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  [Formation | Emploi]
Le vrai sac biodégradable sera-t-il québécois?
par Sylvain Turner

De nombreuses voix s’élèvent contre le sac de plastique. En avril dernier, Stéphan Tremblay, député de Lac-Saint-Jean, a même déposé un projet de loi à l’Assemblée nationale visant à interdire la distribution de sacs non biodégradables au Québec. Le défi : mettre au point une solution de rechange à ce pollueur si pratique.

Un sac de plastique à usage unique est fabriqué en une seconde, est utilisé en moyenne 20 minutes et met jusqu’à 400 ans à se dégrader dans l’environnement! Et, selon Recyc-Québec, il s’en consommerait entre 1,4 et 2,7 milliards par année au Québec.

Voilà des statistiques qui donnent envie de se convertir illico au cabas de macramé. Mais en fait, les sacs de plastique biodégradables existent déjà. La plupart sont fabriqués en Europe et sont à base d’amidon de maïs, de fécule de pomme de terre ou de saccharose de betterave. Ils demeurent cependant marginaux, car leur coût est jusqu’à trois fois plus élevé que celui du sac traditionnel. Et ils ont beau être biodégradables, ils ne sont pas nécessairement recyclables : leur transformation peut poser problème, sans parler de la polémique qui entoure la culture intensive de l’amidon, notamment vorace en pesticides, en engrais et en eau.

Bref, la perle rare n’est pas née. En fait, des mesures incitatives devront être mises de l’avant pour que la production à grande échelle d’un sac de plastique biodégradable soit rentable. Mais lorsque ces mesures seront appliquées, ce sac «plus vert que nature» sera-t-il québécois?

«J’en suis convaincu», répond Pierre Guimont, directeur général de PlastiCompétences, le Comité sectoriel de main-d’ouvre de l’industrie des plastiques et des composites. «Nous avons les formulations, les procédés et les entreprises pour le fabriquer. Plusieurs travaillent déjà à sa mise au point et d’autres y consacreront des efforts le jour où, grâce à des subventions ou à d’autres mesures incitatives, sa fabrication sera rentable.»

Une industrie écolo?
Si elle parvient à relever ce défi, la plasturgie québécoise apportera une précieuse contribution à la protection de l’environnement. Souvent perçue à tort comme très polluante, cette industrie obtient bien plus que la note de passage sur le plan écologique.

C’est du moins l’avis de Michel Labonté, coordonnateur du Département de la plasturgie au Collège Ahuntsic. Il rappelle que les Italiens ont commencé, il y a plusieurs années, à dresser l’écobilan des matériaux. «Ils ont constaté entre autres que, pour l’emballage, le plastique est plus écologique que l’aluminium, le papier, le carton et le verre.» La raison en est simple : de l’extraction à la poubelle, la somme des énergies investies pour fabriquer un produit en plastique est moindre que pour les autres matériaux. Qui l’eût cru?

Sources : WWF France (World Wildlife Fund, chapitre français); Recyc-Québec.


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