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  [Formation | Emploi]

Bonnes têtes
La plasturgie québécoise devra tabler sur l’un de ses principaux avantages concurrentiels pour se positionner avec succès dans la production de produits à valeur ajoutée : ses ressources humaines. «Nos entreprises doivent investir dans l’équipement, mais aussi dans la formation de la main-d’ouvre, dit Eugène Gagnon. Avoir le meilleur équipement au monde, c’est bien, mais avoir des gens qualifiés pour l’exploiter et nous permettre d’en profiter pleinement, c’est encore mieux. La concurrence chinoise oblige nos entreprises, et particulièrement les moins performantes, à s’organiser et à ne plus rien tenir pour acquis. En ce sens, elle a un impact positif!»

Mais pour se doter de cette main-d’ouvre «à valeur ajoutée» qui lui permettra de briller dans le haut de gamme, l’industrie devra aider les établissements d’enseignement à résoudre les difficultés récurrentes qu’ils éprouvent sur le plan du recrutement des élèves et des étudiants.

Ainsi, avant 1999, l’École des métiers du Sud-Ouest formait une soixantaine d’élèves par année dans le programme de DEP en conduite et réglage de machines à mouler; en 2005, elle n’en compte que 28. La situation est comparable au Collège Ahuntsic : on y accueille actuellement une vingtaine d’élèves au DEC en techniques de transformation des matières plastiques, alors qu’on en formait une centaine il y a quelques années.

Plusieurs expliquent cette situation par l’image négative que les jeunes auraient de l’industrie. Pourtant, la plasturgie est un secteur extrêmement dynamique, insistent les intervenants du milieu : elle exploite des équipements à la fine pointe de la technologie et fabrique des produits souvent essentiels dans nos vies, dont plusieurs ont un impact positif sur l’environnement. C’est entre autres le cas des pièces fabriquées pour l’industrie de l’automobile qui, en permettant de réduire considérablement le poids des véhicules, contribuent à la réduction de la consommation d’essence et, par le fait même, de l’émission de gaz à effet de serre.

D’autres font valoir les perspectives de carrière. «Un diplômé qui possède trois ans d’expérience gagne environ 30 000 $ par année, et 40 000 $ après cinq ans, souligne Michel Labonté, du Collège Ahuntsic. Le salaire annuel de certains de mes anciens élèves, qui ont dix ans d’expérience, atteint 65 000 $. Malgré ces bonnes conditions, la situation est préoccupante, car des programmes risquent de disparaître, et les entreprises auront encore moins de main-d’ouvre qualifiée pour combler leurs besoins.»




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