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[Carrière]
Profil bas
Vice-président aux ressources humaines chez le distributeur de pièces automobiles Uni-Sélect, Luc L’Espérance constate que les anciens employés reviennent pour décrocher un poste qui comporte une plus grande part de responsabilité que celui qu’ils occupaient anciennement. Toutefois, ils sont rarement en position de force pour négocier salaire et avantages mirobolants, dit-il. «Comme employeur, il vaut mieux éviter d’accorder une trop grande bonification à l’employé qui revient. Pour qu’il soit bien accepté par son équipe, il ne faut pas qu’il donne l’impression d’avoir gagné le gros lot en usant d’une stratégie de surenchère.»
À moins d’avoir une expertise et des compétences quasi indispensables. Dans ce cas, «vous pourriez même demander un poste à temps partiel ou à horaire variable», suggère Mathieu Guénette. Les secteurs d’emploi pointus, comme la haute technologie et la finance, sont très propices au retour d’enfants prodigues. Chez Hydro-Québec, on ne leur ferme pas du tout la porte lorsqu’ils se pointent à nouveau, explique Henriette Nobert, responsable du Centre de recrutement et d’évaluation de la société d’État. «Nous sommes particulièrement ouverts à la réembauche d’employés difficiles à recruter, comme des spécialistes en génie nucléaire ou des experts en sécurité des barrages.»
Quant aux collègues, ils ne réagissent pas toujours bien au retour d’un ancien : ils peuvent croire qu’on déroule le tapis rouge à quelqu’un qui a tourné le dos à l’entreprise ou qui en avait jadis été exclu, constatent les spécialistes. Mais c’est surtout à l’employeur qu’il revient de s’assurer que les employés ne développent pas de perceptions négatives face à «l’enfant prodigue», avance Mathieu Guénette. Quitte à embaucher un spécialiste afin de désamorcer les frictions potentielles. «Il m’arrive de rencontrer des équipes au grand complet afin de voir de quelle façon il faudrait restructurer le travail et concilier les attentes du groupe face au retour d’un ex-employé», explique-t-il.
Opération charme
Pour l’employeur, les avantages à recruter un ancien employé sont nombreux. Celui-ci possède souvent la formation de base ou est du moins familiarisé avec la culture d’entreprise, dit Richard Matte, président du cabinet Matte Groupe Conseil – IIC Partners. Au-delà de la performance, sa connaissance d’un domaine d’expertise et ses relations professionnelles
– qu’il aura probablement enrichies ailleurs – feront toute la différence. «S’il s’agit d’un poste critique et que le retour du candidat pourrait permettre de consolider le fonctionnement d’une division, il n’y a pas d’hésitation possible pour l’employeur», dit-il.
Dans certains cas, les entreprises sollicitent des employés qu’ils ont mis à pied ou même congédiés dans le passé. Ainsi, lorsque René Marotte est revenu chez Hydro-Québec, en 1997, un défi sur mesure l’attendait. Après que son poste eut été aboli, cet ancien conseiller en ressources humaines est devenu chef des ressources humaines dans une entreprise privée. Un an plus tard, Hydro-Québec lui offrait un poste qui convenait beaucoup plus à ses attentes. Il y est aujourd’hui cadre intermédiaire.
«En revenant, j’ai amélioré mes conditions de travail, et de meilleures perspectives d’avancement se sont offertes à moi. Ce fut l’une de mes meilleures décisions [professionnelles].»
Que l’on ait ou non l’intention de revenir un jour vers son ancien employeur, il faut savoir tirer élégamment sa révérence au moment de partir, conseillent les spécialistes. Et pourquoi pas, comme Alain Prévost, conserver des liens avec d’anciens collègues ou patrons, ou leur faire de petites visites de courtoisie à l’occasion.
Ça vous évitera au moins de revenir un jour en loser.
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Les vertus de l’ex
Les conditions d’un retour réussi
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