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[Mode de vie]
We are the champions...
Si l'enthousiasme de Jacques Ruelland vous étonne, sachez qu'il est pourtant partagé par plus de la moitié de la population canadienne. En effet, 54 % de nos compatriotes affirment retourner au travail reposés et contents après les vacances estivales, révèle un sondage réalisé en 2005 par Ipsos-Reid pour le compte d'Expedia.ca. Ils se promettent même de redoubler d'efficacité et perçoivent leur travail de manière plus positive.
Ce n'est pas rien, puisque seulement 35 % des Français et 37 % des Américains disent reprendre le chemin du boulot frais et dispos, selon des sondages menés en 2005 par Harris Interactive. Pour ce qui est des Américains, on les comprend de traîner de la patte : en moyenne, ils ne s'octroient qu'un maigre congé annuel de 12 jours... Mais les Français, eux, bénéficient en moyenne de 18 jours de vacances de plus par année que les Canadiens (21 au Canada, contre 39 en France)! Comment peuvent-ils ne pas déborder d'énergie après autant de repos?
Selon Marie Claude Lamarche, psychologue spécialisée en santé au travail chez Lamarche cabinet-conseil, tout est affaire d'équilibre. Ainsi, il semble que «trop» de vacances ait un effet négatif sur la relation qu'on entretient avec le boulot. «Les Français partent souvent en vacances pendant un mois entier, alors que les Canadiens prennent en moyenne deux semaines consécutives, explique-t-elle. Cette pause plus courte, qui peut aller jusqu'à trois semaines, constitue le juste milieu. Moins que deux semaines, on ne décroche pas vraiment. Mais quand on part pendant un mois, on déconnecte tellement que le retour est douloureux. On est en forme, mais pas motivé à reprendre le collier. L'idéal est de prendre des pauses régulièrement, mais pas trop longtemps.»
Soit. Mais qu'est-ce qui nourrit tant l'entrain des employés pétulants?
La principale source de motivation reste bien sûr l'amour de son travail. «Je n'ai jamais vécu de blues postvacances, affirme Simon Blouin, conférencier et formateur. Au contraire : quand arrive la fin de l'été, j'ai hâte de retrouver mes auditoires. Je pratique le plus beau métier du monde : je suis payé pour être écouté! C'est valorisant parce que je sens que j'apporte vraiment quelque chose à ces gens. À mon avis, la motivation de revenir au travail va de soi quand on a confiance en son importance et qu'on a des idéaux professionnels.»
Le retour des vacances est d'ailleurs une bonne occasion de prendre le pouls de sa relation avec le travail, remarque Marie Claude Lamarche. «Certains développent des maladies à la seule idée de remettre le petit orteil au bureau. Il faut alors se demander si on est à la bonne place. Soit on change d'emploi, soit on s'attaque à la source de notre souffrance au travail. Les gens n'agissent pas assez; ils sous-estiment leur pouvoir de négociation et se contentent de subir. Pourtant, il y a presque toujours une solution.»
Par ailleurs, selon Statistique Canada, les Canadiens semblent plutôt contents de leur sort en ce qui concerne le travail. Les données issues de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes pour l'année 2003 indiquent que les répondants très satisfaits ou plutôt satisfaits de leur travail sont bien plus nombreux que les mitigés ou carrément insatisfaits : 1,4 million de personnes contre 151 842.
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Retour au bercail
Des douceurs de la rentrée

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