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[Carrière]
Le speed jobbing
Au suivant!
par Jean-Sébastien Marsan
Photo : VoiceJob
Tout comme le speed dating, une façon très «nouveau millénaire» de rencontrer l'âme soeur en éjectant subito presto les indésirables, le speed jobbing confronte candidats et recruteurs le temps d'entretiens éclair. Formule révolutionnaire... ou McRecrutement?
Dans un bar ou un restaurant, une agence de rencontres fait défiler des célibataires. Chaque candidat à l'amour n'a que quelques minutes pour se mettre en valeur face à un autre solitaire. Lorsqu'une rencontre éclair est concluante, les deux partenaires minute se donnent rendez-vous pour un tête-à-tête plus classique.
Ça, c'est ce que les anglophones appellent le speed dating. L'an dernier, l'entreprise de recrutement montréalaise VoiceJob a adapté la formule au monde de l'emploi : dans un restaurant, autour de quelques tables, les candidats ont huit minutes top chrono pour conquérir les employeurs. VoiceJob a baptisé le procédé speed jobbing et en a réservé la marque de commerce (nulle autre entreprise ne peut l'utiliser au Canada ou aux États-Unis).
L'automne dernier, Hicham El Ouali, un étudiant au baccalauréat en administration des affaires à HEC Montréal, a participé à un speed jobbing organisé par l'équipe de VoiceJob. Et il a obtenu l'emploi qu'il cherchait : un poste d'agent de service à la clientèle dans une boîte de marketing.
«On nous avait donné rendez-vous à différentes heures et j'étais dans le groupe de 11 h, raconte-t-il. Dans le restaurant, le speed jobbing débutait lorsqu'on s'assoyait à une place qui nous était assignée : un candidat rencontrait alors les représentants de la Banque Nationale, par exemple, tandis qu'un autre rejoignait les gens d'ING Canada. Après huit minutes, une cloche sonnait, on se levait et l'on passait à la table à notre droite.» Le tout a duré près d'une heure et demie (soit dix entrevues de huit minutes).
«Les employeurs étaient bien préparés, ils avaient des questions très précises, déclare Hicham El Ouali. Ils savaient que les candidats étaient aptes à faire le travail, puisqu'il y avait une présélection.»
Avant les entrevues éclair, les employés de VoiceJob n'avaient retenu que les candidats qui correspondaient le mieux aux besoins des entreprises clientes. Celles-ci se concentrent dans quelques secteurs d'activité : assurance, banque, finance, service à la clientèle. Autrement dit, un speed jobbing n'est pas un fourre-tout, mais un exercice ciblé, réglé au quart de tour.
«Il faut bien spécifier qu'on n'engage pas quelqu'un en huit minutes, mais on rencontre quelqu'un en huit minutes.»
- Hakim Chikh, président, VoiceJob
«Le speed jobbing vient répondre à un besoin de rapidité, déclare Hakim Chikh, président de VoiceJob. Il faut bien spécifier qu'on n'engage pas quelqu'un en huit minutes, mais on rencontre quelqu'un en huit minutes.» L'entreprise décide ensuite si elle souhaite une deuxième entrevue avec un candidat.
Rendons à César ce qui appartient à César : il y avait un précédent. En 2003, Caféboulot, une division de la firme de placement Adecco de Québec, a organisé deux «speed dating de l'emploi» à Québec avant d'abandonner la formule. La logistique était trop complexe et les employeurs n'ont pas manifesté un enthousiasme contagieux, selon les organisateurs.
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