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[Formation | Emploi]
Les couvertures s'adaptent
Les nouveaux périls
par Mylène Tremblay
L'assurance de dommages n'est pas une industrie figée dans le temps. Les nouvelles réalités du quotidien entraînent inévitablement l'évolution des couvertures et les professionnels de l'assurance suivent le courant.
Les temps changent. Les mours et le climat aussi. Ainsi, périodiquement, les formulaires d'assurance doivent s'adapter aux besoins de leurs clients. Par exemple, ces dernières années, les assureurs québécois se sont notamment questionnés sur la protection contre les inondations et le vol de fichiers MP3! Le but : éviter toute ambiguïté en cas de sinistre.
L'évolution des couvertures d'assurance ne date pas d'hier. Par exemple, les inondations de 1987, à Montréal, ont certainement été le catalyseur de l'établissement d'une nouvelle protection en assurance : les dégâts d'eau. Avant cette date, aucune garantie n'était offerte pour ce genre de sinistre. Devant les 20 000 réclamations acheminées à la Ville, l'industrie a senti l'urgence d'agir : la même année, elle a accouché d'une assurance complémentaire des dommages d'eau, couvrant les cas d'infiltration, de refoulement, de débordement des égouts et de bris des installations sanitaires.
L'opération a porté ses fruits : les malheureux automobilistes qui ont été faits prisonniers des eaux dans le secteur du rond-point l'Acadie cet été ont pu être indemnisés à condition d'avoir souscrit cette garantie, moyennant une dizaine de dollars par année.
«Personne n'aurait pensé qu'une inondation comme celle du rond-point l'Acadie serait possible, remarque Robert LaGarde, vice-président de la Chambre de l'assurance de dommages. En général, les gens sont de plus en plus à la recherche de protection en phase avec les changements climatiques.»
La mode du jardinage et de l'aménagement extérieur - spas, fontaines, bassins d'eau installés à grands frais par leurs propriétaires -, de même que le phénomène des MP3 téléchargés légalement, ont également incité les assureurs à clarifier certaines dispositions à leurs contrats d'assurance. En effet, qu'advient-il d'un album acheté en ligne si l'ordinateur file entre les mains d'un voleur ou part en fumée? «Il n'y a pas d'historique sur le plan des réclamations pour ce genre de fichiers», indique Alexandre Royer, conseiller en affaires publiques au Bureau d'assurance du Canada. La question se pose : un fichier MP3 est-il considéré comme un support audio, un logiciel ou des données informatiques? Quelle protection offrir pour ce genre de bien immatériel? Le flou artistique persiste dans le cas des MP3 et les assureurs travaillent à le dissiper.
Suivre le courant
Ces phénomènes récents, de même que les catastrophes naturelles et les risques imprévus, poussent les assureurs à élargir leur gamme de produits ou à ajouter certaines dispositions au contrat. Et la formation suit la vague. «Chaque fois qu'un nouveau risque survient, le cours Règlement en sinistre et service à la clientèle en tient compte et intègre les nouveaux produits qui en découlent», souligne Johanne Giguère, directrice de la formation continue au Cégep de Sainte-Foy.
L'Institut d'assurance de dommages du Québec offre quant à lui une formation aux professionnels de l'assurance sur les tremblements de terre aux deux ou trois ans. «Les Québécois commencent à prendre conscience qu'ils ne sont pas à l'abri de ce phénomène», observe Lucien Bergeron, directeur général. Avant la mise en marché de nouveaux produits d'assurance, l'organisme met sur pied une formation auprès des professionnels du secteur afin de les faire connaître. En 2005, il a été question d'OGM, de la silice et silicose, de l'abus et harcèlement sexuel et psychologique, du bois traité, des matériaux de construction et de la vache folle. «Devant un phénomène nouveau, les assureurs se montrent circonspects, précise Lucien Bergeron. En revanche, quand un risque est connu et ses effets, mesurables, la couverture s'applique automatiquement ou de façon spécifique.»
Par ailleurs, l'Institut canadien de prévention des sinistres catastrophiques, basé à Toronto, offre chaque mois des programmes de formation aux assureurs : incendies de forêt, inondations, tempêtes hivernales, tornades, tremblements de terre... «Avec le réchauffement climatique, les phénomènes naturels extrêmes se produisent plus souvent, avec plus de force, soutient Paul Kovacs, directeur exécutif de l'Institut. Nos études démontrent qu'il y a 30 ans, les dommages causés par les tempêtes représentaient 1 % des coûts des réclamations. Ils atteignent aujourd'hui 5 %!»
L'Institut, financé à 100 % par l'industrie canadienne de l'assurance de dommages, cherche à faire comprendre aux assureurs, mais aussi à la population en général, l'importance de rendre sa maison plus sécuritaire. «Certains endroits sont sujets aux incendies de forêt ou aux inondations, ajoute Paul Kovacs. Chaque individu doit connaître les risques qui prévalent dans sa région. L'assureur peut payer pour les dommages causés, mais les biens personnels sont souvent irremplaçables dans le cour des gens.»
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