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[À la une]
Martin Boileau
La créativité sous adrénaline
par Jean-Sébastien Marsan
Martin Boileau carbure à l'intensité. Le 16 mai 2004, cet ophtalmologiste foulait un lopin de terre très convoité, à 8 850 mètres d'altitude : le sommet de l'Everest. «Là-haut, il ventait à écorner les boeufs, j'avais faim, j'avais soif, j'avais peur. Je me suis mis à pleurer et je me suis demandé : je descends ou je continue? C'était un moment de lucidité incroyable parce que j'avais peur de mourir.
«En escalade, c'est lorsque je suis complètement brûlé que tout s'allume. C'est le temps de réfléchir à ce que je veux dans la vie. C'est peut-être ça, la créativité : trouver le moyen de se connaître. Bien des gens ne savent pas qui ils sont.»
Ainsi, pour stimuler sa créativité, Martin Boileau recherche des états de «constant déséquilibre». Ses expériences intenses lui permettent de définir ses valeurs, ce qui rejaillit ensuite sur ses activités.
Dans les années 1980, il était membre de l'équipe canadienne et québécoise d'athlétisme et coureur de demi-fond de calibre international. Il est devenu ophtalmologiste et pratique aujourd'hui dans deux hôpitaux québécois. Il a aussi trouvé le temps d'ouvrir une clinique privée d'ophtalmologie en 1998, de fonder une famille... et de gravir l'Everest!
Dans le milieu hospitalier, il rivalise d'inventivité. «On doit toujours faire plus avec moins, c'est assez frustrant. Mais je crois que les Québécois sont les meilleurs dans ces conditions. Assisté de deux infirmières, je peux faire 17 chirurgies de la cataracte en une journée. Nous sommes d'une efficacité incroyable et le coût est au plus bas...»
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