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Des mesures controversées
La grande coupable, du moins selon l'Alliance : la fameuse approche par compétences, axée sur l'application pratique des connaissances (par exemple : on apprend les fractions en cuisinant des muffins). Cette méthode d'enseignement se ferait au détriment de l'apprentissage des matières élémentaires, transmises de façon trop éparpillée en ce moment.

Car l'approche par compétences s'accompagne aussi de la «pédagogie de la découverte», selon laquelle chaque élève se développe à son rythme. Suivant ce principe, on ne fait pas redoubler les élèves en difficulté afin de leur donner une chance de progresser en fonction de leurs capacités. Ils peuvent faire une septième année au primaire.

«On n'est pas contre le principe de tenir compte du rythme d'apprentissage variable des jeunes, mais il ne faut pas exagérer! s'exclame Johanne Fortier, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement. En ce moment, des professeurs ont dans leur classe de cinquième année des élèves qui ont des acquis de deuxième année. C'est insoutenable.»

Conséquence : les retards d'apprentissage s'accumulent et les élèves se retrouvent à l'école secondaire avec trop peu de connaissances pour suivre le programme régulier, estiment Johanne Fortier et Pierre Saint-Germain.

C'est alors qu'entrent en scène les programmes de formation à l'emploi de courte durée ou «filières de formation», une sorte de minidiplômes d'études professionnelles (attestations de formation professionnelle – AFP) qui prennent la place du défunt «cheminement particulier». Les élèves peuvent suivre cette voie dès la troisième secondaire. Ces programmes mènent à des emplois non qualifiés, par exemple, aide-mécanicien, aide-cuisinier ou tondeur de gazon.

«Au lieu de faire en sorte que l'élève en difficulté ait droit à une formation de base complète, soit une cinquième secondaire, on lui montre très tôt le chemin du marché du travail, s'inquiète Diane Dubreuil, vice-présidente et responsable des dossiers de la formation professionnelle à l'Alliance. Ces petites formations sommaires, qui débouchent sur des emplois mal rémunérés, sont axées sur les besoins ponctuels de l'entreprise. En plus, ces habiletés sont difficilement transférables au gré des mutations technologiques.»




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