![]() |
[À la Une]
Contributions intéressées Desjardins a financé la création de la Chaire Desjardins en gestion des produits dérivés à l'École des Sciences de la gestion de l'UQAM, en partenariat avec la Bourse de Montréal, dont l'objectif serait de former des candidats qui maîtrisent les produits dérivés vendus en exclusivité à la Bourse de Montréal.Cette procédure a été mise en place en 1986 pour la formation professionnelle au secondaire, et en 1993 pour la formation technique au collégial. Elle comporte plusieurs étapes de consultation qui impliquent surtout les comités sectoriels de main-d'ouvre – qui représentent les entreprises ouvrant dans un secteur précis –, et quand il n'en existe pas, des représentants d'entreprises. L'industrie est un joueur parmi d'autres dans cette mécanique : enseignants, associations ou ordres professionnels et représentants des établissements scolaires sont aussi de la partie. «Ça n'a rien à voir avec un lobby», insiste Francine Lavoie, de la Direction du développement et de la planification au MELS. En effet, l'implication des entreprises dans le contenu des programmes ne semble pas inquiéter outre mesure les quatre directeurs de cégeps, les sept membres de la direction d'universités, les trois représentants de centres de formation professionnelle et les représentants du MELS interviewés dans le cadre de cette enquête. De l'avis de l'ensemble des personnes consultées, cette collaboration est avant tout essentielle pour s'assurer que la formation est bien arrimée à la réalité du marché du travail. «On ne peut pas former des travailleurs spécialisés sans vérifier sur le terrain que ce qu'ils apprennent à l'école est pertinent, affirme Pierre Bergevin, sous-ministre adjoint à l'éducation préscolaire et à l'enseignement primaire et secondaire. Autrement, ce serait irresponsable envers les étudiants.» Et puis, n'allez pas croire que les entreprises essaient de contrôler le contenu des cours, affirme le directeur de HEC Montréal, Jean-Marie Toulouse. «Ce sont des lubies. Je n'ai jamais vu ça. L'industrie veut des gens bien formés, certes, mais leurs préoccupations s'arrêtent là. Il n'y a rien de déplacé là-dedans.» Même son de cloche du côté des centres de formation professionnelle et des cégeps, qui se défendent bien d'être asservis aux entreprises. «Il y a parfois des tensions quand on demande aux employeurs d'évaluer nos programmes», dit Yves Blouin, directeur des études au Cégep François-Xavier-Garneau. Cependant, les cégeps gardent leur pouvoir de décision et imposent le choix du bon sens. Mais les dérapages sont possibles et l'influence des entreprises sur le contenu scolaire pourrait prendre de la force. L'ancien recteur de l'UQAM, Claude Corbo, estime qu'il est de la responsabilité des écoles de garder les yeux ouverts. «Si les écoles abandonnent leur liberté et leur sens critique, elles ne pourront blâmer les entreprises. Elles doivent rappeler à tous que leur mission n'est pas de former des gens à court terme pour répondre aux besoins ponctuels du marché, mais de les équiper intellectuellement pour faire face à un monde en perpétuel changement.» Ce qui, de toute façon, n'est pas si éloigné des désirs de l'industrie elle-même, rappelle Claude Corbo. «La plupart des dirigeants d'entreprise me disaient qu'ils ne veulent pas des robots, mais des gens capables d'apprendre continuellement et de faire preuve de créativité intellectuelle.» Un point de vue auquel adhère le président du Conseil du patronat, Gilles Taillon. «Mais nous favorisons un maillage étroit entre l'industrie et les établissements de formation, et nous souhaitons même que ce rapprochement s'accentue. Cette collaboration est essentielle pour permettre une formation pertinente, collée aux besoins du marché du travail. Avant, les étudiants à l'université étaient tellement déconnectés de la réalité que l'entreprise devait reprendre la formation pratique.» |
|||||
|
|||||||
![]() |
|
||||||