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[Formation | Emploi]
Une forêt sollicitée
De plus en plus de gens - des passionnés de plein air aux autochtones - veulent avoir accès à la forêt et les besoins mondiaux de bois n'ont jamais été aussi importants.
Pour répondre à ces demandes sans transformer le Québec en désert, la très grande majorité des personnes qui sont intervenues auprès de la commission Coulombe ont affirmé qu'il faudra couper, transformer et planter autrement. Il en va de l'avenir de l'industrie, de ses emplois et surtout de plusieurs régions.
Avec la loi 71, qui réduit de 20 % les possibilités de coupes, il y aura moins d'arbres à couper, c'est sûr. Mais perdra-t-on réellement 15 000 des 150 000 emplois que comptent les secteurs de cette industrie, comme le prédit le Conseil de l'industrie forestière du Québec? Le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, prédit plutôt des pertes d'emplois minimales, voire inexistantes. Difficile pour l'instant de savoir qui dit vrai.
L'une des issues de secours proposées çà et là en région consiste à ne plus voir la forêt comme seulement une source de planches ou de copeaux! Les «arbres debout» ont une valeur et ont plusieurs usages alternatifs, dont les activités de plein air et de tourisme, ainsi que la récolte de champignons ou de bleuets ou de végétaux pour la fabrication d'huiles essentielles, par exemple.
D'autres usages sont encore plus prometteurs, comme la biopharmaceutique. C'est que les arbres québécois couvent parfois dans leurs feuilles, leurs écorces ou leurs racines des éléments qui peuvent servir, par exemple, à combattre le cancer! C'est le cas de l'if du Canada, un arbuste de la famille des conifères présent presque partout au Québec, qui contient du taxol, une molécule anticancéreuse. «Le marché mondial du taxol a atteint deux milliards de dollars américains en 2000», fait valoir André Pichette, responsable du Laboratoire d'analyse et de séparation des essences végétales de l'Université du Québec à Chicoutimi.
Dans le cadre d'un projet pilote, son équipe récupère les déchets d'écorce de bouleau jaune d'une scierie pour en tirer un autre agent antitumoral, l'acide bétulinique.
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