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  [Salon]

Votre gouvernement parle de diversifier l'économie des régions. Depuis les années 1960, tous les gouvernements du Québec ont promis de s'y attaquer, sans résultat. Pourquoi ça marcherait cette fois-ci?
Je fais le tour des régions régulièrement et je constate la volonté et le dynamisme qui s'y trouvent. Malheureusement, les médias ne s'acharnent que sur les mauvaises nouvelles. Il y a pourtant des régions qui ont réussi leur diversification : Chaudière-Appalaches et la région de Drummondville [Centre-du-Québec], par exemple, où il n'y a presque pas de chômage. Et ça, personne n'en parle! Ces régions font pourtant partie de l'économie québécoise.
Il y a cependant des régions plus éloignées, mono-industrielles, qui n'ont pas encore trouvé les remèdes à leurs maux. Et notre gouvernement n'a pas la prétention de les posséder. Mais je vous assure que des idées inédites surgissent et qu'elles méritent d'être appuyées et reconnues par le gouvernement. Par exemple, en Gaspésie, des usines de transformation de poissons se recyclent pendant la saison morte pour fabriquer des couronnes de Noël. Autre exemple, notre projet de loi sur les produits du terroir, qui garantira l'authenticité des produits créés dans nos milieux ruraux, va permettre la revalorisation des régions et contribuer à attirer les gens là-bas, des touristes comme de nouveaux résidants.

Votre prédécesseur Claude Béchard répétait que la formation de la main-d'ouvre était plus importante que la création d'emplois. Pourtant, vous avez annulé l'obligation faite aux PME d'investir en formation continue de la main-d'ouvre. Quoi comprendre de cela?
L'obligation ne fonctionnait pas! Ces PME payaient au gouvernement le 1 % qu'elles auraient dû investir en formation à leurs employés. Ces sommes allaient dans le fonds pour la formation de main-d'ouvre qui finançait la formation dans les plus grandes entreprises. De plus, la qualité de la formation n'est pas toujours celle qui est attendue. Trop de séminaires et de colloques servent à justifier les dépenses. Il y aura une commission parlementaire sur la révision de la loi sur la formation continue cet automne, où je remettrai à l'avant-plan tout le dossier de la formation continue.

Pourquoi la loi n'a pas permis une augmentation de la formation de la main-d'ouvre en PME?
C'est le résultat pervers d'un État interventionniste, qui veut tout contrôler, tout réglementer. Ça alourdit les processus, chacun reste sur ses positions, et travaille en silo plutôt qu'en réseau. Les entreprises veulent un système de formation continue user friendly, simple et pas compliqué. Je me suis donné le mandat de leur offrir. Un exemple des difficultés éprouvées par les PME: elles n'ont souvent pas la possibilité de se passer d'un employé pour quelques heures par semaine, ou quelques jours, afin qu'il suive une formation. Mais les conventions collectives dans les commissions scolaires et les cégeps nous empêchent de donner plus de formation le soir et les fins de semaine afin d'éviter aux PME de se priver d'un élément important de leur organisation. C'est à ce genre d'obstacles qu'il faut s'attaquer.

Les entreprises veulent un système de formation continue user friendly, simple et pas compliqué. Je me suis donné le mandat de leur offrir.
S'en va-t-on vers la disparition pure et simple de l'obligation du 1 % pour toutes les entreprises?
Il n'en a jamais été question.

Les salariés des PME peuvent-ils espérer avoir les mêmes privilèges de formation continue que les employés des grandes entreprises?
Ces entreprises ne faisaient pas de formation de la main-d'ouvre de toute façon. Ces employés recevaient-ils plus de formation avant la fin de l'obligation? Pas du tout! Ils ne perdent rien.

Est-ce que le milieu patronal est vraiment sensibilisé à sa responsabilité quant à la formation continue de ses salariés?
Oui, mais comme partout ailleurs, c'est inégal. Il y a une volonté et une prise de conscience à cet égard, mais je reconnais qu'elles pourraient être plus fortes.

Les travailleurs québécois ont toujours été majoritairement favorables au nouveau régime de congés parentaux qui sera mis en vigueur en janvier prochain. Si on leur avait dit que ce serait eux et leurs employeurs qui payeraient seuls la note, croyez-vous qu'ils auraient été aussi favorables?
Il faut mettre les choses en perspective. Un employé qui gagne 60 000 $ par année payera 2 $ de plus par semaine qu'il ne paie actuellement à l'assurance-emploi pour avoir droit à un congé de 55 semaines à 70 % de son salaire, plutôt que 35 semaines à 55 % de son salaire. C'est peu cher.

Si ce programme n'est financé que par les employeurs et les salariés, est-ce à dire qu'ils sont les seuls bénéficiaires? Sinon, pourquoi le gouvernement n'y contribue pas?
Non, ce programme profitera à l'ensemble de la société. Ça va de soi. Il aura un effet bénéfique sur la natalité. Ça ne sera pas spectaculaire, mais il aura tout de même un effet, j'en suis convaincue. À titre de plus grand employeur au Québec, le gouvernement contribuera beaucoup à la caisse de l'assurance parentale : en payant ses cotisations, il contribuera à titre d'employeur au succès de ce programme.




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