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[Carrière]
Le canapé
propos recueillis par Julie Leduc
Photo : Patrick Deslandes
Des puces vous piquent? Des bêtes noires vous démangent? Débarrassez-vous-en! Faites parvenir vos questions à lecanape@jobboom.com, un nouveau lieu d'échanges entre travailleurs et experts de l'emploi. Rejoignez nos spécialistes sur le canapé!
Un patron peut-il demander à un employé de le rembourser après l'avoir trop payé à la suite d'une erreur de gestion de sa part?
La réponse de Marie Colalillo, directrice des ressources humaines chez DBM Reflex, une entreprise lavalloise de services d'ingénierie qui compte 140 employés.
Le patron peut parfaitement exiger ce remboursement. De la même façon qu'il a le devoir de corriger la situation si un employé n'a pas suffisamment été payé, l'employeur a le droit de récupérer l'argent qu'il a versé en trop. Il est déjà arrivé dans notre entreprise que l'on confonde des numéros d'employés. Nous avions alors payé à un travailleur des heures supplémentaires qui avaient été effectuées par quelqu'un d'autre. Il a fallu expliquer la situation et corriger l'erreur.
Les employés sont généralement compréhensifs. Ils savent reconnaître que la somme versée par erreur ne leur appartient pas. Mais il faut trouver un arrangement pour récupérer ce montant. On ne demande pas à un employé de nous rembourser sur-le-champ de l'argent qu'il a peut-être déjà dépensé. On peut suggérer de récupérer la somme sur deux ou trois chèques de paye. Il faut essayer de trouver une entente qui satisfasse les deux parties. Dans le cas où la compagnie est syndiquée, il peut arriver que la convention collective prévoie que l'employeur doive demander une autorisation syndicale pour faire une déduction supplémentaire sur une paye à la suite d'une erreur. Il faut alors s'en tenir aux règles de la convention.
Quand il s'agit d'erreurs de 50 $ et moins, il est préférable de ne pas exiger le remboursement. Il en coûterait plus cher administrativement d'effectuer les corrections que d'assumer le coût de l'erreur!
À 50 ans, j'ai perdu mon poste de directrice des communications à la suite d'une restructuration administrative. J'éprouve des difficultés à me trouver un nouveau travail. Mon expérience ne semble pas intéresser les employeurs, qui ne jurent que par les jeunes. Avez-vous des conseils à me donner?
La réponse de Nathalie Martin, conseillère d'orientation et présidente d'Enjeux carrière, une firme d'orientation professionnelle, de gestion de carrière et de coaching.
À 50 ans, vous devez miser sur votre personnalité, votre expérience, vos compétences et vos réalisations. C'est ce qu'il vous faut vendre aux employeurs parce que c'est ce qui représente vos avantages sur la jeunesse. Il est vrai que certains secteurs d'emploi, celui du multimédia par exemple, favorisent les jeunes, mais il existe encore beaucoup d'entreprises qui ont besoin de gens d'expérience pour pourvoir à des postes de direction. Outre les journaux et Internet, vous devez effectuer votre recherche d'emploi au moyen de votre réseau de connaissances. Une femme de votre âge qui a occupé un tel poste possède certainement un réseau de contacts incroyable; exploitez-le! Faites savoir à vos ex-collègues de bureau, à vos anciens clients et à vos ex-fournisseurs que vous recherchez du travail. Dites-leur clairement quel type de poste vous espérez trouver et essayez de voir s'ils ne pourraient pas vous mettre en relation avec des gens dans les organisations qui vous intéressent.
Soyez certaine de vous adresser à la bonne personne quand vous pressentez les entreprises. Idéalement, vous devriez parler au directeur ou à la directrice des ressources humaines. Assurez-vous que votre curriculum vitæ met en valeur vos compétences et vos réalisations. Et surtout, n'y inscrivez pas votre âge, il s'agit d'une information personnelle qui n'est pas essentielle dans un CV. N'oubliez pas de faire le suivi de votre demande d'emploi et même de vos contacts téléphoniques avec les employeurs. Il est bon de les rappeler tous les mois pour savoir s'il y a eu des changements dans leur entreprise. Cela vous permet de réitérer votre intérêt et d'éviter de tomber dans l'oubli. Quand votre candidature n'est pas retenue, n'hésitez pas à demander les raisons du refus.
Vous ne devez pas craindre d'aller au-devant des employeurs et de faire valoir vos talents et votre expertise. Les employeurs des années 2000 ont l'habitude de discuter, même de rencontrer des candidats potentiels à la suite d'un entretien téléphonique. Donnez-vous de trois à quatre mois pour trouver un emploi. Après ce délai, et même plus tôt, n'hésitez pas à consulter un professionnel, comme un conseiller d'orientation, pour faire évaluer votre CV et obtenir d'autres trucs. Certains clubs de recherche d'emploi ont aussi des groupes d'aide pour les chercheurs d'emploi de 45 ans et plus. Informez-vous également auprès de votre Centre local d'emploi (CLE).
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