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[Formation | Emploi]
Vague de recrutement en services financiers
Les bonnes affaires
par Léa Roboam
C’est bien connu, ça joue dur sur les marchés financiers. C’est aussi le cas dans les institutions financières qui peinent à recruter les travailleurs de plus en plus spécialisés dont elles ont besoin pour fructifier.
Pénurie. Le terme revient souvent dans la bouche des responsables des ressources humaines dans les institutions financières. La denrée rare : les analystes et conseillers financiers chargés de rassembler et d’analyser l’information économique pertinente afin de conseiller des placements avisés à leurs clients.
S’il hésite à parler de pénurie de main-d’ouvre, terme qu’il trouve un peu fort, Richard Legris, économiste à Emploi-Québec, constate cependant volontiers que les professions d’analyste, de conseiller financier et de courtier en assurances sont parmi les plus recherchées au Québec actuellement. La croissance moyenne de l’emploi dans le secteur des services financiers, répertorié sous «assurance, finance et immobilier de location» par Emploi-Québec, était de 8,5 % en mai 2005, contre 1 % pour l’ensemble des secteurs.
Cette effervescence vaut pour l’ensemble du Québec, mais c’est à Montréal, où se concentre la majorité des emplois, que la demande est la plus forte. Selon les prévisions de l’organisme, pour la période 2004-2008, les perspectives d’emploi sont jugées favorables pour la plupart des professionnels travaillant dans ce secteur.
«Pour les prochaines années, le réseau des caisses Desjardins prévoit une centaine d’embauches par an pour les postes de conseillers financiers, de directeurs de comptes et de planificateurs financiers, et s’attend à pourvoir à 30 ou 40 emplois par an dans des secteurs connexes comme la comptabilité, l’informatique, le crédit.», affirme Léo Drolet, vice-président gestion de la main-d’ouvre à la Fédération des caisses Desjardins. Même son de cloche à la Banque Laurentienne où Élise Brisebois, vice-présidente des ressources humaines, dénombre 50 postes régulièrement ouverts pour couvrir l’ensemble des activités de la banque, des emplois de conseillers financiers, entre autres.
Spécialisation à l’honneur
Ces besoins accrus de main-d’ouvre s’expliquent notamment par «une spécialisation des postes, principalement dans le secteur de la gestion des risques, constate Louise Desjardins, directrice principale dotation et recrutement à la Banque Nationale du Canada. Les différentes législations obligent les institutions financières à mieux gérer l’ensemble de leurs risques financiers liés à la fraude, notamment.»
Depuis le scandale de la banque Bearings en Angleterre, puis plus récemment l’affaire Enron, la profession a dû revoir ses pratiques. L’accord international de Bâle datant de 1988, actuellement en révision et auquel les banques des pays signataires, dont le Canada, devront se conformer en 2007, stipule que les institutions financières doivent mieux gérer l’ensemble de leurs risques liés à leurs activités, tels le crédit et les opérations boursières, afin d’éviter les fraudes et les pratiques dommageables pour la réputation de l’industrie. «Cela demande de nouvelles compétences financières et comptables et de nouveaux profils de candidats», explique Louise Desjardins.
Économistes de haut niveau, analystes des marchés boursiers et spécialistes des transactions financières titulaires d’un diplôme universitaire, voire d’une maîtrise en finance, en économie et en comptabilité, sont recherchés. Ils doivent évaluer la solvabilité des entreprises qui demandent un crédit ou étudier les mouvements boursiers pour permettre aux courtiers d’acheter et de vendre des actions et placements à bon escient. Ils analysent également les secteurs industriels prometteurs afin de conseiller de bons investissements aux clients commerciaux et aux particuliers.
Louise Desjardins estime que l’activité du marché bancaire est soutenue parce que les besoins de la clientèle en matière d’épargne évoluent. L’affaire Enron et la déroute de certains fonds de pension ont laissé des traces : la clientèle veut désormais des produits financiers sûrs. «La génération précédente, les baby-boomers, a pu épargner davantage que nous. Nous sommes plus endettés qu’eux, car ils ont bénéficié de taux d’intérêt sur les placements très élevés et de faibles taux hypothécaires. Pour les générations qui suivent, c’est l’inverse.»
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