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[Mode de vie]
L’impact des phobies
Méchantes bébittes
par Sylvie L. Rivard
Araignées, obscurité, avion. Nous avons tous nos petites terreurs. Mais parfois, elles deviennent phobies et chamboulent notre vie.
Quand elle s’assoit dans le fauteuil de sa dentiste, la secrétaire médicale Josée Huot sait qu’elle va passer un mauvais quart d’heure. Sa vis-à-vis aussi, car sa cliente a une «phobie du dentiste».
Crispée et en sueur, Josée imagine le pire des scénarios. «Tous les instruments que la dentiste utilise et les sons qu’ils produisent m’effraient, dit-elle. J’ai peur qu’elle manque son coup, me siphonne la joue, fasse éclater une dent ou me drille un nerf. Dans ma tête, ça se termine par une chirurgie. J’ai beau me dire : "Aïe, la folle, raisonne!" Rien n’y fait.»
Inutile de préciser que ces deux-là se voient le moins souvent possible.
On peut tous nommer quelque chose qui nous terrorise. Qui ne craint pas la vue du sang, les araignées, les ruelles sombres, les exposés devant public. En fait, les phobies affectent plus de Canadiens que les maladies les plus courantes, tels le diabète ou les maladies cardiaques, selon la dernière enquête (2004) de Statistique Canada sur la santé. Phobies-Zéro, un groupe de soutien et d’entraide pour les personnes souffrant de troubles anxieux, répertorie plus de 200 types de phobies. Parmi elles, des connues et des moins connues, comme la peur des bicyclettes, des épingles, des météores, de la syphilis, des personnes chauves
et du mariage!
Araignées dans le plafond
Sommes-nous tous phobiques? «À l’instar d’une peur dite "normale", la phobie est une peur persistante et intense à caractère irraisonné ou excessif, explique la psychologue Marie Claude Lamarche, de Lamarche cabinet-conseil. En présence du stimulus ou de la situation qui cause la peur, ou simplement en y pensant, la personne a une réaction anxieuse immédiate.»
En plus des symptômes physiques d’anxiété, le phobique entretient des pensées ou des croyances irrationnelles, dit-elle. Tout phobique reconnaît que sa réaction est démesurée par rapport au danger réel. Mais comme il ne parvient pas à surmonter sa peur, il en vient à éviter ce qui l’effraie.
D’après le Dr Camillo Zacchia, chef du service de psychologie à l’Hôpital Douglas et conseiller chez Phobies-Zéro, fuir les situations angoissantes soulage temporairement les phobiques. «Mais ce soulagement renforce le comportement d’évitement. C’est un cercle vicieux.»
Grosso modo, les spécialistes reconnaissent l’existence de trois types de phobies : les phobies spécifiques ou simples (craindre un objet ou une situation précise comme les araignées, les tunnels ou les voyages en avion); la phobie sociale (ou trouble d’anxiété sociale, qui touche les personnes qui ont peur d’être jugées, humiliées ou de mal paraître en public); et l’agoraphobie (la peur de se retrouver dans un lieu ou une situation où il apparaît difficile de recevoir de l’aide en cas de malaise).
Mais les phobies partagent toutes un même dénominateur commun : elles paralysent ceux qui en souffrent. Elles les empêchent d’avancer et peuvent nuire à la progression de leur vie professionnelle si elles ne sont pas traitées. Un diagnostic de phobie est établi seulement si la peur cause énormément de souffrance et perturbe le fonctionnement de la personne, précise Camillo Zacchia. «De façon générale, toutes les peurs sont liées à la perte de maîtrise, ajoute-t-il. À la base de tous les troubles anxieux, les gens ont peur de devenir fous, de mourir ou du ridicule social.»
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Méchantes bébittes
Êtes-vous apopathodiaphulatophobe?

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