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[Formation | Emploi]
La quête du CV
Comité sectoriel et établissements d’enseignement redoublent d’efforts pour redorer l’image de la plasturgie, mais changer les perceptions est une entreprise de longue haleine. Pour trouver de la main-d’ouvre qualifiée «prête-à-embaucher», certaines entreprises s’organisent autrement.
C’est le cas de SoniPlastics, une entreprise de Boucherville qui fabrique des profilés de PVC pour l’industrie des portes et fenêtres, et où travaillent 160 personnes. «Nous aimerions recruter des diplômés du DEP en conduite et réglage de machines à mouler, entre autres pour pourvoir à des postes de contrôleurs de la qualité, affirme Patrick Keegan, coordonnateur aux ressources humaines. Comme ils sont très rares, nous devons embaucher des gens qui n’ont pas leur diplôme en plasturgie, mais qui possèdent de l’expérience dans le procédé de l’extrusion.»
Thermoplast, une entreprise du même sous-secteur, doit aussi composer avec un manque de main-d’ouvre qualifiée. «Nous avons connu une véritable pénurie d’opérateurs de machines à mouler en 2001 et 2002», soutient Josée Longchamp, chef du service des ressources humaines de cette entreprise lavalloise qui compte 280 employés. «Comme les établissements d’enseignement ne parvenaient pas à nous fournir les diplômés dont nous avions besoin, nous avons embauché des gens qui ne connaissaient pas le plastique et nous les avons formés à l’interne. Aujourd’hui, bien que nous parvenions à satisfaire nos besoins de main-d’ouvre, nous sommes toujours à la recherche de diplômés du DEP en conduite et réglage de machines à mouler.»
En avant!
Les perspectives de carrière en plasturgie sont excellentes, et elles le resteront vraisemblablement. Selon Pierre Guimont, aucune donnée ne permet de mesurer l’impact de la concurrence chinoise sur l’emploi au Québec.
«Nous allons perdre des emplois à cause de cette concurrence, nuance-t-il, mais les travailleurs mis à pied pourront facilement se trouver un poste ailleurs dans l’industrie, car les besoins de main-d’ouvre sont énormes. L’industrie a besoin, chaque année, de près de 500 nouveaux travailleurs, et ce, uniquement dans la région du Grand Montréal, qui comprend la Rive-Sud et la Rive-Nord.»
«L’industrie a besoin, chaque année, de près de 500 nouveaux travailleurs, et ce, uniquement dans la région du Grand Montréal, qui comprend la Rive-Sud et la Rive-Nord.»
— Pierre Guimont, directeur général de PlastiCompétences
D’ailleurs, les sous-secteurs de l’automobile, de l’emballage et de la construction, qui ont assuré la croissance de l’industrie au cours des dernières années, continuent sur leur lancée. De plus, l’industrie de l’aéronautique reprend son envol après plusieurs années de fortes turbulences, notamment depuis l’annonce du développement du nouvel avion de Bombardier à Mirabel, ce qui est très encourageant.
Les opérateurs de machines à mouler et les opérateurs-régleurs sont les travailleurs les plus recherchés, suivis des techniciens en plasturgie, des ingénieurs chimistes et des ingénieurs mécaniciens. Ainsi, les formations gagnantes aux trois niveaux d’enseignement sont le DEP en conduite et réglage de machines à mouler, le DEP en mise en ouvre des matériaux composites, le DEC en techniques de transformation des matières plastiques et les baccalauréats en génie chimique et en génie mécanique (avec concentration en plasturgie).
«Les besoins de main-d’ouvre sont si importants que toutes les formations sont gagnantes, souligne Pierre Guimont. Elles permettent sans exception d’accéder rapidement à un emploi, d’obtenir une rémunération intéressante et de connaître une progression professionnelle rapide.» Mais plus particulièrement, les DEP en plasturgie demeurent des clés pour un accès rapide à une carrière en plasturgie.
Chose certaine, ce n’est pas du toc.
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