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[Formation | Emploi] Un MBA éclaté Conçu dans les années 1950 par les universités américaines comme un programme court en gestion de haut niveau pour les ingénieurs, le MBA s'est depuis largement démocratisé.Pour Naoufel Daghfous, toute cette diversité est venue brouiller les cartes : il n'y a plus un seul programme de MBA, mais bien plusieurs. «Chaque secteur économique a des besoins propres auxquels un programme standard de MBA ne pourrait répondre. Une personne qui travaille dans une banque n'aura pas les mêmes besoins qu'une autre qui évolue dans une entreprise de fibre d'acier. Pourtant, toutes deux ont besoin d'une formation en gestion.» Cette formation de plus en plus complexe, chaque université québécoise ne cesse de la repenser. L'UQAM a donné un sérieux coup de pinceau à la structure de son programme en 1995. Son MBA se dédie désormais exclusivement aux cadres en exercice qui ont déjà cumulé un minimum de quatre ans d'expérience. De son côté, HEC Montréal prétend avoir «réinventé le MBA» en 1996, en rompant alors avec les anciens modèles pédagogiques, indique Jean Talbot, directeur du programme. L'établissement offre maintenant un programme intensif d'un an — la majorité des programmes nord-américains ont une durée d'environ deux ans — et propose quelque 75 cours différents. «C'est un MBA personnalisé à 50 %, en fonction des besoins particuliers des candidats», insiste Jean Talbot. L'Université Concordia songe actuellement à mettre sur pied des spécialisations au sein de son programme, par exemple entrepreneurship ou gouvernance d'entreprise, qui offriraient des cours sur la détection des fraudes en entreprise, l'éthique et la gouvernance, les litiges, le droit commercial, etc. «Comme pour n'importe quel produit, il faut viser à adapter continuellement le MBA aux tendances du marché en mettant sur pied de nouveaux cours», souligne Dominic Peltier-Rivest, professeur à l'École de gestion John-Molson de Concordia. Pour se distinguer, le programme de l'Université Laval a adopté une stratégie de MBA spécialisé — MBA en gestion pharmaceutique, en gestion agroalimentaire, en affaires électroniques et en gestion de la santé et sécurité au travail, ses créneaux de prédilection. À l'Université de Sherbrooke, on est à réviser actuellement le programme pour cadres en exercice et prochainement celui à temps complet. L'établissement proposera dès septembre 2006 un programme exclusif axé davantage sur le développement des habiletés personnelles et interpersonnelles que sur le marketing ou la finance. C'est Mintzberg qui sera content. «En misant sur la connaissance de soi et des autres, nous voulons aider les gens à prendre des décisions éclairées et à acquérir une vision juste de l'organisation», explique Denis Martel. |
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