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Pénible lutte
Les organisations syndicales indépendantes ont fait du contrat de travail individuel leur principal cheval de bataille. Par exemple, la syndicaliste retraitée Maria Alieva, présidente de 1996 à 2005 du syndicat indépendant Femmes travailleuses de la Biélorussie, consacre tout son temps à donner des conseils stratégiques par téléphone. Elle organise aussi des consultations juridiques pour vulgariser le jargon utilisé dans les contrats.
Quand elle parle aux travailleurs, Maria Alieva constate que la peur de perdre son emploi est omniprésente. «C’est comme si la personne était constamment suivie à la trace. Le contrat de travail individuel légalise une pratique de chantage qui s’est graduellement installée chez les employeurs proches du pouvoir de Loukachenko et qui intimidaient les travailleurs les plus militants socialement», s’indigne-t-elle.
Par exemple, le directeur d’une même école stipule des conditions différentes dans chacun des contrats qu’il fait signer aux enseignants. «Un d’entre eux s’est fait offrir un contrat restrictif d’une seule année, tandis qu’un autre a eu un contrat d’une durée trois ans, pour la simple raison que le directeur le trouve plus souriant», rapporte-t-elle.
Maria Alieva raconte aussi que des travailleurs ayant contesté une décision au sein de leur entreprise ont été forcés de prendre leurs vacances en plein hiver et qu’ils ont été les premiers à perdre des jours de travail durant le mois, lorsque la manufacture diminuait ses heures de production, faute de commandes.
La bataille des syndicats et des opposants au régime est loin d’être gagnée. En Biélorussie, un universitaire et un professionnel gagnent un salaire moyen de 100 $US par mois. À la campagne, un ouvrier agricole touche aussi peu que 30 $US par mois. Tous craignent le chômage qui rend la vie encore plus misérable. Pour éviter cette misère, plusieurs travailleurs acceptent leur contrat de travail sans rechigner.
«Les gens sont démunis et il est difficile de les amener dans des comités qui protègent leurs droits. Il faut que les syndicats indépendants développent ensemble des stratégies d’action pour devenir une force d’opposition. Isolés, ils ne font pas peur au président et il va continuer à museler la population», conclut Maria Alieva.
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Sur le qui-vive
Nouvelles d'ailleurs : Suède et Suisse

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