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[Formation | Emploi]
Jouer son avenir
L'apparition de nouvelles plates-formes, comme les consoles portables PSP de Sony et la Nintendo DS, de même que l'évolution des consoles traditionnelles (PS3 de Sony, Xbox 360 de Microsoft et Revolution de Nintendo) sont des avancées très positives pour l'emploi dans cette industrie. En effet, plus la technologie évolue, plus les équipes de production sont imposantes, remarque Jason della Rocca, directeur exécutif de l'International Game Developers Association (IGDA). «Il y a 20 ans, à l'époque de Pac-Man et de Space Invaders, on avait besoin d'un seul gars pour tirer profit de la technologie et de quelques semaines pour créer un jeu. Récemment, Ubisoft employait plus de 100 personnes sur Prince of Persia 3 pour s'occuper des aspects visuels et sonores. De plus en plus complexes, les prochaines générations de consoles nécessiteront des équipes encore plus importantes.»
Compte tenu de la bonne santé de ce secteur et du fait que d'importantes entreprises choisissent de s'installer ici, TechnoCompétences estime que le nombre d'emplois liés au jeu devrait s'accroître au rythme annuel de 600.
Par ailleurs, la performance des consoles et la qualité des jeux, dont l'esthétique se rapproche maintenant du cinéma, nécessitent davantage d'artistes talentueux, d'ingénieurs en informatique et de gestionnaires pour diriger d'imposantes équipes de production. Or, les candidats qualifiés sont rares, déplore l'industrie, bien qu'au Québec, on compte 44 programmes de formation professionnelle, collégiale ou universitaire liés de près ou de loin à la production de jeux électroniques, d'après l'analyse de TechnoCompétences. Mais ces formations ne répondraient pas tout à fait aux attentes de certains dirigeants d'entreprise consultés par le Magazine Jobboom. «Les profils dont l'industrie a besoin évoluent grandement et les niveaux de qualification exigés ne cessent de monter. Il n'y a pas de formation qui soit adaptée à ces besoins», renchérit Gilles Duruflé, un consultant ayant réalisé l'étude de TechnoCompétences.
«La situation n'est pas catastrophique, mais légèrement préoccupante», affirme Claude Reeves, vice-président Ressources humaines chez Ubisoft, qui admet devoir recruter à l'extérieur du Québec, parfois même en Europe et sur la côte ouest américaine. Pour remédier à cette situation, Ubisoft vient tout juste d'ouvrir son propre «campus» à Montréal en partenariat avec le Cégep de Matane et l'Université de Sherbrooke, établissement qui devrait bientôt offrir une formation de deuxième cycle en programmation.
«À long terme, il faudrait être en mesure de créer des formations universitaires qui conviennent à ce type d'industrie», suggère Gilles Duruflé. De fait, on en compte actuellement peu. Par exemple, à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, on propose un baccalauréat avec majeure en création en multimédia, de même qu'un certificat (mineure) en création en 3D. L'Université de Sherbrooke offre aussi un baccalauréat en imagerie et médias numériques et l'Université du Québec à Chicoutimi, un baccalauréat avec majeure en conception de jeux vidéo. Il n'existe cependant pas de programmes universitaires spécifiques aux jeux électroniques à Montréal, où se trouvent pourtant plus de 85 % des emplois liés à l'industrie du jeu.
Néanmoins, Gilles Duruflé voit ce manque de main-d'ouvre qualifiée d'un bon oil. Il estime qu'il y a là une occasion pour l'industrie québécoise du jeu de passer à un niveau supérieur. «Montréal est en train de développer un certain nombre de forces qui touchent l'industrie du divertissement. On a l'animation, les effets spéciaux et le cinéma. On a su démontrer que la main-d'ouvre montréalaise pouvait être très créative. Pour être encore plus imaginatif, il faudrait continuer d'innover dans le secteur de l'enseignement», en reliant toutes ces industries, croit-il.
Chose certaine, l'industrie prend racine dans un terreau fertile. L'avenir nous dira si entreprises et établissements d'enseignement s'arrimeront suffisamment afin que le Québec poursuive son élan dans ce marché hyper compétitif.
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