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[À la une]
Sylvie Guilbault Montagne du mont Royal, Montréal
Elle protège...
De son propre aveu, Sylvie Guilbault a une âme de missionnaire. Une disposition indispensable pour mener le combat épique qu'elle livre depuis 15 ans comme directrice générale des Amis de la montagne : sauver le mont Royal des outrages que l'Homme lui fait subir depuis 300 ans. «Quelqu'un de moins batailleur ou de moins passionné aurait laissé tomber depuis longtemps, déclare Daniel Leblanc, codirecteur du Centre de la montagne. On connaît beaucoup de revers : les projets ne se font pas toujours comme on le voudrait ou au rythme que l'on souhaiterait.» Il cite en exemple la création d'une table de concertation pour la montagne qui a mis plusieurs années à se concrétiser.
L'organisme que Sylvie Guilbault dirige est le dernier d'une longue liste d'organisations citoyennes qui se sont portées à la défense du mont Royal depuis 150 ans. C'est à la demande des Montréalais, horrifiés par les coupes à blanc effectuées par le propriétaire d'un terrain dans l'axe de la rue Peel, que le parc est créé en 1876. À l'époque, les élus avaient démontré une vision remarquable en embauchant Frederick Law Olmsted, architecte paysagiste du Central Park de New York, pour en dessiner les plans. «Pour les Montréalais, la montagne, c'est le poumon de la ville. Quand ils en parlent, ils évoquent les visites en famille de leur enfance, le fait qu'ils y emmènent maintenant leurs enfants ou leurs petits-enfants. Elle est fondamentalement associée à leur vie», raconte cette grande amoureuse du mont Royal, urbaniste de formation. Les Amis existent d'ailleurs depuis 20 ans uniquement grâce à des dons de citoyens et de partenaires privés, sans aucune subvention.
Malgré tout, les initiatives menaçant l'intégrité du joyau vert de Montréal sont légion et ses parties encore exploitables sont reluquées par des promoteurs de tout acabit. Même le splendide cimetière Notre-Dame-des-Neiges n'est pas à l'abri, comme le prouve un projet de construction d'un mausolée gigantesque.
Pour cette originaire de Drummondville, l'objectif n'est pas de mettre la montagne sous une cloche de verre, mais plutôt de lui assurer un développement intelligent. À cet effet, elle a consacré beaucoup d'énergie au cours des dernières années à faire du mont Royal un arrondissement naturel et historique. Mise en branle en 2002 par le gouvernement péquiste, la procédure a finalement été officialisée en mars dernier. «Ça veut dire concrètement que tous les projets présentés pour la montagne doivent être approuvés par la ministre de la Culture», explique-t-elle. Quelques dossiers, tel un projet de condos «surdimensionnés et de mauvaise qualité architecturale» avenue Cedar, sont actuellement entre les mains de la ministre.
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