rachel Lemelin, conseillère en information professionnelle à l’Université du Québec à Trois-Rivières, ne compte plus les emplois proposés aux diplômés en sciences infirmières. «À l’automne 2004, sur 35 étudiants devant terminer leur formation en mai, 32 avaient déjà un emploi. On ne suffit carrément pas à la tâche.»
Dans le Bas-Saint-Laurent, Régis Beaulieu affirme pour sa part être submergé d’offres d’emploi dans le secteur de l’enseignement. «Que ce soit en préscolaire, primaire ou secondaire, nous manquons de diplômés, dit-il. Le taux de placement est de 100 %. La demande est particulièrement forte pour les personnes spécialisées en enseignement des sciences au secondaire : chimie, mathématiques et physique, par exemple.» Conseiller en emploi au Service de placement de l’Université Bishop’s, Jonathan Allen confirme avoir reçu «énormément d’offres d’emploi en provenance de l’étranger [du Japon et de la Chine, entre autres], notamment pour des professeurs de français ou d’anglais langue seconde». Si elle ressent elle aussi la pression émanant des commissions scolaires en quête de personnel enseignant, Rachel Lemelin reste cependant prudente. C’est que «la demande ne pourra pas se maintenir encore très longtemps, explique-t-elle, ne serait-ce que parce que le nombre d’enfants ne cesse de diminuer et qu’il faudra moins de gens pour leur enseigner». D’autres secteurs ont par ailleurs maintenu leur bonne performance en 2004-2005. C’est le cas de l’économie et de l’actuariat, selon Micheline Grenier. Même observation du côté d’Andrée Desroches à l’Université de Montréal, où les compagnies d’assurances et les institutions financières, entre autres, ont été nombreuses à embaucher dans ces deux champs de spécialisation.
Du point de vue de Serge Gagné, les choses vont aussi très bien pour les sortants en chimie et en biochimie. En fait, du 1er juin 2004 au 31 avril 2005, 45 offres d’emploi ont été adressées aux 20 diplômés en biochimie de l’établissement sherbrookois. Même constat pour les formations liées à l’agriculture (agronomie, agroéconomie, etc.) et à l’alimentation (sciences et technologie des aliments, qualité et salubrité des aliments – microprogramme, etc.), d’après Micheline Grenier.
La demande se maintient également dans l’univers des sciences sociales et des lettres. À l’Université de Sherbrooke, «les sciences humaines ont généré 249 offres d’emploi pour 2004-2005», explique Serge Gagné, soit l’équivalent de 16 % du bassin total d’offres reçues. Micheline Grenier précise aussi que les diplômés en travail social, en rédaction et communication, notamment, tirent très bien leur épingle du jeu.
Coup d’œil sur l’avenir
Les responsables des services de placement sont aussi optimistes pour l’avenir. «Bien qu’il soit impossible de prédire avec exactitude quelle sera la situation de l’emploi l’an prochain, pour le moment nous avons toutes les raisons de croire que les choses vont se maintenir», affirme Pierre Francq.
C’est que la vague de fond promise en raison des départs à la retraite ne s’est pas encore véritablement fait sentir. Une question de temps? Oui, mais avec un bémol, selon Micheline Grenier. «Les départs annoncés n’auront pas des effets aussi retentissants que ce qui avait été prédit. Dans la fonction publique, par exemple, chaque départ ne se transformera pas nécessairement en embauche. Avant d’engager, on se penchera d’abord sur la restructuration et la redistribution des tâches. Par contre, pour certaines spécialités ayant des champs d’activité réservés, comme l’agronomie ou la médecine vétérinaire, il y aura bel et bien un mouvement d’embauche.»
Maryse Deschênes de Polytechnique tient le même discours. «Le marché de l’emploi est très cyclique. C’est particulièrement vrai en ingénierie. Aussi, il faut être très prudent. Entre le moment où la demande est grande pour les diplômés en génie civil, par exemple, et celui où les diplômés sont disponibles, il est possible que les choses ne soient plus du tout les mêmes.»
Selon Claire Simard, conseillère en information scolaire et en insertion professionnelle à l’Université du Québec à Montréal, une seule chose compte face à de tels constats : développer son employabilité en misant sur ses forces et ses champs d’intérêt. «Choisir une formation en fonction du taux de placement est toujours risqué, parce que plusieurs éléments, comme la mondialisation des marchés ou l’état général de l’économie, peuvent jouer en réduisant le nombre d’emplois disponibles de façon inattendue. Le recul qu’a connu le secteur des nouvelles technologies au début des années 2000 en est un bon exemple. En revanche, si on réussit à développer ses propres objectifs professionnels à partir de ce qui nous intéresse vraiment et à miser sur son savoir-être, on ne peut pas perdre.»
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